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Roger Garaudy (né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 17 juillet 1913, mort à Chennevières-sur-Marne ( Val de Marne) le 13 juin 2012), fils d’un comptable, mutilé de la guerre 1914-1918, et d’une modiste, fait ses études au lycée de Marseille (avec le statut de pupille de la Nation).

Membre du Bureau politique

Exclu en 1970

Il continue ses études au lycée Henri-IV à Paris, puis à la Faculté d’Aix et enfin à la Faculté des lettres de Strasbourg. Il en sort agrégé de philosophie.

Issu d’une famille athée, il se convertit au protestantisme, à l’âge de quatorze ans.

En 1933, il adhère au Parti communiste, sans cesser d’être chrétien.

À Strasbourg, il s’intéresse à la pensée de Karl Barth et de Kierkegaard, et suit les conférences de Marc Blondel, dans le cadre du Cercle évangélique. Mais dans le même période, il se plonge avec passion dans l’œuvre de Karl Marx.

En 1936, il est nommé professeur de philosophie au lycée d’Albi (Tarn) où il occupe le poste qui avait été celui de Jean Jaurès, cinquante ans auparavant. Il étudie son œuvre et sa vie de façon approfondie.

En 1937, il est élu membre du bureau fédéral du Tarn. A cette époque, il rencontre Maurice Thorez, à l’heure où le PCF pratique la politique de la «main tendue» aux catholiques. Cette rencontre marque le début d’une amitié entre les deux hommes qui dure jusqu’à la mort de Maurice Thorez, en 1964. Comme l’écrit Garaudy : «Jusqu’à sa mort, Maurice a gardé la main sur moi, me faisant accéder jusqu’au sommet de la direction du parti et me protégeant de tous les sectarismes».

En 1939, lors de la signature du Pacte germano-soviétique, Garaudy soutient sans hésitation la position du PCF.

En 1939, Garaudy est soldat de deuxième classe, versé dans une division d’infanterie nord-africaine, en raison de son activité militante antérieure (il est considéré comme un dangereux «propagandiste-révolutionnaire»). Il se bat sur le front de la Somme et obtient la Croix de guerre. Après la débâcle de 1940, il revient dans le Tarn et travaille à la reconstitution du Parti communiste. Il est arrêté le 14 septembre 1940, comme «individu dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique». Il est interné dans le Tarn, puis en Afrique du Nord à Djelfa et dans d’autres camps. Garaudy est libéré, en février 1943, après trente mois de captivité. Il vit un an à Alger où il est rédacteur en chef du journal parlé de Radio-France, pendant deux mois. Il est ensuite professeur de première supérieure au lycée Delacroix, mais démissionne assez rapidement pour travailler à l’hebdomadaire communiste Liberté, animé par André Marty. Il rentre en France en octobre 1944, et devient permanent du Parti communiste français, jusqu’en 1962.

En juillet 1945, il devient membre suppléant du Comité central et est confirmé en 1950.

En 1946, il est élu député du Tarn. Il est membre de la Commission de l'Education nationale (dont il est élu Président), de la Commission des territoires d'outre-mer, et de la Commission de la presse, ainsi qu'à la Commission chargée d'enquêter sur les évènements survenus en France de 1933 à 1945. Dans le cadre de son mandat, il organise en 1947, la relance de la Verrerie ouvrière d’Albi créée par Jean Jaurès.

En 1948, Garaudy soutient les mineurs de Carmaux durant leur grève. Battu aux élections de 1951, il revient alors dans l’enseignement comme professeur de philosophie, au lycée de Saint-Maur (Seine, Val-de-Marne).

En novembre 1951, il se prononce pour la disparition de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF), organisation qui avait succédé en avril 1945 à la Jeunesse communiste. Il explique cette position : «si la création de l’UJRF avait été parfaitement justifiée en raison du poids qu’avait alors «l’esprit national», les temps avaient changé» ; «l’esprit de classe» ayant repris le dessus, il faut revenir à une organisation d’avant-garde. Cette position a été combattue par Auguste Lecœur et Waldeck Rochet.

Le 25 juin 1953, Garaudy soutient sa thèse en Sorbonne, La théorie matérialiste de la connaissance. Il est dirigé pour cette thèse, par Gaston Bachelard.

D’octobre 1953 à août 1954, Garaudy fait un séjour en Union soviétique pour compléter sa formation philosophique, et le 25 mai 1954, il est fait docteur ès sciences philosophiques de l’Académie des sciences de l’URSS.

De retour en France, il devient le philosophe officiel du Parti communiste français.

