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Boris Souvarine (né à Kiev (Russie) le 7 novembre 1895, mort à Paris le 1er novembre 1984) fait son cursus scolaire à l’école primaire supérieure Colbert.

Ses parents émigrent en France, et  sa famille vit dans une certaine aisance. En 1906, les Lifschitz obtiennent leur naturalisation.

Membre du Bureau politique

Exclu en 1924 par l'IC

Attirés très tôt par la vie politique, son frère et lui suivent les meetings qui se tiennent au Grand Orient. Boris Souvarine suit les cours de l’Université populaire «La Coopération des idées». Il lit l’Humanité, La Guerre sociale, La Bataille syndicaliste, Les Hommes du jour.

Il obtient son diplôme d’ouvrier d’art de la Ville de Paris.

L’action des socialistes, en particulier celle de Jean Jaurès, l’impressionne. Souvarine est appelé sous les drapeaux en 1913. Bibliothécaire au 155e RI de Commercy (Meuse), il commence à apprendre le russe pour se faire envoyer à Paris.

A la déclaration de guerre, il accepte l’Union sacrée. Après les combats en Wœvre puis la retraite, il participe à la bataille de la Marne. Après la mort en mars 1915 de son frère Léon qui s’est engagé comme sapeur, Souvarine est muté à Paris.

Affecté dans les services de l’intendance, Boris Souvarine fait la connaissance d’Alexandre Lavigne qui l’introduit auprès des rédacteurs du Populaire : Paul Faure, Adrien Pressemane, Léon Bétoulle, Jean Longuet. Réformé en mars 1916, il adhère à la IXe section du Parti socialiste.

Sa carrière de journaliste commence au Populaire dans lequel il signe Souvarine, pseudonyme tiré de Germinal de Zola.

En octobre 1916, les socialistes «minoritaires de guerre» créent le Comité de défense du socialisme international (CDSI) auquel Souvarine adhère. A cette époque, il écrit l’article «A nos amis qui sont en Suisse» qui lui vaut une réponse de Lénine. Souvarine affirme que la rupture avec les «socialistes d’Union sacrée» n’est pas obligée, que le «devoir national» et le «devoir socialiste» ne sont pas incompatibles. La réplique de Lénine lui fait découvrir les partisans d’une nouvelle internationale. Ce n’est que quelques mois plus tard, début 1917, qu’il envisage la scission comme nécessaire au développement d’un mouvement socialiste, dégagé de l’Union sacrée.

C’est dans le Journal du peuple que le 18 mars 1917, Souvarine publie un article dans lequel il analyse la chute du tsarisme comme première étape sur le chemin conduisant au socialisme et à la paix.

Désigné comme délégué au congrès national de Bordeaux de septembre 1917, il se prononce contre le vote des crédits militaires.

Le 10 novembre 1917, il célèbre «le triomphe des Soviets» dans Le Journal du peuple. Dès le 16 février 1918, Souvarine prend la défense de Lénine considérant qu’au pouvoir «démocratique», son action avait substitué le «pouvoir prolétarien».

Le 8 décembre 1918, il prend la parole devant la Commission d’enquête de la Ligue des droits de l’Homme sur la situation en Russie, et réfute les accusations portées contre les bolcheviks, faisant un parallèle avec la Révolution française. Fin 1919, il publie un Éloge des bolcheviks où il appelle Lénine «l’incorruptible».

Approuvant la création de l’Internationale communiste (mars 1919), il milite en faveur du ralliement à cette nouvelle organisation. Il cesse d’écrire au Populaire en novembre puis entre à la Commission exécutive du Comité de la IIIe Internationale.

Délégué au Congrès socialiste de Strasbourg (25-29 février 1920), Souvarine y intervient à plusieurs reprises. Parti en Allemagne, comme émissaire de la IIIe Internationale, Souvarine établit des relations avec le Bureau occidental de l’Internationale communiste (Amsterdam) et revient pourvu des subsides nécessaires à la création du Bulletin communiste, organe du Comité de la IIIe Internationale, dont le 1er numéro parait en mars 1920 avec un appel signé des trois secrétaires du comité : Fernand Loriot, Pierre Monatte, Boris Souvarine.

A la suite de la grève des cheminots de mai 1920, le gouvernement Clemenceau lance des poursuites pour «complot contre la sûreté de l’État». Après l’arrestation de Pierre Monatte et Fernand Loriot, Souvarine assure seul les tâches de secrétaire du Comité de la IIIe Internationale, jusqu’à son arrestation le 17 mai. Il est défendu par maître Henry Torrès. Incarcérés à la Santé et bénéficiant du régime politique, Souvarine poursuit sa collaboration au Bulletin communiste ainsi qu’à La Vie ouvrière, en signant Varine.

