Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

 Jean Jacques Kirkyacharian (né à Paris le 26 octobre 1927, mort à Grenoble (Isère) le 29 septembre 2016), après ses études secondaires, entre en khâgne au lycée Henri IV, à Paris.

Professeur agrégé

Quitte le PCF en 1988

Il poursuit des études de philosophie à la Sorbonne, où il obtient sa licence et un diplôme d’études supérieures.

La famille de Jean-Jacques Kirkyacharian est originaire d’Hajin, en Cilicie ; elle est déportée à la suite du génocide des Arméniens de 1915. Elle se retrouve en France, puissance mandataire en Cilicie, qui abandonne cette région à la Turquie de Mustapha Kemal. Son père, Avédis, né en 1896 à Hajin, est sommelier. Kirkyacharian est élevé avec ses deux sœurs dans la religion protestante et reste pratiquant jusqu’en 1952.

Pendant la guerre, il participe à des actions de protection d’enfants juifs, dans le cadre d’organisations protestantes.

Jeune, influencé par les idées de Karl Barth, Kirkyacharian milite au mouvement du père dominicain Maurice Montuclard, «Jeunesse de l’Église». Il est influencé par Les Lettres aux impatients de Montuclard qui dénonce la situation du prolétariat et invite à rejoindre la lutte révolutionnaire.

En 1948, Kirkyacharian adhère au Parti communiste et au Mouvement de la Paix.

En mai 1951, il épouse à Paris, Marie Louise de Gaudemar, également militante de «Jeunesse de l’Eglise» (secrétaire administrative en 1949), au cours d’une cérémonie œcuménique réunissant catholiques et protestants, ce qui leur valut une dénonciation auprès du Vatican.

Reçu au certificat d’aptitude à l’enseignement dans les collèges (CAEC) en 1952 puis à l’agrégation de philosophie en 1959, il enseigne successivement comme professeur certifié puis agrégé au lycée de Roubaix (Nord) de 1953 à 1960, puis au lycée Champollion de Grenoble (Isère) où il exerce de 1960 à 1988. Il enseigne en classes préparatoires littéraires et termine sa carrière comme professeur de chaire supérieure dans la khâgne grenobloise.

Il est membre actif du Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES). A partir de 1958, il est candidat à chaque élection de la commission administrative nationale du SNES et il est élu en 1967, membre de cette commission. Cette élection intervient, lors d’un basculement de majorité, avec l’arrivée à la direction du syndicat de la liste «Unité et Action».

Kirkyacharian milite surtout dans la section académique de Grenoble. En 1967, Kirkyacharian est élu secrétaire adjoint et en 1971, il devient secrétaire général, quand le courant «Unité et Action» devient majoritaire dans la section académique. Il est élu secrétaire départemental adjoint de la FEN, en 1974. Il est aussi secrétaire départemental du Comité départemental d’action laïque en Isère.

Après le décès en avril 1973 de son épouse, professeur d’anglais au lycée Stendhal, à Grenoble, militante du SNES, il abandonne le secrétariat du SNES.

Kirkyacharian milite activement au Parti communiste durant une quarantaine d’années. Il apporte son concours à la réflexion des intellectuels communistes, en écrivant des articles dans la Nouvelle Critique (notamment en 1965 : «Karl Marx et la fin de la philosophie»).

Il est plusieurs fois candidat aux élections municipales à Roubaix en 1959 et à Grenoble.

Il joue par la suite, un rôle important dans le mouvement des «rénovateurs communistes» dans les années 1980 et s’éloigne du parti en 1988. Il est l’un des signataires de l’appel Refondations (Le Monde, 24 mai 1991).

Estimant qu’il fallait organiser «la convergence des civilisations», Kirkyacharian était un inlassable défenseur des droits de l’Homme, partout en France et dans le monde. Militant de la Ligue des droits de l’Homme, il s’investit aussi dans le MRAP dont il est président délégué de 1996 à 1998 et président de 2001 à 2004. Il représente cette organisation à l’ONU dans la commission des droits de l’Homme.

Fidèle à l’amitié qui l’a lié à Maurice Montuclard, dont les ouvrages ont été mis à l’index par le Saint-Siège, conduisant ce dernier à quitter l’état ecclésiastique, il participe, en 1991, à un livre publiant des études posthumes inédites de cette personnalité intellectuelle et retraçant les étapes du développement de sa pensée.

Il a avec sa première femme, trois enfants. Il se remarie en octobre 1980 à Grenoble, avec Sylvie Françoise Truc, conservatrice de bibliothèque, avec laquelle il a deux autres enfants.

 

Sources

Jean-Jacques Kirkyacharian – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Alain Dalançon, Pierre Petremann