Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Jean Gager (né à Paris le 11 mai 1931), fils d’un ouvrier tailleur communiste, suit des études jusqu’au niveau de la première.

Secrétaire fédéral de Paris

Exclu en 1982

Début 1942, ses parents décident de protéger leurs deux fils des persécutions antisémites et les cachent à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne).

Gajer rejoint les Jeunesses communistes (UJRF) en mars 1946 et le Parti communiste en octobre 1948. Il suit une école fédérale en octobre 1948.

En 1949, il abandonne ses études secondaires et entre en apprentissage. Il obtient un CAP de dessinateur spécialisé dans le béton armé.

Début 1950, Jean Gajer est arrêté lors d’une manifestation contre la guerre d’Indochine devant la caserne de Clignancourt. Il passe plusieurs semaines en prison. Peu après, il est promu secrétaire fédéral de l’UJRF de la Seine. Il effectue ensuite son service militaire en Allemagne, comme sergent dans le génie. A son retour, il retrouve son poste au Comité fédéral de la Seine et intègre le Comité national des JC. En 1955-1956, il suit les cours d’une école centrale de quatre mois du PCF. Le 30 juin 1956, il est élu au Comité fédéral de Paris.

Licencié de l’entreprise Schwartz-Haumont en 1957, Gajer devient permanent des Jeunesses communistes. En 1959, toujours secrétaire fédéral des JC de Paris, il intègre le Bureau national de JC.

En 1959, il est élu au Bureau de la fédération de Paris. Très proche du secrétaire général Paul Laurent, Gajer quitte ses responsabilités aux JC en 1962, pour travailler avec celui-ci, à la fédération de Paris.Aux élections municipales de mars 1971, Gajer est élu au Conseil de Paris et dirige le groupe communiste.

En janvier 1976, il est élu au Secrétariat de la fédération de Paris, comme responsable des entreprises. Réélu conseiller de Paris, Gajer cède à Henri Fiszbin la tête du groupe communiste à l’hôtel de ville.

Selon Gajer, dès le mouvement de mai-juin 1968, la fédération de Paris est critiquée pour sa trop grande proximité avec les étudiants. Par la suite, au cours de années 1970, la fédération, sous la direction de Henri Fiszbin, s’efforce de répondre aux mutations sociologiques de Paris et cherche à attirer des couches nouvelles

Gajer se consacre aux questions de transports et d’aménagement urbain. Il rédige de nombreux rapports sur ces questions et représente le Conseil de Paris au conseil d’administration du Syndicat des transports parisiens (STP) et de la Société d’économie mixte d’aménagement des Halles (SEMAH).

Après l’échec du PCF aux législatives de 1978, le 11 janvier 1979, les dirigeants de la fédération sont convoqués devant le Bureau politique au grand complet. Critiqués pour leur « opportunisme » et « leur abandon du contenu de classe », les dirigeants parisiens restent sur leurs positions. Malgré les efforts de Paul Laurent, Gajer refuse de se désolidariser de ses camarades de la fédération de Paris. Au printemps 1979, la direction du PCF tente de le rallier en le faisant réélire au secrétariat fédéral mais Gager donne sa démission lors de la première réunion du secrétariat.

En 1980, le Comité fédéral décide de réduire les effectifs du Bureau fédéral. Ainsi Jean Gager, André Réau et Bernard Gibaud, tous membres de l'ancienne direction de la fédération, sont écartés.

Par la suite, Gajer ne participe pas au groupe de Rencontres communistes hebdo (RCH) de Henri Fiszbin.

En 1981, il s’oppose à la candidature Georges Marchais pour les élections présidentielles et en juin 1981, il demande sa démission.

En 1982, le Comité fédéral l’exclut au motif de son « désaccord profond avec politique du parti » et de sa solidarité « avec l’activité fractionnelle de RCH ».

Ses indemnités d’élu de Paris lui permettent de reprendre des études supérieures. Soutenu par Pierre Merlin, directeur de l’Institut d’urbanisme (Paris 8) qu’il a connu dans ses fonctions de conseiller de Paris, il est admis en DEA sur un dossier de travaux élaborés à partir de son activité politique récente. Après son DEA, il entame, toujours sous la direction de Pierre Merlin, une thèse d’urbanisme intitulée « Le RER : analyse de l’évolution des conceptions successives du réseau express », soutenue au printemps 1981.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, soutenu par Lionel Jospin qu’il a côtoyé au Conseil de Paris, et par Pierre Bérégovoy, il est chargé à partir de novembre 1981 d’une mission d’étude sur les problèmes du logement social en région parisienne, auprès de Roger Quillot puis de Paul Quilès, ministres de l’Urbanisme et du Logement. Gajer est ensuite chargé de mission à la Région Ile-de-France, responsable de l’aide financière aux municipalités pour la construction de logements.

En 1989, il retrouve Paul Quilès au ministère des Postes, des Télécommunications et de l’espace, pour suivre la construction à Paris de 1 500 logements destinés aux jeunes postiers. Au début des années 1990, il est entre au cabinet de Marcel Debarge, secrétaire d’Etat au Logement.

Malgré son insertion dans les réseaux socialistes, il refuse d’adhérer au PS ou d’être candidat à une élection.

Revenant sur son parcours communiste, il déclare avoir « perdu son temps » et regretter son adhésion.

 

Sources

Jean Gager – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Paul Boulland,

Responsabilités au PCF

Membre du Bureau fédéral de Paris : 1959 - 1979

Secrétaire de la fédération de Paris : 1976 - 1979

Mandats électifs

Conseiller de Paris : 1971 – 1983