Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Halbeher Aimé (né à Paris le 16 mars 1936), fils d’un machiniste sur bois, sympathisant communiste et d’une soudeuse, obtient son Certificat d’études primaires en 1950.

Ouvrier, Membre du CC

Départ en 1997

Il adhère aux Jeunesses communistes (UJRF) au début de l’année 1951, et entre chez Renault par concours à quatorze ans.

À l’école d’apprentissage Renault, en septembre 1950, il suit les manifestations pour la libération d’Henri Martin, puis les grèves de 1950, 1952 et 1953 à Billancourt. Après l’obtention du CAP en 1953, il occupe un poste d’ajusteur outilleur dans l’île Seguin.

Il donne son adhésion à la CGT en 1954 et au PCF la même année.

Il est mobilisé en Algérie pour 30 mois, en 1956, et est nommé sergent en 1958 malgré des phases « d’agitation » auxquelles il participe, notamment lors de la venue au pouvoir du général de Gaulle.

De retour chez Renault en janvier 1959, il est élu délégué du personnel en mars 1960, et réélu jusqu’à mars 1963.

Alors que son licenciement pour propagande syndicale à l’atelier est prononcé, la grève massive des ouvriers de son atelier fait reculer la direction. En 1961 il devient secrétaire général adjoint du syndicat CGT de Renault Billancourt, membre de la direction de la Fédérale de la Métallurgie CGT et du comité de la fédération Seine-Ouest du PCF.

Halbeher devient permanent en mars 1963 pour assurer l’ensemble de ses fonctions.

Il suit l’école centrale de quatre mois du PCF, d’octobre 1964 à février 1965.

Il est ensuite élu secrétaire général du syndicat CGT du groupe des usines Renault en France, en mars 1967.

En mai 1968 Aimé Halbeher anime l’occupation de l’usine de Billancourt. Le 15 mai au soir il invite un millier de salariés en grève à occuper l'usine pour la nuit. Le 16 mai au matin, il fait voter aux 20 000 salariés présents dans l'Île Seguin, l'occupation « reconductible chaque jour » de la grève au nom des 3 syndicats CGT, CFDT, FO. L’occupation dure 33 jours et 34 nuits. Avec la majorité des militants CGT, il s’oppose à l’entrée dans l’entreprise des étudiants d’extrême gauche qui ont organisé une marche sur Billancourt.

Le 27 mai, après les discussions de Grenelle, il propose la poursuite de la grève que la grande majorité des ouvriers de Billancourt jugent insuffisants. Et ce n’est que le 18 juin après de nouvelles négociations avec la direction de Renault, améliorant le constat de Grenelle, que Halbeher fait voter la reprise du travail dans l’usine.

En 1972, Halbeher devient permanent à la Fédération CGT de la Métallurgie, responsable du secteur automobile. En mars 1975 il souhaite retourner chez Renault.

En janvier 1976, il est élu membre suppléant du Comité central ; il devient titulaire en 1979 et siége jusqu’en 1987. En mars 1976, il prend la responsabilité de la direction de la section PCF de Renault-Billancourt.

Il est candidat aux élections cantonales de Boulogne Sud en juin 1976. Il est ensuite tête de liste aux élections municipales à Boulogne en 1977, et candidat aux élections législatives en 1978.

En juin 1981, lorsque Georges Marchais lui propose de travailler à la Section économique du PCF, il quitte la section Renault pour le siège de la Place du colonel Fabien et devient rédacteur en chef de la revue Économie et Politique. Halbeher se spécialise sur les questions sociales et relevant du secteur automobile.

Peu à l’aise avec la participation des communistes au gouvernement d’Union de la gauche depuis 1981, Halbeher exprime des divergences croissantes avec la direction du parti, à partir du milieu des années 1980. A l’intérieur du collectif d’Economie et Politique, il s’oppose à ce qu’il désigne comme la « dérive européenne institutionnaliste de Philippe Herzog » qui, selon lui, abandonne « l’intervention des travailleurs sur les critères de gestion financiers des entreprises ».

En 1987, il se déclare en désaccord avec la ligne politique de Robert Hue. Il s’oppose notamment à une « mutation » du PCF qui « fait baisser la barre des exigences du monde du travail pour favoriser les rapprochements avec la social-démocratie française et européenne. Les cellules d’entreprises étant amenées à disparaître et le PCF à devenir un parti d’élus, plus ou moins soumis au PS et tournant le dos à l’intervention populaire ».

En 1990, il quitte la section économique et demande à travailler au secteur « entreprise » du PCF puis en 1994 au secteur « emploi ».

En 1997, il manifeste sa rupture définitive en étant co-fondateur de l’organisation Rouges vifs.

Au printemps 2001, Rouges Vifs compte jusqu’à 2 000 soutiens et Halbeher fait partie de sa direction nationale. Des désaccords apparaissent ensuite entre les partisans d’une rupture totale avec le PCF et ceux qui veulent mener le combat d’idées à l’intérieur du PCF. Halbeher quitte la direction de Rouges vifs.

Halbeher se marie en décembre 1975 avec Béatrice Le Bray, assistante de direction, et ils ont deux enfants.

 

Sources

Aimé Halbeher – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Robert Kosmann

Aimé Halbeher - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Membre du Comité central : 1976 – 1987

Rédacteur en chef de Économie & Politique : 1981 à 1989

Secrétaire de la section de Billancourt : 1976 - 1981

Liens

Mai 68 par ceux qui l'ont fait : Aimé Halbeher – FR3 Ile de France

Site de Rouges vifs - IDF