Jean Louis Hurst (né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 18 septembre 1935, mort à Villejuif (Val-de-Marne) le 13 mai 2014), suit une formation d’instituteur, à partir de 1955.

En 1940, son père, officier, refuse la signature de l’armistice et se réfugie en Algérie avec sa famille. En 1942, il rejoint les rangs de l’armée de libération, avant de participer aux combats en Italie et en France à la tête d’une unité composée de « Français musulmans ».

De retour en France, la famille Hurst s’installe à Colmar, où le père travaille à la préfecture comme attaché culturel.

Après l’obtention de son baccalauréat, Jean-Louis Hurst bénéficie d’une bourse de voyage Zellidja, qui lui permet de visiter Israël et l’Egypte, en 1953. Il y découvre le communisme et le nationalisme arabe, en particulier auprès d’Égyptiens et de réfugiés palestiniens.

Il adhère au PCF en octobre 1955 en raison de son opposition à la répression en Afrique du Nord. Il adhère aux Jeunesses communistes en mai 1956.

De retour en Alsace comme instituteur, il milite au SNI du Haut-Rhin, dont il devient le délégué départemental des jeunes.

Opposé à la guerre d’Algérie et désirant agir au sein de l’armée, il résilie son sursis et effectue son service militaire à compter de mars 1957. Après ses classes, il effectue un stage dans les Transmissions à Laval. Il suit le peloton des officiers et devient sous-lieutenant.

En 1958, lorsqu'il est envoyé combattre en Algérie, il déserte et rejoint le réseau des «porteurs de valises»,  mené par Francis Jeanson, puis par Henri Curiel

Au cours de l’été 1958, Hurst effectue plusieurs passages clandestins de frontière vers l’Allemagne. Henri Curiel, co-responsable du Réseau Jeanson, lui suggère de créer une organisation de déserteurs et d’insoumis. Avec Gérard Meïer, et  Louis Orhant, déserteurs aussi, il crée Jeune Résistance, organisation d’aide aux réfractaires en exil.

A la fin de la Guerre d’Algérie, il se présente dans une caserne, le 25 octobre 1962. Après quelques mois de prison, il finit son temps de service militaire.

En avril 1960, il publie Le déserteur, sous le pseudonyme de Maurienne, aux Éditions de Minuit, roman écrit dans une optique de propagande contre la guerre d’Algérie, manifeste anticolonialiste et ouvrage largement autobiographique. Hurst raconte le cheminement d’un militant fidèle au PCF, mais qui s’en détache peu à peu pour déserter. Le déserteur est immédiatement interdit et saisi. L'auteur et son éditeur, Jérôme Lindon, sont poursuivis et condamnés en décembre 1961 à 2 000 francs d’amende pour «provocation de militaires à la désobéissance» (Le jugement est finalement cassé par la cour de cassation en 1964).

Le Déserteur circule cependant, et en 1962, les Éditions de Minuit publient un nouvel ouvrage racontant le procès, Provocation à la désobéissance, le procès du Déserteur.

Lorsque Jeune Résistance se rapproche du trotskisme en janvier 1961, Hurst quitte le mouvement.

Après la guerre, Hurst vivra en Algérie jusqu’en juillet 1968.

Il travaille ensuite comme enseignant en Seine-Saint-Denis, mais il doit quitter l’Éducation nationale en 1972, après avoir refusé de suivre les programmes scolaires.

En 1973, il entre à Libération comme journaliste, peu après sa création. Il travaille surtout sur des sujets sociaux et éducatifs

Dans les années 1990, il fait partie du Comité international de soutien aux intellectuels algériens.

Il se marie avec sa compagne Heike, en octobre 1963 à Alger (ils divorcent en 1984).

Conformément à ses dernières volontés, les cendres de Jean-Louis Hurst et de sa compagne Heike, décédée en 2012, sont transférée en Algérie, au cimetière chrétien de Diar Essaâda.

 

Sources

Dictionnaire biographique du monde ouvrier - Tramor Quemeneur

Jean Louis Hurst - Wikipédia

La conflictualité de la mémoire de l'anticolonialisme communiste pendant la guerre d'Algérie,

Vanessa Codaccioni, CAIRN, Numéro 2010/1.

Publications

Le déserteur, Editions de Minuit, 1958