Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Guy Serbat (né à Lafox (Lot) le 29 janvier 1918, mort à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) le 4 mars 2001), fils d’instituteurs, fait ses études secondaires au lycée d’Agen (Lot) puis ses études supérieures à la Faculté des Lettres de Bordeaux (Gironde).

Professeur d'université

Départ en 1956

Il obtient une licence de lettres. Admissible à l’agrégation de grammaire en 1939, mobilisé il retrouve la vie civile en janvier 1941 et réussit l’agrégation, en 1941.

Il devient professeur au lycée de Carcassonne (Aude).

Anti-hitlérien, suite à deux séjours en Allemagne en 1934 puis 1937, il rejoint l’Union fédérale des étudiants (proche du Parti communiste) à Bordeaux et y milite jusqu’à septembre 1939.

Il rejoint le réseau Brutus et l’Armée secrète dont il commande deux « trentaines » à Carcassonne, en 1942.

« Déçu par une action insuffisante », il saisit l’occasion d’un contact avec le Parti communiste pour y adhérer à Noël 1942.

Serbat est immédiatement chargé du Front national (jusqu’en juin 1943), des FTPF (à partir de janvier 1943). D’abord responsable communiste local d’un groupe de 5, il devient « départemental » Aude-Hérault en mai 1943, « interrégional » à Montpellier en juillet 1943, commandant de la 3e subdivision FTPF en septembre 1943 et enfin commandant militaire en second de l’État major zone sud (ex zone libre) des FTPF, de Noël 1943 à mai 1944.

Après la chute de l’État-major FTP zone sud (mai 1944), où il échappe au coup de filet de la Gestapo, il est « remis à la base ». Il joue cependant un rôle militaire de premier plan lors de l’insurrection de Marseille (29 juillet-28 août 1944) où il commande trente compagnies et le régiment La Marseillaise, permettant au général Montsabert d’obtenir la capitulation allemande en trois jours.

Dans le cadre de l’ « amalgame » voulu par le général de Gaulle, entre armée régulière et forces combattantes de la Résistance, Serbat participe à l’organisation d’un régiment de volontaires dont deux bataillons rejoignent la 1ère Armée. Il participe alors aux combats d’Alsace et à la campagne d’Allemagne.Il reçoit la Légion d’honneur des mains du général De Lattre de Tassigny, en août 1945.

Le 20 mars 1947, France d’abord, journal des FTP, annonce la création d’une commission présidée par Charles Tillon, chargée de rédiger l’histoire de la résistance armée, composée d’Hugonnot, Yves Moreau, Georges Beyer et Guy Serbat. Il se voit confier l’ensemble de la rédaction à partir de 1949. L’ouvrage qui compte 700 pages, devait paraître en deux volumes (l’un sur 1939-1941, l’autre sur la Libération) aux Éditions sociales, sous la signature de Charles Tillon. Le premier volume est composé dans l’été 1952 et allait être imprimé à Corbeil, quand, début septembre, les épreuves sont détruits par un "commando", selon le témoignage de Serbat,. Cet événement est lié à la mise en accusation de Charles Tillon et d’André Marty, par la direction du PCF.

En 1951, Serbat décide de réintégrer l’Education nationale. Il est nommé successivement professeur aux lycées du Havre (Seine-Inférieure/Maritime), Marceau de Chartres (Eure), puis de Saint-Maur-des-Fossés (Seine).

Serbat est élu conseiller municipal communiste de Saint-Maur-des-Fossés le 26 avril 1953 sur la liste d’Union ouvrière et démocratique. Son mandat prend fin en 1959.

Au lycée Marcellin-Berthelot de Saint-Maur, il anime la cellule communiste avec Madeleine Rebérioux. Au moment des événements en Hongrie, avec Madeleine Rebérioux, il exprime son désaccord. Toujours avec Rebérioux, il fait adopter une motion par sa cellule, désapprouvant les conditions du jugement et de l’exécution de Imre Nagy, en 1958. Serbat est aussi très critique sur la guerre d’Algérie.

Il s’éloigne progressivement du Parti communiste et le quitte vers 1956..

À partir de 1960, il enseigne dans le supérieur, comme assistant à la faculté de Caen (1960-1961) puis maître-assistant à celle de Nanterre jusqu’en 1969. Chargé d’enseignement à l’université de Lille (1969) puis maître de conférences à Nanterre (1970), il devint professeur de linguistique à Paris IV (1971-1985). Après l’éméritat, il enseigne à l’université de Louvain-la-Neuve en Belgique.

Il est créateur et président de l’Association pour l’Information grammaticale, en 1975, Il publie au cours de sa carrière un grand nombre d’ouvrages et d’articles sur la linguistique latine.

Il publie, peu avant sa disparition, Le PCF et la lutte armée, 1943-1944, dans lequel il développe une vision de la chute de l’Etat-major FTP, éloignée de l’histoire communiste officielle.

Titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 et de la médaille de la Résistance, Serbat est également chevalier de la Légion d’honneur.

Il se marie le 27 février 1941 au Puy, avec Andréa, Pâquerette Rivière, née en 1918 (institutrice puis professeur de collège, résistante) ; ils ont un fils, Henri, né en 1941.

 

Sources

Guy Serbat – Dictionnaire biographique du monde ouvrier - Claude Pennetier

Guy Serbat (1918 – 2001), Roland Eluerd, L’Information gramaticale, 2001.

Mandats électifs 

Conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés : 1953 - 1959

Publications

Grammaire fondamentale du latin, Peeters, 1996

Les structures du latin, Picard, 1975

Le PCF et la lutte armée, 1943-1944, L'harmattan, 2001.

Honneurs

Croix de guerre 1939-1945

Médaille de la Résistance,

Légion d’honneur, 1945

Chevalier de la Légion d’honneur

Officier des Palmes académiques