Les Ex-PCF

Le plus grand parti de France

Charles Rappoport (né à Dūkštas en Lituanie russe le 14 juin 1865, mort à Cahors (Lot) le 17 novembre 1941), effectue ses études secondaires à Vilnius (Russie), grâce à une bourse.

Après son baccalauréat, il est recherché dans le cadre d’une tentative d’attentat contre le tsar Alexandre III de Russie, sous le nom d’Ossip (son pseudonyme à l’époque), mais réussit à partir légalement à l’étranger.

À Paris, de 1887 à 1891, il participe à l’Union des ouvriers russes. Il se rend à Berne puis à Zurich où il poursuit des études jusqu’au doctorat en philosophie, en 1897.

En 1892, il épouse Fanny Rattner qui prépare une thèse sur l’économiste autrichien Carl Menger.

Pendant un séjour à Londres en 1892, où Rappoport est allé faire des recherches au British Museum, il rencontre F. Engels à plusieurs reprises. Après des soirées de discussions, il continue à s’opposer au marxisme qu’il juge trop économiciste et déterministe.

À la fin de 1897, les Rappoport s’installent à Paris, où Fanny meurt peu de temps après.

Il acquiert  la nationalité française en 1899.

Rappoport se marie en 1901 avec Sophie Oguse, médecin (ne pouvant exercer en France) qu’il avait connue autrefois à Vilnius. Ce n’est qu’en 1904 que Sophie Rappoport est autorisée à exercer et devient une des rares femmes médecins en France. La famille Rappoport s’installe dans le petit village de Souancé (Eure-et-Loir) de 1904 à 1908, puis habite définitivement Paris.

Rappoport est une des grandes figures des débuts du socialisme. Marxiste, il milite à la SFIO. En 1914, pacifiste, il dénonce l'acceptation par la SFIO de la Première Guerre mondiale, le vote des crédits de guerre, et la participation au gouvernement « d'union sacrée ». Il écrit : «Une guerre malheureuse peut avoir des conséquences bienfaisantes. Mais la désirer pour cela est un crime».

En 1918, il passe presque trois mois en prison avant d’être condamné à six mois de prison avec sursis et 200 F d’amende par le 3e conseil de guerre de Paris pour « propos défaitistes ».

Après la guerre, au sein de la SFIO, il milite pour que le parti rejoigne l'Internationale communiste. Lors du congrès de Tours en décembre 1920, il fait partie de la majorité qui fonde le nouveau Parti communiste (SDIC). Il est élu au Comité directeur du SDIC.

À la suite la politique de la bolchevisation de la direction du PCF (lancée par l’IC juin en 1924), il est écarté de toutes responsabilités. En désaccord profond avec la ligne du parti et son soutien à l'Union soviétique, il quitte le PCF en 1938.

Au moment de la 2e guerre mondiale, il se retire à Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot et adhère à la SFIO, quelque temps avant de mourir, en 1941. On peut lire sur sa tombe : « Le socialisme sans la liberté n'est pas le socialisme, la liberté sans le socialisme n'est pas la liberté ».

 

Sources

Charles Rappaport - Wikipédia

Charles Rappaport – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier -

Histoire intérieure du parti communiste, tome 4, Philippe Robrieux, Fayard, 1984.

Responsabilités au PCF

Membre du Comité directeur : 1921 – 1922

Publications

Le matérialisme historique de Marx et l'idéalisme de Kant, Suresnes, 1900,

Études sur le devenir social, Editions G. Jacques, 1903,

Pierre-Joseph Proudhon et le socialisme scientifique, Ed du Socialisme,

La Révolution sociale, Librairie Aristide Quillet, 1912,

Jean Jaurès : l'homme, le penseur, le socialiste, préface d'Anatole France, Editions l'Émancipatrice, 1915,

Pourquoi nous sommes socialistes ?, Librairie Aristide Quillet, 1919,

Pourquoi j’ai quitté le parti communiste, Que faire ? , 1938.