L’absence forcée des leaders du Comité de la IIIe a pour conséquence de laisser le champ libre aux «Reconstructeurs» de la SFIO. L.-O.

Frossard et Marcel Cachin qui, ayant décidé de rallier la nouvelle internationale au cours de leur voyage en Russie pendant l’été 1920, mènent la campagne pour l’adhésion. Les débats se centrent sur les conditions imposées par la direction de l’IC. Des consultations ont lieu entre Amédée Dunois, Paul-Louis, Boris Souvarine pour adapter aux traditions françaises, la condition concernant les syndicats. C’est une motion de compromis contenant vingt et une conditions réécrites, dont trois tout à fait différentes de celles voulues par les bolcheviks, qui est présentée aux congressistes sous l’autorité du Comité de la IIIe.

Après le Congrès de Tours, Souvarine est élu au Comité directeur.

Toujours emprisonnés, Fernand Loriot et Boris Souvarine sont présentés aux élections législatives partielles dans le 2e secteur de la Seine de mars 1921, par le Comité directeur du Parti communiste (SFIC). Arrivés en tête au premier tour, ils sont largement devancés au second tour, par les candidats de droite. Le 28 février s’ouvre le procès du «complot» qui se termine par la relaxe des inculpés.

Libéré, Boris Souvarine prend sa place dans la direction du Parti communiste (SFIC) ; il est désigné comme délégué au IIIe congrès de l’Internationale communiste, et plus tard comme délégué permanent auprès de l’IC (alors que lui-même avait proposé Paul Vaillant-Couturier).

Au cours du IIIe congrès de l’IC, Souvarine critique certaines décisions de l’Exécutif de l’IC et entre en conflit ouvert avec le chef de la délégation française, Victor Taratouta. Il se rend sans autorisation, à la prison Boutyrki où des libertaires font la grève de la faim. Taratouta alerte l’Exécutif. Le conflit est discuté par le Politburo et Lénine décide de coopter Souvarine au secrétariat de l’IC.

Devenu le pivot des relations entre l’IC et le le PCF, Boris Souvarine n’a  de cesse de transformer le parti français en Parti communiste, sur le modèle bolchevik. Il est élu au Présidium de l’IC, le «Petit Bureau» et siége aux côtés de Alexandre Zinoviev, Karl Radek, Nicolas Boukharine, Béla Kun, Jules Humbert-Droz, etc. Il est chargé de la section de presse qui commence la publication de la Correspondance internationale. Le 17 juillet 1921, il entre au Secrétariat de l’IC (aucun communiste français n’a eu un poste aussi élevé dans la hiérarchie du Kominterm).

A Paris, le courant conduit par Henri Fabre et Victor Méric, dénonce dans Le Journal du peuple et La Vague, l’intervention de plus en plus contraignante, selon eux, de l’IC dans les affaires du parti français. Souvarine devient d’autant plus la cible de ces attaques que le ton de ses missives heurte de nombreux membres du Comité directeur.

La crise éclate lors du Congrès de Marseille (décembre 1921) à propos du Front unique et provoque la cristallisation de trois courants : la «droite» (Méric, Raoul Verfeuil, etc), le «centre» (Frossard), la «gauche» (Albert Treint, Loriot, Souvarine). Les délégués du Komintern interviennent en vain, en coulisse pour parvenir à un accord entre les différents courants. Souvarine n’est pas élu au Comité directeur. Aussitôt, les membres de la «gauche» démissionnent. L’imbroglio est total et l’Exécutif de l’IC doit, le 9 janvier 1922, convoquer les représentants de chaque tendance à Moscou. Le 17 janvier, le Comité directeur rejette le Front unique. «La question française» occupe l’essentiel de la réunion de l’Exécutif élargi de février 1922.

Cette première crise jugulée, la situation n’en reste pas moins très fragile. À la réunion suivante de l’Exécutif élargi, Souvarine met en cause Frossard et Cachin, toujours à propos du Front unique (8 et 19 mai, 8 juin 1922).

De retour à Paris en août, il s’efforce d’accroître l’influence de la «gauche». À l’issue de discussions avec les envoyés clandestins de l’IC, il préconise un accord entre la «gauche» et le «centre» sur la base de deux motions communes, l’une sur le Front unique et l’autre de politique générale, au prochain congrès de Paris. Mais la solution proposée pour la répartition des responsabilités échoue en raison du refus du «centre».

