Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Emmanuel Le Roy Ladurie (né aux Moutiers-en-Cinglais (Calvados) le 19 juillet 1929), fait ses études au collège Saint-Joseph de Caen, puis au lycée Henri-IV à Paris et au lycée Lakanal à Sceaux. Il entre ensuite à École normale supérieure.

Historien

Quitte le PCF en 1956

Son père est catholique social, et a été l’un des fondateurs du syndicalisme agricole. Il devient ministre du ravitaillement sous le régime de Vichy, entre avril et septembre 1942. En 1943, il entre dans la clandestinité et en 1944, fait partie du maquis de la forêt d’Orléans. Il est député du Calvados (1951 à 1955 et de 1958 à 1962).

En 1953, Le Roy Ladurie réussit l’agrégation d'histoire, et en 1966, présente sa thèse Les Paysans de Languedoc (dont il tire, plus tard, en 1975, Montaillou, village occitan, qui connaît un succès mondial).

Il est d'abord nommé professeur au lycée de garçons de Montpellier où il enseigne de 1955 à 1957. De 1958 à 1960, il est attaché de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ; de 1960 à 1963, il est assistant à la faculté de Lettres de Montpellier puis maître-assistant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de 1973 à 1999. Il occupe la chaire d'Histoire de la civilisation moderne au Collège de France. Il est membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

Disciple de Fernand Braudel, il est l’un des animateurs majeurs de l'école des Annales et devient, dans les années 1970, une figure emblématique de la Nouvelle Histoire. Il est un pionnier de l'analyse micro-historique.

Il est l’administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1987 à 1994, et prépare la création avec Dominique Jamet, de la Bibliothèque nationale de France.

Il adhère au  Parti communiste français, en 1949.

A l’Ecole Normale, il adhère à l’Union des étudiants communistes (UEC), et collabore à Clarté, le journal de l’UEC.

Membre de l’Union des Grandes Écoles (UGE), Le Roy Ladurie représente son école au bureau du SNES et à l’UNEF.

Il quitte le PCF, le 4 novembre 1956 à l’annonce de l’intervention soviétique en Hongrie : il restitue sa carte le jour même. Son épouse ne quitte le Parti communiste qu’en 1963, mais elle cesse de militer car elle est écartée des débats dans sa cellule des facultés.

Le Roy Ladurie a analysé et renié son engagement au sein du mouvement communiste dans deux ouvrages : Ouverture, société, pouvoir : de l’Édit de Nantes à la chute du communisme et Les grands procès politiques ou la pédagogie infernale.

Il entre à l’Union de la gauche socialiste (UGS) qui est créé à Montpellier, en janvier 1958. Il est délégué au congrès constitutif du PSU, le 3 avril 1960, par la fusion de l’UGS et du Parti socialiste autonome (PSA).

Il se tient à distance des événements de mai 1968 qui lui apparaissent « comme une régression sans précédent, avec leur mot d’ordre de destruction de l’Université.

En février 1979, il fait partie des 34 signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour démonter la rhétorique négationniste de Robert Faurisson.

Il évolue vers la droite libérale, et en 2012, soutient Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle.

Le Roy Ladurie considère le climat comme l’un des facteurs dominants de l’évolution des sociétés. Surtout avant 1860, car après cette date, l’homme aurait mieux maîtrisé certains effets négatifs. Son livre Histoire humaine et comparée du climat en Occident consacre Le Roy Ladurie comme l’historien référent des variations climatiques.

Il prend position sur la question du changement climatique aux côtés du GIEC.

Le Roy Ladurie se marie, en juillet 1955, avec Madeleine Pupponi, médecin (qu’il rencontre au 41e congrès de l’UNEF, en avril 1952, à Montpellier). Ils ont eu deux enfants, dont l'un, François, devenu médecin, s'est spécialisé dans les transplantations pulmonaires.

 

Sources

Emmanuel Le Roy Ladurie – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Hélène Chaubin

Emmanuel Le Roy Ladurie - Wikipédia

Publications

Le territoire de l’historien, 2 vol, Gallimard, 1973 et 1978.

Montaillou, village occitan, de 1294 à 1324, Gallimard, 1975.

Le siècle des Platter 1499-1628, tome I : Le mendiant et le professeur, Paris, Fayard, 1995, tome II : Le voyage de Thomas Platter, 1595-1599, Paris, Fayard, 2000, tome III : L’Europe de Thomas Platter, 1599-1600, Paris, Fayard, 2006.

Histoire des paysans français, de la Peste noire à la Révolution, Éd. du Seuil, 2002.

Les grands procès politiques ou la pédagogie infernale, éditions du Rocher, 2002.  

Ouverture, société, pouvoir : de l’édit de Nantes à la chute du communisme, Fayard, Paris, 2005.

Histoire de France des régions : la périphérie française, des origines à nos jours, Éd. du Seuil, 2005.

Histoire humaine et comparée du climat en Occident, tome I, 2004, tome II : Histoire du climat, 1740-1860, 2006, tome III : Histoire du climat, de 1860 à nos jours, le réchauffement, (avec le concours du météorologiste Guillaume Séchet), Fayard, Paris, 2009.

Honneurs

Membre de l'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut de France, 1993

Président de l'Académie, 2003

Foreign honorary member de l'Académie des sciences américaine, 1974

Membre honoraire de l'Académie japonaise des sciences, 2006

Grand officier de la Légion d'honneur, 2010

Commandeur de la Légion d'honneur, 1996

Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Docteur honoris causa : HEC Paris (1999) ; Université de Haïfa (1993) ; Université de Montréal (1993) ; Université de Dublin (1992) ; Université de Hull (1990) ; Université d'York (1986) ; Université du Michigan (1981) ; Université de Genève (1978)