Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Gilles Martinet (né à Paris le 8 août 1916, décédé à Paris le 29 mars 2006), fils d’un architecte-paysagiste, radical-socialiste et franc-maçon, fait sa scolarité au lycée Carnot et obtient son baccalauréat à l'âge de 16 ans.

Résistant, journaliste

Quitte le PCF en 1939

Il est contraint d'interrompre ses études en 1936, à la mort de son père. Il devient alors rédacteur à l'agence Havas-Information, et continue ses études en parallèle à son travail. Il obtient une licence de lettres et un diplôme d'études supérieures d'histoire.

En 1933, il adhère aux Jeunesse Communistes. En 1936-1937, il est secrétaire du groupe des étudiants communistes de Paris, et participe aux manifestations et bagarres du Quartier latin contre les ligues. Il conduit à la fin de l’année 1936, une délégation internationale d’étudiants en Espagne républicaine

Il adhère au PCF en 1935 et participe au IXe Congrès, en 1937.
Il quitte le PCF en 1939, après les procès de Moscou.

Martinet s’engage dans la Résistance en 1941, et participe à la publication de journaux clandestins comme l’Insurgé.

Objet d’un mandat d’arrêt, Martinet passe dans la clandestinité au milieu de l’année 1943, devenant permanent clandestin. Il revient à Paris début 1944, et fait partie du réseau AID qui prépare la prise de contrôle des principaux organes d’information. Dès le premier jour de l’insurrection parisienne, en août 1944, il dirige l’occupation des locaux de l’Office français d’information (bientôt transformé en Agence France Presse) et y prend le poste de rédacteur en chef, à vingt-huit ans.

En 1947, Martinet refuse de censurer les informations venant d’Indochine et notamment les communiqués du Vietminh. Le gouvernement de l’époque impose son départ. Le personnel se solidarise avec lui par des pétitions et des arrêts de travail. Finalement le gouvernement accepte de le réintégrer, mais à un autre poste. Martinet est alors élu secrétaire du Comité d’entreprise sur la liste CGT.

Il fonde en 1945 avec Pierre Naville, David Rousset, Maurice Nadeau, La Revue internationale, publication marxiste indépendante. Il en assure la direction avec Naville jusqu’en 1950, année de la disparition de la revue.

En 1947, un groupe de militants appartenant à la tendance Bataille socialiste quitte la SFIO et fonde le Parti socialiste unitaire (PSu). Gilles Martinet et Pierre Naville y adhèrent. Martinet est membre du Comité directeur et du bureau permanent du Parti socialiste unitaire, en septembre 1949. La crise titiste l’amène à prendre une position progressivement plus critique vis-à-vis de Moscou et du PCF. Martinet et Naville sont les principaux rédacteurs de la plate-forme du PSu dont l’adoption provoque une réaction très hostile du Parti communiste, qui voie le PSu comme une organisation satellite. En 1949, la direction du PCF revient à la charge en exigeant du PSu, la condamnation de la Yougoslavie de Tito. Martinet, Stibbe et Naville s’y opposent mais ils sont, cette fois, mis en minorité. Ils quittent le PSu (première version).

En 1950, avec Claude Bourdet et Roger Stéphane, il crée L’Observateur. Le journal prend le nom de L’Observateur d'Aujourd’hui en 1953 puis de France Observateur en 1954. Gilles Martinet en est le rédacteur en chef de 1950 à 1964. En 1964, après le rachat du journal par Claude Perdriel, et l’arrivée d’une équipe de l’Express et de Jean Daniel, l’hebdomadaire devient Le Nouvel Observateur. Martinet garde le poste d’administrateur jusqu’en 1985.

En 1954, il est inculpé d’atteinte à la sécurité de l’État dans «l’affaire des fuites» (il bénéficie d’un non-lieu en novembre 1962 seulement).  France-Observateur est saisi à seize reprises durant la guerre d’Algérie. Martinet est de nouveau inculpé, avec Claude Bourdet et Robert Barrat, de « participation à une tentative de démoralisation de l’armée », en septembre 1959, pour avoir laissé paraître des articles et lettres de lecteurs protestant contre la torture en Algérie. En 1962, son appartement, boulevard Flandrin, est plastiqué.

En 1958, Martinet participe au lancement de l’Union des forces démocratiques (UFD) aux côtés de Pierre Mendès France, d’Édouard Depreux, de François Mitterrand et de Daniel Mayer (l’UDF devient ensuite l’Union de la gauche socialiste (UGS)). Martinet est membre du bureau national de l’UDF.

En 1960, Gilles Martinet, Jean Poperen et Edouard Depreux fondent le Parti socialiste unifié (PSU), né de la fusion entre l’Union de la gauche socialiste (UGS), Tribune du communisme et le Parti socialiste autonome (PSA).

Il est secrétaire national adjoint du PSU avec Henri Longeot, de 1960 à 1967.

En 1967, il propose une motion qui demande l'adhésion du PSU à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS). Battu par la motion de Michel Rocard qui prône le maintien de "l'autonomie" du PSU, il perd son siège dans les instances nationales du parti.

Martinet quitte le PSU en février 1972, et rejoint le Parti socialiste. Il milite alors au sein du courant mené par Jean-Pierre Chevènement, le CERES.

En 1973, quand Michel Rocard rejoint le PS, il devient un des animateurs du courant « rocardien ».

En 1979, Martinet est élu député européen sur la liste du Parti socialiste.

Après la victoire de la gauche, en 1981, il devient ambassadeur de France en Italie, poste qu’il occupe jusqu’en 1984.

Il se marie avec la fille du socialiste et syndicaliste italien Bruno Buozzi, résistant assassiné en 1944, par les nazis. Ils ont deux filles, dont l'une a épousé Alain Krivine, dirigeant de la LCR.

 

Sources

Gilles Martinet – Wikipédia

Gilles Martinet - Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Gilles Morin

Publications

Le Marxisme de notre temps, Julliard, 1962.

La Conquête des pouvoirs, Seuil, 1968

Les Cinq Communismes : russe, yougoslave, chinois, tchèque, cubain, Seuil, 1971

Le Système Pompidou, Seuil, 1973,

Cassandre et les tueurs : cinquante ans d'une histoire française, B. Grasset, 1986,

Les Italiens, B. Grasset, 1990,

Le Réveil des nationalismes français, Editions du Seuil, 1994,

Une certaine idée de la gauche, 1936-1997, O. Jacob, 1997,

Les Clés de la Ve République : de Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac, Seuil, 2002,

L'Observateur engagé, JC Lattès, 2004.

Honneurs

Elevé à la dignité d’Ambassadeur de France (1984)

Commandeur de la Légion d'honneur (1998)

Président d’Honneur du Comité de Paris de la Società Dante Alighieri