Les Ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Fils d’un mineur, Pétrus Faure (né à La Ricamarie (Loire) le 11 octobre 1891, mort au Chambon-Feugerolles (Loire) le 10 novembre 1985) interrompt ses études et devient berger, à 12 ans.

Député

Exclu en 1929

À treize ans, il entre dans une usine de limes du Chambon-Feugerolles comme apprenti métallurgiste puis rejoint son père aux mines de Montrambert.

Jeune militant du syndicat des mineurs, Pétrus Faure fréquente les groupes anarchistes.

Enrôlé au 23e RI, il déserte au bout de quelques semaines. Il mène, de 1912 à la guerre, sous un faux nom, la vie errante d’un compagnon anarchiste, véritable « tour de France » qui le conduit successivement à Genève, Maubeuge, Paris, Orléans, Lyon, de nouveau Genève, Vevey, Fribourg, Annecy, Grenoble, Paris, Melun, Tonnerre enfin.

Le 2 août 1914, il se livre aux autorités militaires. Il subit quatre mois de prison et reprend sa place dans son régiment. Envoyé au front, il est blessé, puis mobilisé à Givors (Rhône), aux usines Prénat. En 1918, il repart au front, et est grièvement blessé. Il est décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire.

Pétrus Faure adhère, après sa démobilisation, au Parti socialiste unifié. Il écrit ses premiers articles, dans La Flamme de B. Ledin, sous le pseudonyme «Marcel Piasson», puis devint rédacteur, pour quelques mois, au Peuple de la Loire, quotidien socialiste créé par Ferdinand Faure.

Pétrus Faure se marie le 20 août 1921 au Chambon-Feugerolles avec Louise de Lemps, une institutrice.

Il est élu conseiller municipal du Chambon-Feugerolles, en décembre 1919. En décembre 1919, il est aussi élu conseiller d’arrondissement dans le canton du Chambon-Feugerolles, au premier tour. Il est réélu conseiller municipal et conseiller d’arrondissement en 1922.

Parallèlement, il travaille toujours en usine, comme mouleur, d’abord à Givors, puis à Terrenoire (Loire) et à La Chaléassière, près de Saint-Étienne (Loire), jusqu’en 1924.

En 1920, il adhère au Parti communiste (SFIC).

En 1924, il est élu adjoint au maire du Chambon-Feugerolles.

Dans le cadre de la réorganisation du PC en 1924, il est élu délégué de la Loire au bureau de la Fédération régionale de Lyon. Le 18 janvier 1925, il préside le congrès de Saint-Étienne.

Tête de liste des communistes aux élections législatives de 1924, il n’est pas élu.

Membre du conseil syndical des travailleurs de la Métallurgie (18 juin 1919), Pétrus Faure joue un rôle actif dans la grève de la métallurgie stéphanoise en 1924 qui prend naissance dans l’usine Leflaive, à La Chaléassière, dans l’atelier où il travaille. Secrétaire du comité de grève, il est arrêté, avant son ami d’enfance, Benoît Frachon et condamné à quatre mois de prison et 200 F d’amende pour menaces avec désordre. Il est libéré, en compagnie de Frachon, le 12 juillet.

Pétrus Faure est élu maire du Chambon-Feugerolles à sa sortie de prison, la liste du Bloc ouvrier et paysan l’ayant emporté, dès le premier tour des élections de 1925.

Il est maire de Chambon-Feugerolles de 1925 à 1973 (hormis la période 1940-1945).

Il se présente aux élections législatives de 1928, et il est battu justesse par 11 593 voix contre 11 129. Il est élu aux élections cantonales du 14 octobre 1928.

La grève générale du 1er août 1929, déclenchée à l’instigation de l’Internationale dans le cadre d’une Journée internationale contre la guerre (1), est au centre de sa rupture avec le PCF. Pétrus Faure refuse, après l’interdiction du préfet, de mettre à la disposition des militants chargés de préparer la grève générale, une salle de la mairie, et de signer une affiche communiste appelant les ouvriers à «prendre possession» de leur mairie, «même si elle est gardée par la police».

Il s’agit, dira t-il dire plus tard, d’une «invitation à l’émeute» que ses responsabilités de maire lui interdisent d’accepter. À la suite de cet acte d’indiscipline, il est exclu du PCF, le 13 octobre 1929 et «son exclusion permet de poser devant le parti tous les désaccords politiques qui le séparent du renégat». Ne préconise t-il pas «un parti non pas uni par une discipline de fer sur une base politique précise, mais un large parti où tous les courants pourraient s’affronter et où il fallait faire des concessions aux tendances» ? Ne s’est-il pas fait «le champion […] de l’indépendance et de l’autonomie du syndicalisme» ?

Pétrus Faure participe, en 1931, à la création du Parti d’unité prolétarienne (PUP) dont les dirigeants, dans la Loire, sont presque tous des élus locaux. Il reste membre du PUP jusqu’à sa fusion avec la SFIO en 1938.

Pétrus Faure est élu sous l’étiquette PUP, conseiller général du Chambon-Feugerolles, au premier tour des élections cantonales de 1931. Il est réélu jusqu’en 1973, à l’exception de la période 1940-1952. Il devient alors le doyen d’âge et d’ancienneté.