Au IIe congrès du PC (Paris, 15-20 octobre 1922), la motion de la «gauche» obtint 1 516 voix, celle du «centre» 1 686 et la tendance Renoult 814. Le nouveau Comité directeur, exclusivement composé de représentants du «centre», enlève à Souvarine la direction du Bulletin communiste. Plusieurs rédacteurs de l’Humanité démissionnent aussitôt, et la «gauche» crée les Cahiers communistes, avec l’appui des envoyés de l’IC.

Au IVe congrès de l’IC en novembre 1922, il est décidé de composer un Comité directeur sur la base de la proportionnelle [ 1 ]. Souvarine retrouve alors son siège au Comité directeur et la responsabilité du Bulletin communiste.

La condamnation de l’appartenance à la Franc-maçonnerie modifie les rapports au sein du Comité directeur. Prenant connaissance des résolutions du IVe congrès de l’IC, Frossard démissionne le 1er janvier 1923 et avec lui de nombreux partisans qui forment un Comité de résistance. Dans le Comité directeur remanié, Souvarine est toujours représentant du PCF (SFIC) à Moscou ; il rentre à Paris le 17 janvier 1923 et devient membre du Bureau politique nouvellement créé.

À Moscou à partir de mai 1923, il intervient dans le conflit naissant entre Albert Treint, secrétaire du parti, et les autres membres du BP.

Réélu au Présidium de l’IC en juin, Souvarine participe à la préparation de l’insurrection allemande (octobre 1923) et assiste à l’amorce du débat sur le «cours nouveau» du Parti bolchevik engagé à l’initiative de Trotsky d’une part et de quarante-six «vieux bolcheviks» d’autre part. Lénine malade, un sourd conflit de succession opposent Trotsky d’une part et Zinoviev-Kamenev-Staline de l’autre. Début 1924, Souvarine suggère que les sections de l’IC doivent rester neutres. Il s’oppose à Zinoviev qui s’appuie sur celles qui lui sont acquises pour isoler Trotsky. Le tandem Treint-Girault fournit à Zinoviev le relais nécessaire à son action, au sein du PCF.

Au IIIe congrès du Parti communiste (Lyon, 20-24 janvier 1924), Treint est contraint de quitter le BP. Lui et Boris Souvarine sont désignés comme représentants du PC auprès de l’Exécutif de l’IC. La direction du PCF semble avoir trouvé un équilibre.

Choqué par les procédés utilisés à l’encontre de Trotsky accusé de préparer un nouveau «Dix-huit Brumaire», Souvarine présente dans le Bulletin communiste les positions des leaders du Parti bolchevik. Par sympathie intellectuelle, il soutient Trotsky. Encouragé par les réactions des militants à son travail d’information sur la «question russe», il réussit le 12 février à faire voter par le Comité directeur une résolution annonçant qu’aucune sanction envers Trotsky ne se justifiait. Treint, Suzanne Girault, Pierre Semard votent contre cette résolution. En conséquence, le Komintern impose le retour de Treint au BP. En guise de protestation, Souvarine démissionne du BP, le 22 février. Le 13 mars, le BP décide de renvoyer Souvarine à Moscou et confie la direction du Bulletin communiste à Claude Calzan. Le 18 mars, Treint présente au Comité directeur des thèses qui annulent les précédentes, prises sous l’impulsion de Boris Souvarine. Elles recueillent la quasi-totalité des voix sauf celles de Souvarine et de Pierre Monatte (rejoint par Amédée Dunois, alors à Moscou) et l’abstention de Rosmer qui démissionne du BP.

Dénonçant les diffamations envers Trotsky ou Radek (et lui-même), il annonce son intention de publier une «revue d’étude et de critique marxiste, traitant de questions de politiques, historiques, économiques, de la vie ouvrière et de la doctrine communiste».

Le 25 mars, le Comité directeur lui retire définitivement la direction du Bulletin communiste et publie une déclaration condamnant son acte d’indiscipline. Sur la question russe, Souvarine n’est pas totalement isolé : Pierre Monatte, Alfred Rosmer, Amédée Dunois, Fernand Loriot, Maurice Paz et Auguste Herclet, partagent son point de vue.

Le 11 avril, il lance une souscription pour la publication des interventions de Trotsky sur le «cours nouveau». Préfaçant ces écrits, il fustige la «tendance déjà apparue de déifier Lénine, de faire du léninisme une religion, de l’œuvre du maître un évangile».

