Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

La création du Parti communiste (SFIC) en décembre 1920, est réalisée sur la base de l’acceptation des « 21 conditions » imposées par la IIIe Internationale communiste [ 1 ]. L’objectif est de constituer des partis totalement en rupture avec le modèle social-démocrate. Les Partis communistes de par le monde, doivent être coordonnés par l’IC et dans chaque pays, doit s’installer un fonctionnement basé sur le «centralisme démocratique», avec un centre fort au niveau international et au niveau de chaque pays.

Les départs de 1921 à 1924

Bachelet Alexandre 1923
Brizon Pierre 1922
Challaye Félicien   1923
Faure Ferdinand  1923
Frossard L-O 1923
Gassi Henry-Paul  1923
Gélis Louis 1922
Julien Charles-André   1923
Juncker Maurice   1923
Lafont Ernest   1923
Louis Paul   1923
Lussy Charles   1923
Méric Victor Celestin 1923
Morizet André  1923
Oudin Justin  1923
Pioch Georges Jules 1923
TorrèsHenry   1923
Verfeuil Raoul Lamolinaire 1922

Le Parti communiste issu du Congrès de Tours n’est pas homogène ; plusieurs « courants » qui s’étaient exprimées lors de la préparation du congrès, perdurent.

Trois grandes orientations coexistent.

- Ceux qui sont des partisans convaincus de l’adhésion à l’IC, avec la mise en œuvre des 21 règles (la gauche).

- Ceux qui refusent la mise en œuvre des 21 règles et en particulier celle qui impose à chaque Parti communiste, d’appliquer les directives de l’IC (la droite).

- Ceux qui tout en acceptant l’affiliation à l’IC, demandent la possibilité d’adapter les consignes de l’IC au contexte local (le centre).

Sous la pression de l’IC, les Partis communistes doivent afficher leur volonté d’homogénéifier la ligne politique et d’épurer le parti de tous les adhérents qui ne sont pas totalement en accord avec les directives nationales.

Sur le plan politique, la nouvelle stratégie de l’IC décidée au IIIe Congrès (juin-juillet 1921) conduit le PCF à rechercher «l’unité la plus large du front prolétarien», dans le cadre du «front unique», et donc le rapprochement avec le Parti socialiste (SFIO).

Une fraction du PCF (SFIC) dite « centriste » refuse le front unique. En fait, l’objectif pour cette fraction, reste de réunir de façon organique les deux partis issus du Congrès de Tours. Et le front unique n’est pas la réponse attendue.

De plus, le IVe Congrès de l’IC (octobre 1922) énonce l’interdiction pour tout membre du Parti communiste d’être affilié à la franc-maçonnerie et à la Ligue des droits de l’homme.

L’IC demande de prendre toutes les mesures «pour que l'épuration du Parti de la franc-maçonnerie et la rupture de toute relation avec la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen soit effectuée sans faiblesse et sans omission avant le 1° janvier 1923.» [ 2 ]

Dès 1922, les premières dissidences apparaissent :

- D’abord avec la création, en décembre 1922, de l’Union fédérative des travailleurs socialistes (UFTS ou UFS). L’objectif affiché de cette nouvelle organisation est de parvenir au « regroupement politique et économique des forces révolutionnaires ». Elle recherche aussi la reconstitution d’une seule Internationale représentant l’ensemble des forces révolutionnaires.

Le point de rupture est l’exclusion en date du 19 octobre 1922, de Pierre Brizon, Henri Sellier, Raoul Verfeuil. D’autres dissidents rejoignent l’UFS : Oscar Bloch, Charles Auray, Ernest Lafont, Ferdinand Faure, Antoine Jouhannet

- Ensuite, en janvier 1923, c’est la création du Parti communiste unitaire (PCU), dirigé par L.O. Frossard (qui était jusqu’alors, le premier secrétaire du Parti communiste – SFIC). La raison première est  le refus de voir l’IC intervenir de façon croissante et autoritaire dans la vie du Parti communiste français. Et le corollaire, c’est le mode fonctionnement, de moins en moins collectif du parti, et de plus en plus subordonné aux décisions de l’IC. Et autre raison, c’est l’obligation pour les franc-maçon (c’est le cas de Frossard) de démissionner de la franc-maçonnerie.

Parmi des départs, on peut citer : André Morizet (sénateur et maire de Boulogne Billancourt), Alexandre Bachelet (sénateur), Ferdinand Faure (membre du Comité directeur - CD), Paul Louis (membre du CD), Ernest Lafont (membre du CD), Henry Torrès (avocat), Maurice Juncker (avocat), Victor Méric (journaliste), Félicien Challaye (professeur), Charles André Julien (professeur), Georges Pioch, …

Le 30 avril 1923, les deux organisations (Union fédérative des travailleurs socialistes et le Parti communiste unitaire) fusionnent dans l’Union socialiste-communiste

Les démissions et les exclusions liées à l’injonction de l’IC de quitter la Franc-maçonnerie et la Ligue des droits de l’homme : Louis Gélis (décembre 1922), L.O. Frossard (1er janvier 1923) ; Georges Pioch (janvier 1923), André Morizet (janvier 1923), Victor Méric (janvier 1923), …