Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Le père de Claude Poperen, Maurice Poperen, est instituteur, militant du Syndicat national des instituteurs (SNI) au sein de la tendance École émancipée et membre du Secours rouge. Sa mère, Marie Graffeuil est ouvrière dentellière. Elle meurt alors que Claude Poperen a six ans. Son père se remarie en 1941 avec une institutrice, Alice Lamirault.

Membre du Bureau politique

Départ en 1991

Claude Poperen (né à Angers (Maine-et-Loire) le 22 janvier 1931) adhère à la Jeunesse communiste (UJRF) en janvier 1946, à l’âge de quinze ans. Il est le secrétaire du cercle de son école. En 1948, il effectue un stage de formation d’un mois chez Renault à Billancourt, dans l’île Seguin. L’année suivante, il donne son adhésion au PCF alors qu’il est toujours scolarisé à Nantes.

Après l’obtention de son diplôme, il quitte la province pour se faire embaucher à la Régie Renault, à Billancourt, en septembre 1949 comme stagiaire P1. Il adhère aussitôt à la CGT et milite à la Jeunesse communiste, au sein de l’usine.

Suite à l’occupation de la SNECMA, à laquelle il participe, il est déclassé par la direction de Renault et devient ouvrier spécialisé.

En 1950, il suit sa première formation militante lors d’une école destinée aux militants de la Jeunesse communiste.

D’avril 1951 à octobre 1952, il effectue son service militaire à Angers et termine avec le grade de sergent instructeur. Après son service, à la fin 1952, il est repris à l’usine de Billancourt et devient membre de la Commission exécutive du syndicat CGT de son département, en même temps que responsable de l’UJRF pour l’usine de Billancourt et membre du bureau de la fédération UJRF de la Seine.

Au printemps 1953, il est élu au comité national de l’UJRF. En avril de la même année, il devient délégué au comité d’entreprise Renault, fonction qu’il conserve jusqu’en 1956. Il est ensuite délégué du personnel, de 1956 à 1958. En décembre 1953, il est élu au comité fédéral de Seine-Ouest. En 1955, Claude Poperen accéde au bureau national de l’UJRF. Dans le même temps, il s’affirma comme un cadre en devenir à Billancourt. En juin 1954, il suit l’école centrale d’un mois du PCF. En janvier 1956, la direction du PCF et celle de la fédération Seine-Ouest souhaitent créer les conditions du remplacement de Roger Linet à la tête du syndicat Renault. Lucien Lanternier, secrétaire de la fédération Seine-Ouest, met en avant le nom de Claude Poperen, choix validé par le secrétariat du PCF le 18 janvier 1956.

Claude Poperen intègre le secrétariat du syndicat CGT de Renault-Billancourt dans les semaines suivantes. Il est également élu au comité exécutif de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie (USTM). À la fin de l’année 1956, il est délégué au congrès de l’Union de la jeunesse communiste, qui remplace désormais l’UJRF.

En août 1958, Claude Poperen devient permanent du syndicat. En novembre suivant, il est élu secrétaire général du syndicat CGT Renault-Billancourt, en remplacement de Roger Linet. Il conserve cette responsabilité jusqu’en 1967

Dans le contexte de la guerre d’Algérie, il exclut des « porteurs de valises » de Renault, dont la puéricultrice de Renault qui transportait des fonds pour le FLN en liaison avec Aboubekr Belkaïd, délégué CGT Renault. Mais en même temps, il soutient les militants algériens, fermant les yeux sur les tracts tapés et tirés en cachette sur le matériel du syndicat, et participe, au nom de la CGT, au comité de défense des emprisonnés Renault, en commun avec la CFTC.

En 1964, Claude Poperen est élu membre du bureau de la Fédération CGT de la Métallurgie (FTM). En mars 1967, il est nommé secrétaire de l’USTM. Il est d’abord chargé de la propagande puis de l’organisation. Ses responsabilités se déplacent alors progressivement vers le Parti communiste.

A la fin 1961, il poursuit sa formation politique à l’école centrale de quatre mois du PCF. Il est lui-même directeur adjoint de l’école d’un mois à Choisy-le-Roi en janvier 1966. À l’occasion du XVIIIe congrès du PCF (Levallois, janvier 1967), il est élu membre suppléant du Comité Central. Au congrès suivant (Nanterre, février 1970), il devient membre suppléant du bureau politique (il quitte alors ses responsabilités syndicales pour devenir permanent du PCF).

Au sein du bureau politique, Claude Poperen est responsable des relations entre le Comité Central et les fédérations. Titularisé au bureau politique lors du XXe congrès (Saint-Ouen, décembre 1972), il est également chargé de suivre les comités régionaux du PCF, nouvellement créés.

Jusqu’en 1983, il continue de défendre la stratégie du PCF, y compris lorsqu’en 1981 il vote pour Valéry Giscard d’Estaing au deuxième tour des élections présidentielles, « pour faire barrage à la social démocratie », comme beaucoup des militants du comité central. Au cours de cette période, il est lui même candidat aux élections législatives par deux fois, à Nantes, en 1977 et 1981, obtenant respectivement 16% et 11% des voix.

