Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Pierre Hervé (né à Lanmeur (Finistère) le 25 août 1913, mort à Châtel-Censoir (Yonne) le 8 mars 1993), d’une famille de fermiers et de petits propriétaires, fait ses études secondaires au collège de Lannion (Finistère).

Professeur, résistant, député

Exclu en 1956

Son père, mutilé de guerre, obtient en 1920, un poste de percepteur.

Pierre Hervé poursuit ses études au lycée de Rennes (khâgne) puis au lycée Lakanal de Sceaux (Seine). Il a pour condisciple Jean Toussaint Desanti et Pierre Courtade.

En 1932, il adhère aux Jeunesses communistes.

En 1934, Aragon lui demande de collaborer à Commune, l’organe de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR).

En 1934 - 1935, à la Sorbonne, il entre à la direction de l’Union fédérale des étudiants (UFE), organisation très proche du Parti communiste.

En 1936, il est élu au Comité central des Jeunesses communistes. Il travaille avec Henri Chrétien, Francis Cohen, Victor Leduc, Gilles Martinet et Jean-Pierre Vernant.

A la rentrée 1937-1938, il dirige le secrétariat national des Étudiants communistes de France.

Hervé part au service militaire pendant l’été 1938, et cesse toute activité politique.   

Il sort de la Sorbonne avec une licence de Philosophie et un diplôme d’études supérieures de Philosophie,

Hervé est soldat de deuxième classe au 46e Régiment d’infanterie quand est connue la nouvelle du Pacte germano-soviétique. Le 21 mai 1940, sur la rive de l’Aisne, Hervé est blessé à la face par un éclat d’obus. Hospitalisé à Brest, il est fait prisonnier par les Allemands dès leur entrée dans la ville. Il réussit à s'évader pendant le voyage en Allemagne.

Il est surveillant d’externat à l’école Colbert, du 21 octobre 1940 au 29 janvier 1941. Le 29 janvier 1941, il prend un poste de professeur de philosophie au lycée Marcelin-Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés (Val de Marne).

Le PCF lui confie l’organisation de L’Université libre dans la région parisienne. Le 12 juin 1941, deux inspecteurs des renseignements généraux l’arrêtent. Une perquisition à son domicile, permet de saisir des tracts et des affiches. Les Renseignements généraux pensent qu’il « dirige la propagande communiste dans les milieux universitaires ». Écroué le 13 juin à la prison de la Santé, jugé quelques jours plus tard, le 17, il est acquitté. Il reste cependant détenu comme interné administratif, avant d’être conduit au camp de Châteaubriant. Sa femme entreprend la préparation de son évasion. Dans la nuit du 7 au 8 juillet, deux amis réussirent à ouvrir une brèche dans les barreaux du dépôt du Palais de justice. Sur quarante-deux internés, vingt et un profitent de cette évasion.

Ils passent clandestinement en zone sud. Un an plus tard, en juillet 1942, il se rend à Lyon pour entrer en contact avec la Résistance. Lucie Aubrac qui l’a bien connu au Quartier latin, l’accueille et lui fait aussitôt confiance. Hervé devient chef régional de Libération à Lyon. Il part à Toulouse avant de revenir à Lyon, en avril 1943, comme secrétaire des Mouvements unis de Résistance (MUR). Sa femme travaille au bureau d’information et de presse dans les services de Georges Bidault. Les services du MUR s’installent à Paris d’où Hervé écrit au Comité directeur un rapport connu sous le nom de « Rapport Chardon » (du pseudonyme d’Hervé) dans lequel Hervé y prend position en faveur de l’union de toute la résistance, partis et syndicats compris.

De mi-juin 1944 à la libération de Paris, Hervé siége au comité directeur du Mouvement de libération nationale (MLN) et au Conseil national de la Résistance (CNR).

Directeur adjoint du quotidien Libération et membre du Comité directeur de l’hebdomadaire Action, il entre à l’Assemblée nationale consultative puis est élu député du Finistère sur les listes communistes aux deux Assemblées nationales constituantes puis à la première Assemblée nationale de la Quatrième République.