Elu député de la Seine, en janvier 1956. Il est nommé vice-président de l'Assemblée nationale le 25 janvier 1956, et membre de la Commission de l'Education nationale, le 31 janvier 1956. Il intervient, dans les débats relatifs aux problèmes coloniaux et à l'aide aux pays du tiers monde. Il insiste sur le rôle que la France pourrait jouer dans la marche vers l'indépendance des pays coloniaux. Il dénonce le comportement du Gouvernement français à l'égard du régime du Colonel Nasser et critique son attitude envers les communistes algériens.

Garaudy devient en 1959, directeur du Centre d’études et de recherches marxistes (CERM).

Il se prononce, le 1er juin 1958, contre l'investiture du Gouvernement du Général de Gaulle et, le 2 juin de la même année, contre les pleins pouvoirs accordés au Gouvernement.

Il est battu aux élections de 1958.

En 1959, il est élu sénateur et siège à la commission des affaires culturelles. Il n’accorde pas les pouvoirs spéciaux au gouvernement, le 2 février 1960.

En 1962, élu maître de conférences à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand, il démissionne de son mandat de sénateur.

En 1965, Garaudy est nommé à l’Université de Poitiers (Vienne) où il devient professeur titulaire en 1969, avant de prendre sa retraite de l’enseignement supérieur en 1973.

En 1956, il est élu suppléant au bureau politique, avant d’en devenir membre titulaire en 1961. Il est correspondant de l’Humanité en Union soviétique pendant un an.

En tant que directeur du CERM de 1959 à 1969, il est organisateur des «Semaines de la pensée marxiste». Pendant toute cette période, il s’efforce de dialoguer avec des représentants du christianisme, de l’existentialisme et du structuralisme, aussi bien par l’écrit que lors d’innombrables conférences, colloques et rencontres.

A la suite du mouvement de Mai 68 en France, Garaudy commence à être en désaccord avec le Parti communiste. Il demande que le PCF prenne en charge les aspirations nouvelles qui se font jour chez les étudiants comme chez les ouvriers. Il propose des analyses dans la perspective de «l’union de tous ceux qui avaient la même visée historique à long terme que la classe ouvrière», ce qu’il appelait « le bloc historique nouveau ».

En août 1968, lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie, il refuse de considérer cet épisode «comme une erreur» mais considère cette invasion «dans la logique interne d’un système qui n’est pas le socialisme».

Il reproche aussi au programme du Parti communiste lors de son XIXe congrès en février 1970 de «n’être qu’un replâtrage, de ne pas mettre en cause le modèle de croissance et de se contenter de proposer des nationalisations sans lutter pour socialiser les décisions». Après ces interventions au Congrès, il est exclu en mai 1970.

De novembre 1970 à 1974, il fait paraître un journal Action, mensuel des Centres d’initiative communiste.

Il se convertit au catholicisme, dans les années 1970. Il recherche aussi dans les directions les plus diverses – du maoïsme à l’écologie en passant par l’autogestion – des solutions politiques et sociales, marquées par l’esprit post-68.

Il adhère à la théologie de la Libération, mouvement social et religieux animé depuis le début des années 1960 par des catholiques progressistes d’Amérique latine. Durant cette décennie, il parcourut le monde – de l’Afrique à l’Asie, en passant par la Chine et les États-Unis – tout en se passionnant pour la danse et en publiant tous les ans un ouvrage sur les sujets les plus variés.

Au début des années 1980, il publie Promesses de l’Islam et adopte la religion musulmane. Sa conversion et son mariage en 1982, avec une Palestinienne, vont de pair avec un antisionisme de plus en plus marqué. Dès lors, il s’élève contre le mépris de l’Occident vis-à-vis de l’islam.

A la suite de la première Guerre du Golfe qu’il considère comme une «guerre coloniale», Garaudy opère un rapprochement avec l’extrême droite fondé sur un antiaméricanisme partagé. En 1995, il publie d’abord chez la Vieille Taupe, Les mythes fondateurs de la politique israélienne, puis cet ouvrage est réédité, l’année suivante, par les éditions Samiszdat, librairie d’extrême-droite proche des milieux négationnistes. Il y reprend les thèses classiques du négationnisme et développe un antisionisme radical. Selon Garaudy, la Shoah serait une invention des sionistes destinée à justifier la création de l’Etat d’Israël. Face aux critiques, son ami l’abbé Pierre prend sa défense avant de se rétracter, après le scandale suscité par son soutien et son exclusion de la LICRA. En 1998, Garaudy est condamné à 25 000 euros et neuf mois de prison avec sursis, pour sa «contestation virulente et systématique des crimes contre l’humanité commis contre la communauté juive». Ses pourvois en cassation et son recours devant la Cour européenne des droits de l’homme sont rejetés.