A une session de l’Exécutif élargi, la délégation française demande que Souvarine cesse de représenter le PC. Le 17 juin, Souvarine présente sa défense devant la «commission Souvarine», créée par la volonté d’Alexandre Zinoviev, qui décide son exclusion du PC. Ce dernier se réserve la possibilité de proposer à l’IC sa réintégration s’il montre « entre-temps une conduite loyale vis-à-vis du Parti et de l’Internationale ». Le 19 juillet 1924, l’Humanité publie la déclaration du secrétariat du PCF, annonçant cette décision, la justifiant par cette formule : « C’est dans la mesure où toutes les survivances du « Moi » individualiste seront détruites, que se formera l’anonyme cohorte de fer des Bolcheviks français. »

Souvarine décide de demeurer en Russie soviétique pour y partager la vie du peuple russe, mais l’arrestation, par le Guépéou, de N. Lazarévitch auquel il est lié, le dissuade et il rentre à Paris à la mi-janvier 1925.

Souvarine entame une collaboration à La Révolution prolétarienne, signant «Un communiste», décrivant minutieusement l’évolution des conflits au sein du PC russe. Le 23 octobre 1925, il relance le Bulletin communiste, s’affirmant toujours communiste et dénonçant la «bolchevisation» du PCF. Pour faire acte de discipline envers l’IC qui semble vouloir réviser son appui à la direction du PC, Souvarine en suspend la parution fin janvier 1926 et la question de sa réintégration est débattue lors de l’Exécutif élargi de l’IC de février 1926.

En 1926, il fonde avec d’autres exclus, le Cercle communiste Marx et Lénine qui se propose de mener «l’étude critique de l’expérience soviétique» et d’agir pour la naissance «d’un Parti communiste répondant aux définitions que l’Internationale communiste en a donné».

A l’automne 1926, l’Opposition de gauche du PC russe se prépare à mener une offensive au cours de sa XVe conférence, mais Trotsky et ses partisans y renoncent, acceptant de reconnaître leurs fautes envers la discipline. Pour Souvarine, c’est là une première «capitulation» bientôt suivie par la négation embarrassée de l’existence du testament de Lénine [ 2 ] par Trotsky.

Souvarine et Max Eastman (écrivain socialiste américain), qui ont reçu le document des mains de la veuve de Lénine, Nadejda Kroupskaïa, décident de le publier, avec l’aval de Christian Rakovsky, alors ambassadeur en France, à l’occasion de cette XVe conférence du PC russe. La parution du testament dans la Révolution prolétarienne (novembre 1926) a un retentissement considérable. L’acte vaut à Souvarine son exclusion définitive pour «propagande contre-révolutionnaire» (VIIe session du Comité exécutif élargi, novembre-décembre 1926).

Reprenant la parution du Bulletin communiste en janvier 1927, Souvarine se fait le chroniqueur des luttes des différentes oppositions au sein des partis communistes. Il ne ménage pas non plus «l’Opposition unifiée» née du rapprochement entre Zinoviev-Kamenev et Trotsky. Il s’efforce de produire les outils intellectuels susceptibles de permettre l’analyse du «bolchevisme de la décadence», du «léninisme, opium de l’internationale», de l’Opposition et la transformation du Parti russe en «nouvelle classe privilégiée».

Ses divergences avec Trotsky deviennent irréductibles avec l’arrivée de ce dernier à Prinkipo (Turquie). Un échange de lettres se conclut en juin 1929, par une rupture politique. Cette même année, il rédige, le 3e volume de la trilogie Vers l’autre flamme : La Russie nue, véritable tableau de l’état physique et moral du prolétariat et de la paysannerie soviétiques. Boris Souvarine dénonce ensuite le «bluff» du Plan quinquennal et la «guerre civile» engagée contre la paysannerie avec la collectivisation forcée.

En 1930, le Cercle Communiste Marx et Lénine en 1930, devient le Cercle communiste démocratique (CDD). À partir de 1931, il publie avec l'aide (en particulier financière) de Colette Peignot, la revue La Critique sociale (« revue des idées et des livres »), qui comptera onze numéros jusqu'en 1934, mais qui n'est pas officiellement l'organe du Cercle communiste démocratique. À cette revue participent notamment Raymond Queneau, Michel Leiris, Georges Bataille et Simone Weil.