Hervé reprend en 1946, sa carte du PCF qu’il n’avait plus depuis son départ au service militaire en août 1938. Mais on lui reproche d’avoir publié dans Action du 22 novembre 1946, un article intitulé « Il n’y a pas d’esthétique communiste ». Convoqué par Maurice Thorez, Duclos et André Marty, il entend un réquisitoire d’Aragon et une autocritique de Garaudy qu’il refuse de suivre.

En décembre 1946, il quitte Libération et devient directeur adjoint de L'Humanité.

En 1948, « excédé par les persécutions dont il était l’objet, principalement de la part d’André Marty et par les intrigues qui se dessinent contre lui dans sa circonscription du Finistère, il demande à Maurice Thorez l’autorisation de démissionner de l’Assemblée nationale pour se consacrer à la presse ». Le 15 juin 1948, il démissionne de son mandat de député pour se consacrer au journalisme et devient rédacteur en chef d'Action. Fin 1952, cet hebdomadaire est supprimé. Il écrit alors dans La nouvelle critique, de 1953 à 1954.

Au moment du complot des blouses blanches, il publie entre le 27 janvier et le 1er février 1953, dans le quotidien communiste Ce soir, dirigé alors par Pierre Daix, une série de six articles intitulés « Les assassins en blouse blanche ». Hervé y reprend la version de Moscou de la conspiration du Joint (organisation caritative juive américaine) ; Joint est dénoncé comme instrument de « la grande finance juive » qui a «commandité Hitler» et qui a transformé la Diaspora juive en arme de guerre froide au service du Département d’Etat de Washington». Après la mort de Staline et la réhabilitation des inculpés, Hervé reconnaît ses erreurs et dénonce le procès des médecins comme l'une des injustices du stalinisme.

Il entre à la section de propagande du Comité central où sa situation devient difficile lorsqu’un député de droite l’accuse, en décembre 1954, à la tribune de l’Assemblée nationale, d’être un indicateur de police rémunéré par Baranès. « Au siège du Comité central, personne ne lui demande la moindre explication. Il y eut une perquisition de la DST à son domicile : sans résultat. Au procès de Baranès, personne ne le fit citer : ni l’accusation, ni la défense ». Pendant l’été 1955, Hervé rédige son ouvrage La Révolution et les Fétiches où il souhaite que le communisme se délivre « d’une scolastique fétichiste pour revenir à son esprit authentique et s’ouvrir à l’immense aspiration des hommes ». Prudent dans ses commentaires sur la politique du PCF et de l’URSS, le livre n’en parait pas moins dangereux. Dans La nouvelle critique, Jean Kanapa et Jean Suret-Canale critiquent sévèrement l’ouvrage, sous le titre « Une apologie du réformisme ».

Hervé est exclu du PCF, le 16 février 1956.

Il réplique aux diverses critiques dans Lettre à Sartre et à quelques autres par la même occasion puis, lors d’une conférence donnée le 3 décembre 1956. Il appelle à la constitution de Cercles marxistes (un seul voit le jour).

Il reprend sa place dans l’enseignement à la rentrée scolaire d’octobre 1955 : il est professeur de philosophie de 1955 à 1973.

Antistalinien déterminé, il collabore pendant un certain temps avec Auguste Lecœur à La Nation socialiste et, le 13 janvier 1957, se présente aux élections législatives, à Paris, comme « candidat du communiste démocratique et national ».

Il est directeur de l’éphémère revue mensuelle La Nouvelle Réforme dont trois numéros paraissent en 1957 et 1958.

En octobre 1958 Pierre Hervé et Auguste Lecœur demandent leur adhésion au Parti socialiste SFIO (Pierre Hervé restera socialiste jusqu’en 1963).

Séduit par l'action du général de Gaulle, il s’éloigne de la SFIO et collabore à Notre République, organe de l'Union démocratique du travail (gaulliste de gauche), de 1967 à 1969.

En 1973, il cesse toute activité politique.

Hervé se marie le 9 mai 1940 à Paris avec une étudiante communiste, Annie Louise Noël.

 

Sources

Pierre Hervé – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Jean Maitron, Claude Pennetier

Pierre Hervé - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Secrétaire national de l’UEC : 1937 – 1938

Rédacteur adjoint de l’Humanité : 1946 - 1949

Mandats électifs

Député du Finistère à l’Assemblée : 1945 - 1948