Claude Poperen se trouve de plus en plus en décalage avec les analyses de la direction, et exprime au bureau politique ses premiers doutes sur la prétendue « remontée de l’influence communiste » aux élections de mars 1983, en même temps que ses réserves sur le soutien apporté à l’URSS par Georges Marchais lors de l’intervention des troupes soviétiques en Afghanistan. En juin 1984, il est responsable du collectif chargé d’animer la campagne pour les élections européennes. Celles-ci se soldent par un échec important pour le PCF, avec un score 11,2% des voix. Le 19 juin, il présente au bureau politique un rapport sur les résultats des élections. Il y relève notamment le très fort taux d’abstention, y compris chez les électeurs communistes qui reprochent au PCF sa participation au gouvernement ou ses critiques contre les socialistes. Ce rapport critique n’est pas accepté par Georges Marchais et par une partie des membres du bureau politique. Le secrétariat du parti, par l’intermédiaire de Georges Marchais, exige une refonte du rapport, réécrit par Claude Poperen avec la collaboration de Pierre Juquin et de Philippe Herzog. Cette nouvelle mouture est considérée inacceptable lors d’une nouvelle réunion du BP. C’est la troisième version, rédigée cette fois avec Guy Hermier et Claude Llabrès, qui est soumise au Comité Central des 26 et 27 juin. La session est houleuse, malgré les corrections. Dans un climat marqué par des tensions internes exacerbées et par les critiques virulentes de Georges Marchais, Claude Poperen est progressivement marginalisé. Lors du XXVe congrès (Saint-Ouen, février 1985), il est reconduit au bureau politique mais désormais en charge du secteur « santé, protection sociale, retraites ».

Il exprime encore ses désaccords à l’issue des élections législatives de 1986 et démissionne finalement du bureau politique le 26 janvier 1987, désormais convaincu de l’impossibilité pour lui à agir au sein de la direction.

Claude Poperen participe au mouvement des « Reconstructeurs » avec Marcel Rigout et Félix Damette (1988-1989). En octobre 1988, il est parmi les signataires de la brochure Qu’est ce qu’un révolutionnaire dans la France de notre temps, signée « Initiative pour la Reconstruction Communiste ». En octobre 1989, émerge le mouvement des « Refondateurs » (Anicet Le Pors, Guy Hermier, Charles Fiterman) (1989-1993). De leur côté Claude Poperen, Gilbert Wasserman et Marcel Rigout, créent Alternative démocratie socialisme (ADS) en 1990. Avec le renfort de Charles Fiterman l’année suivante, la petite organisation devient Convention pour une alternative progressiste (CAP). À la suite de ses désaccords avec la direction du PCF, celle ci tente d’exclure Claude Poperen, mais sa cellule refuse. Il rend sa carte du PCF de lui même, le 12 novembre 1991.

Revenant sur son parcours en 2012, il déclare n’avoir jamais eu une grande confiance dans ces mouvements parallèles au PCF qui regroupent au mieux 300 à 400 adhérents.

Après sa démission du bureau politique, Claude Poperen perd aussi son poste de permanent et doit rechercher du travail. René Piquet l’aide à trouver un emploi à la CCAS. Bien qu’incité à taire ses désaccords, Claude Poperen est interviewé à diverses reprises et réitère ses critiques. Il doit alors quitter son emploi au bout de dix huit mois, en août 1988. Il part en préretraite en décembre de la même année.

Le 16 septembre 2011, Claude Poperen reçoit les insignes de chevalier de la Légion d’honneur des mains de Lydia Brovelli, membre du Bureau confédéral CGT, à la Maison des Métallos, à Paris.

En 2012, Claude Poperen dit regretter d’avoir accepté sa nomination au bureau politique du PCF, considérant qu’il n’était pas fait pour ces fonctions marquées par les luttes de clans. Déçu, il regrette également de ne pas avoir pris ses distances plus tôt et dit n’avoir plus d’espoir dans une rénovation du PCF. Citant Enrico Berlinguer, il affirme que « le souffle de la Révolution d’Octobre était épuisé », sans pour autant porter foi en la social-démocratie. Il se sent davantage proche du mouvement ATTAC et de l’altermondialisme. En septembre 2012, il est toujours adhérent au syndicat CGT Renault des retraités, à l’Institut d’histoire sociale CGT de la Métallurgie et au Secours populaire.

En 1983, Claude Poperen publie l’ouvrage Renault, regards de l’intérieur, diffusé à 6 000 exemplaires.

Dans le cadre de ses activités militantes, Claude Poperen rencontre Eliane Gilbert, militante de l’UJFF, de la CGT et du PCF. Ils se marient le 31 juillet 1954 et ont une fille, Anne, née en 1967.

Son frère, Jean Poperen s’engage dans la résistance communiste en 1942. Il est secrétaire national des étudiants communistes à la Libération, permanent du Kominform pendant un an, exclu du PCF après l’insurrection de Budapest en 1956. Il participe à la fondation du PSU puis rejoint Parti socialiste dont il est l’un des dirigeants.

Sources

Claude Poperen – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Robert Kosmann

Claude Poperen - Wikipédia

Responsabilité au PCF

Membre du Comité central : 1967 - 1987

Membre du Bureau politique : 1970 - 1987

Publications

Renault, regards de l’intérieur, Paris, Editions sociales, 1983.

Honneurs

Chevalier de la Légion d'honneur. 2011.