Il est élu député de la 4e circonscription de Saint-Étienne, dès le premier tour des élections de 1932 et réélu en 1936, toujours sous l’étiquette PUP. Élu vice-président de la commission des mines, Faure dirige, en 1936, une commission d’enquête sur les mesures d’hygiène et de sécurité dans les mines de France et d’Afrique du Nord. Il est à l’origine de la création du fonds national de chômage et de l’officialisation de la fête du Travail. Pétrus Faure dépose à la Chambre des députés, en 1937, le projet de loi sur la retraite des Vieux Travailleurs qui est adopté en 1938. Il faut toutefois attendre l’arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain pour le voir appliquer. La municipalité du Chambon donne d’ailleurs l’exemple en distribuant une allocation à tous les vieux travailleurs âgés de 60 ans et habitant la ville depuis cinq ans, compte tenu de leurs ressources.

Pétrus Faure, après son adhésion au Parti socialiste SFIO, est délégué au Congrès de la SFIO, en décembre 1938. Pétrus Faure s’y range dans le camp de Blum, alors que la majorité des mandats de la Loire se prononçait pour la motion Paul Faure.

En revanche, il reste fidèle à son pacifisme originel. C’est ainsi qu’il approuve les négociations qui devaient aboutir à la révision du traité de Versailles à Munich : «discuter un traité, ce n’est pas capituler, en tout cas, cela vaut mieux que se suicider».

Après la signature du Pacte germano-soviétique, son journal, Le Courrier de l’Ondaine approuve les mesures d’emprisonnement qui sont appliquées aux communistes.

En 1940, Pétrus Faure, s’abstient lors du vote sur les pleins pouvoirs pour Pétain.

Il est révoqué avec les autres maires et conseillers municipaux républicains.

Pétrus Faure  refuse la proposition de le faire nommé par le préfet Georges Potut, comme membre de la Commission administrative, instance devant remplacer le Conseil général.

Pétrus Faure forme dans la Loire un groupe de résistance politique réunissant des représentants des partis socialiste, radical-socialiste et démocrate-chrétien. Il travaille également avec Édouard Froment, député socialiste de l’Ardèche, pour les services de renseignements de la France libre en 1941-1942, effectuant des enquêtes sur les usines travaillant pour l’armée allemande. Menacé d’arrestation pour cette activité résistante, il est sauvé à deux reprises par les préfets de la Loire, son ancien collègue député Georges Potut et André Boutemy. Il est délégué politique des Mouvements unis de Résistance de la Loire au début 1943 et, à la Libération, il est membre du bureau fédéral du Parti socialiste de la Loire et de sa commission de presse.

Cependant, à la Libération, le Parti socialiste lui interdit d’exercer un mandat politique pendant quatre ans, à cause de son abstention, le 10 juillet 1940.

Il est membre du jury de la Haute Cour de justice et assiste au procès du maréchal Pétain (il indique n'avoir pas été averti de son inscription comme juré). Il retrouve en 1947 ses fonctions à la mairie du Chambon-Feugerolles, qu'il conserve jusqu'en 1971. Il ne retrouve pas, en revanche, de mandat parlementaire.

En 1973, il publie un ouvrage, Un Procès inique, préfacé par Jacques Isorni, dans lequel il revient sur le procès Pétain en dénonçant son caractère politique et sa partialité.

Il est également l’auteur de nombreux ouvrages d'histoire locale et sociale.

Devenu aveugle, Pétrus Faure vit au Chambon-Feugerolles jusqu’à sa mort survenue en 1985.

 

Sources

Pétrus Faure – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Jean Lorcin

Pétrus Faure - Wikipédia

Pétrus Faure – Assemblée Nationale

Mandats électifs

Député : 1932 – 1940 (PUP)

Maire de Chambon-Feugerolles :

1924 -1929 (PCF)

1929 -1940 (PUP)

1947-1971(SFIO)

Publications

Le Chambon rouge. Histoire des organisations ouvrières et des grèves au Chambon-Feugerolles, édité par le syndicat unitaire des Métaux du Chambon-Feugerolles, 1929.

Histoire de la Métallurgie au Chambon-Feugerolles, publié par le syndicat des ouvriers métallurgistes du Chambon-Feugerolles, 1931.

Une enquête parlementaire sur l’hygiène et la sécurité des mineurs dans les mines de France et d’Afrique du Nord.

Histoire du mouvement ouvrier dans le département de la Loire entre les deux guerres mondiales, Imprimerie Dumas, Saint-Étienne, 1956.

Un témoin raconte…, Imprimerie Dumas, Saint-Étienne, 1962.

Le Procès Pétrus Faure : juré au procès du Maréchal Pétain, Imprimerie Dumas, Saint-Étienne, 1967.

Un procès inique, Préface de Jacques Isorni, Flammarion, 1973.

Honneurs

Croix de guerre

Médaille militaire

Notes

(1) A partir 1929, chaque 1er août, jour anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale, l’Internationale organise la Journée internationale d’action contre la guerre impérialiste et pour la défense de l’Union soviétique. En 1929, suivants les directives de l’Internationale, cette journée d’action est menée selon une orientation ultra-gauche et antimilitariste, avec pour le PCF le renforcement de la mobilisation ouvrière dans l’esprit «classe contre classe».