Les Ex-PCF

Le plus grand parti de France

Jean Maitron (né à Sardy-lès-Épiry (Nièvre) le 17 décembre 1910, mort à Créteil (Val-de-Marne) le 16 novembre 1987), fils d’instituteurs, fait ses études secondaires au lycée de Nevers (Nièvre).

Son père Marius Maitron, socialiste libertaire, est un membre du Parti ouvrier français.

En 1929, après hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand, il suit les cours à la Sorbonne.

Il devient instituteur suppléant jusqu’à son service militaire.

A l’automne 1936, il est nommé, de même que sa femme, dans l’enseignement primaire en région parisienne.

Maitron, dès son arrivée à Paris en 1929-1930, adhère à l’Union fédérale des étudiants (UFE), et, l’année suivante, au PCF. Il le quitte en 1932 après un voyage « consternant » en URSS et milite à la Ligue communiste qu’il abandonne ensuite, quand Trotsky impose l’entrée dans la SFIO. Maitron, après un échange de lettres avec Marcel Cachin, revient au PCF, en 1935.

Il quitte définitivement le PC, en 1939, à la suite du pacte germano-soviétique. Il se rapproche alors durablement de l'équipe qui anime La Révolution prolétarienne : Maurice Chambelland, Pierre Monatte, Alfred Rosmer.

Il ne participe pas à la Résistance pendant la Guerre mais prend part à des collectes de fonds pour aider les enseignants victimes de la répression et les prisonniers politiques.

En 1959, il adhère à l’UGS, puis au PSU qu’il abandonne en janvier 1968, lorsque ce parti veut adhérer à la FGDS. À la demande de ses camarades de la section PSU de Courbevoie, il est candidat suppléant aux élections législatives de 1962.

Il entreprend une thèse d’Etat sur l’histoire du mouvement anarchiste en France. Il la soutient en 1950, sa thèse complémentaire étant consacrée à un militant anarcho-syndicaliste, Paul Delesalle. Puis il entreprend d’élaborer un Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français et international. Demeuré instituteur de 1936 à 1955, il passe ensuite dans le second degré durant trois ans.

Pierre Renouvin l’encourage à demander son détachement momentané au CNRS. Ce détachement dure cinq ans et favorise grandement l’élaboration du Dictionnaire, œuvre collective réunissant une centaine de participants au départ (mille à terme).

Le 18 mars 1949, il fonde l’Institut français d’histoire sociale qui est doté d’importantes archives de militants. Il en est le secrétaire durant vingt ans (jusqu’en septembre 1969). Il crée également en 1951, l’Actualité de l’Histoire, à laquelle succède, en 1960, Le Mouvement social dont les animateurs sont, après lui, Madeleine Rebérioux puis Patrick Fridenson.

En 1963, le professeur Renouvin fait nommer Maitron maître-assistant à la Sorbonne, avec mission de fonder un Centre d’histoire du syndicalisme dont le professeur Ernest Labrousse est le premier directeur.

Il dirige une collection chez Maspero, qui publie un certain nombre d’ouvrages issus des mémoires de maîtrise préparés au centre.

Maitron est de fait le principal introducteur de l’histoire ouvrière à l’Université.

Il prend sa retraite en 1976.

En 1982, Maitron est promu chevalier de la Légion d’honneur puis, en 1985, chevalier des Arts et Lettres. Maitron a fait don au Centre d’histoire du syndicalisme et des mouvements sociaux (Paris I) de sa bibliothèque et de ses archives sociales. Le 16 novembre 1988, la bibliothèque du centre prend le nom de Jean Maitron.

Touché par la maladie pendant l’été 1987, opéré d’un rein au CHU de Créteil, il meurt le 16 novembre 1987:

Au moment de son décès, le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier est à mi-chemin, avec la sortie du tome 30 (Gim-Gs). Le dernier volume, le tome 43, est publié en février 1993, accompagné d’une grande initiative culturelle (exposition, tables rondes) à L’Arche de la Défense.

En 1988, un Prix Jean Maitron pour les mémoires de recherche est créé par la FEN et le Centre d’histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme.

Il se marie, le 9 avril 1936, avec Marcelle Gourdon, licenciée d’histoire et de géographie. Le couple a trois enfants.

 

Sources

Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Claude Pennetier

Wikipédia Jean Maitron

Publications

Histoire du mouvement anarchiste en France (1880-1914), SUDEL, 1951,

Le mouvement anarchiste en France, des origines à 1914, tome 1 et 2, Éditions Maspero, 1975.

De la Bastille au Mont Valérien. Dix promenades à travers Paris révolutionnaire, Éditions ouvrières, 1956,

Ravachol et les anarchistes, collection Archives-Julliard, Paris, 1964,

Honneurs

Chevalier de la Légion d'honneur, 1982,

Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, 1985,

En 1996, la Fédération de l'Éducation nationale (aujourd'hui UNSA Éducation) crée le Prix Jean-Maitron qui prolonge son œuvre et qui récompense un mémoire de master.