A partir de 1935, il noue d’étroites relations avec Nicolaas W. Posthumus (1880-1960), directeur de l’Institut international d’histoire sociale (IISG) à Amsterdam (Pays-Bas) où sont recueillies les archives de la social-démocratie allemande (Marx, Engels, Kautsky, etc) que Souvarine a aidé à soustraire aux nazis.

Il obtient en 1937, son diplôme de l’École nationale des langues orientales, après avoir suivi les cours de son ami Pierre Pascal.

C’est par un article consacré au second procès de Moscou (23-30 janvier 1937) que Souvarine commence une collaboration au Figaro. Relevant les invraisemblances et les contradictions des «aveux», il insiste sur les traits «typiques du bolchevisme» et publie deux brochures à ce sujet : « Cauchemar en URSS » et « Aveux à Moscou ».

Il écrit plusieurs articles dont l’un des plus significatifs porte sur la guerre d’Espagne, dénonçant l’intervention de deux totalitarismes (nazisme, néo-bolchevisme). Parallèlement il tente de faire libérer son beau-frère, Joaquin Maurin, leader du POUM, alors prisonnier des franquistes.

Rétrospectivement, Souvarine voit dans l’accord de Staline avec l’Allemagne hitlérienne la raison des grandes purges, de l’extermination de la « vieille garde » bolchevique et celles des généraux de l’Armée rouge qui n’auraient pu acquiescer à un tel revirement politique. Dès lors, il considère que l’heure n’est plus à «l’étude critique de l’expérience soviétique» mais au combat contre le communisme soviétique aussi urgent que celui contre le nazisme.

Souvarine quitte Paris en juin 1940. Sa bibliothèque et les archives de l’Institut d’histoire sociale entreposées à Amboise (Indre-et-Loire) sont saisies par les Allemands (elles seront récupérées par les Soviétiques). Réfugié d’abord dans le Limousin, il gagne Nice (Alpes-Maritimes). Arrêté et emprisonné à «l’Évêché», il est libéré suite à l’intervention de son ami Henry Rollin, capitaine de corvette collaborateur de l’amiral Darlan. Grâce à son inscription sur les listes de personnalités établies par le département d’État américain, il obtient un visa et quitte la France avec sa famille, début août 1941.

A New York, Souvarine penche en faveur du général Giraud. L’entrée des communistes au Comité français de libération nationale (CFLN) alimente son hostilité à la politique du général de Gaulle ; il lui reproche de concevoir le «pouvoir bolcheviste» à l’égal des autres pouvoirs connus jusqu’alors.

Au printemps 1947, Boris Souvarine rentre en France.

Le non respect des accords de Yalta (élections libres) par les Soviétiques, l’instauration des «Démocraties populaires», la victoire des communistes chinois (1949), font que Souvarine se range, comme Raymond Aron qui devient son ami, aux côtés de ceux qui sont résolus à s’opposer à la progression du communisme dans le monde.

Boris Souvarine participe aux activités de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire. Il consacre les dernières années de sa vie à des mises au point sur l’histoire du régime soviétique.

 

Sources

Boris Souvarine - Dictionnaire biographique du monde ouvrier - Jean-Louis Panné

Boris Souvarine - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Représentant du PCF (SFIC) à l’Exécutif de l’Internationale communiste : 1921 - 1924

Membre du secrétariat et du Présidium de l’Internationale communiste : 1921 - 1924

Secrétaire du PCF (SFIC) : 1921 - 1924

Membre du Comité directeur : 1921 - 1924

Publications

Éloge des bolcheviks, Librairie du Populaire, 1919

La Troisième Internationale, Édition. Clarté, 1919.

Manifeste et thèses de l’Internationale communiste, Édition Clarté, 1919.

Hommage à la République socialiste fédérative des Soviets de Russie, Librairie du Populaire, 1919.

Cours nouveau de L. Trotsky [Introduction], La Cootypographie, 1924.

La Russie nue, Vers l’autre flamme III, Rieder, 1929.

Staline, aperçu historique du bolchevisme, Plon, 1935, 574 p

Les Amis de la vérité sur l’URSS : La Peine de mort en URSS (textes et documents), 1936

Ouvriers et paysans en URSS, Paris, Librairie du travail, 1937

Une controverse avec Trotski, Contributions à l’histoire du Comintern, Genève, Droz, 1965.

Le Stalinisme ignominie de Staline, Spartacus, 1977. —

Staline, pourquoi et comment, Spartacus, 1978.

L’Observateur des deux mondes et autres textes, Éd. de la Différence, 1982.

À Contre courant, Écrits 1925-1939, Denoël, 1985.

Controverse avec Soljenitsine, Allia, 1990.