Garaudy peut alors se poser en victime de ses idées. Ses thèses reçoivent un accueil très favorable dans le monde musulman où il bénéficie d’un fort capital de sympathie, en raison de sa conversion à l’islam. Il effectue une série de tournée au Maghreb et au Moyen-Orient où il est chaleureusement accueilli. En 2002, il obtient le Prix Kadhafi des droits de l'homme. Il est membre de l’Académie du Royaume du Maroc.

Il crée une fondation à son nom à Cordoue où il célèbre l’âge d’or de l'Islam en Espagne, à la fin du Moyen Âge.

Après avoir envisagé de se présenter aux élections présidentielles de mai 1981, il prend position en faveur de François Mitterrand.

Garaudy se marie à Marseille en novembre 1937, avec Henriette Vialatte, puis divorce en 1966. Il se remarie en juin 1966, à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), avec Paulette Gayraud. Il se marie en 1982 avec Salma Al-Farouki.

 

Sources

Roger Garaudy – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Michel Dreyfus

Roger Garaudy - Wikipédia

Roger Garaudy - Sénat

Responsabilités au PCF

Membre du Bureau politique : 1956 - 1970

Membre du comité central : 1945 - 1970

Directeur du Centre d’études et de recherches marxistes : 1959 - 1969

Mandats électifs

Député du Tarn : 1946 - 1951

Député de la Seine : 1956 - 1958

Sénateur : 1959 – 1962

Publications

Antée, (roman), Éditions Hier et Aujourd'hui, 1945.

Le Communisme et la renaissance de la culture française, 1945.

Le Huitième jour de la création (roman), Éditions Hier et Aujourd'hui, 1946.

Contribution historique de la civilisation arabe, Alger, Éditions Liberté, 1946.

Les sources françaises du socialisme scientifique, Éditions Hier et Aujourd'hui, 1948.

L'Église, le communisme et les chrétiens, Paris, Éditions Sociales, 1949.

La théorie matérialiste de la connaissance, Paris, PUF, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1953.

Humanisme marxiste, Paris, Éditions Sociales, 1957.

Du surréalisme au monde réel : l'itinéraire d'Aragon, Paris, Gallimard, 1961.

Perspectives de l’homme: existentialisme, pensée catholique, structuralisme, marxisme, Paris, PUF, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1959.

D'un réalisme sans rivages Picasso Saint-John Perse Kafka, préface de Louis Aragon, Paris, Plon, 1963.

De l’anathème au dialogue, Paris, Plon, 1965.

Pour un modèle français du socialisme, Paris, Gallimard, 1968.

Peut-on être communiste aujourd'hui ?, Paris, Grasset, 1968.

La liberté en sursis : Prague 1968, Paris, Fayard, 1968.

Danser sa vie, préface de Maurice Béjart, Paris, Le Seuil, 1973.

Pour un dialogue des civilisations Paris, Denoël, 1977 (ISBN 979-1090896000).

Appel aux vivants, Paris, Le Seuil, 1979, prix des Deux Magots.

Promesses de l'Islam, Paris, Le Seuil, 1981.

L’Affaire Israël : le sionisme politique, Papyrus, 198323

Pour un Islam du XXe siècle (Charte de Séville), Paris, Tougui, 1985.

Avons-nous besoin de Dieu ?, introduction de l'abbé Pierre, Paris, Desclée de Brouwer, 1993.

Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, Paris, Librairie du savoir, 1996.

Grandeur et décadences de l'Islam, Paris, Alphabeta & Gama, 1996.

Réponse au lynchage médiatique de l'abbé Pierre et de Roger Garaudy, Samizdat, brochure de 38 pages, 1996.

Le Procès du sionisme israélien, Paris, Vent du Large, 1998, Samiszdat Roger Garaudy, 1996

Le Procès de la liberté, en collaboration avec Jacques Vergès, Paris, Vent du large, 1998

Palestine Terre des messages divins, Al Fihrist, Beyrouth-Liban, 1998

L'Islam en Occident, Cordoue capitale de l'esprit, Paris, L'Harmattan, 2000.

Honneurs

La Croix de guerre

Médaille de la déportation

Prix des deux magots (pour Appel aux vivants), 1980

Prix Fayçal, 1986

Prix Kadhafi des droits de l'homme, en 2002