Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Ludovic Oscar Frossard (né à Foussemagne (Territoire de Belfort) le 5 mars 1889, mort à Paris le 11 février 1946), fils d’un petit paysan exploitant, républicain radical, entre en 1905 à l’École normale d’instituteurs de Belfort.

Secrétaire général du PCF

Démissionne en 1923

Nommé instituteur à Petit-Croix (Territoire de Belfort), il collabore au Socialiste comtois.

Incorporé en 1910 au 21e bataillon de chasseurs à pied, il est nommé sous-lieutenant, mais cassé de son grade l’année suivante pour propagande antimilitariste, et c’est comme soldat de 2e classe qu’il est affecté au 133e régiment d’infanterie stationné à Belley (Ain).

Démobilisé, il est nommé dans une petite localité du Haut-Rhin. Peu après, il fonde la fédération socialiste du Haut-Rhin dont il est le secrétaire durant plusieurs années.

Révoqué pour avoir porté le drapeau rouge au cours d’une manifestation le 1er mai 1913, il se fixe à Belfort où il fonde Le Socialiste belfortain qui devient Germinal, organe de la fédération.

Candidat aux élections législatives dans la 1re circonscription de Belfort en avril 1914, il n’est pas élu.

Pendant la guerre, Frossard est, avec l’ensemble du Parti socialiste SFIO, partisan de la politique de défense nationale. Mais devant l’âpreté et la durée des combats, le Parti socialiste remet en cause la politique suivie depuis août 1914.

Lorsque le courant mené par Jean Longuet conquiert la majorité, Frossard est élu comme premier secrétaire de la SFIO, par le Congrès de Paris (6-10 octobre 1918).

Au Congrès de Strasbourg, en février 1920, la SFIO décide de rompre avec la IIe Internationale, mais deux courants coexistent :

- ceux qui souhaitent la « Reconstruction » d’une Internationale nouvelle de tous les partis socialistes ;

- ceux qui veulent l’adhésion directe à la IIIe Internationale.

Avec Marcel Cachin, Frossard est chargé par le Congrès de Strasbourg (février 1920) d’une «mission d’enquête et de négociations» à Moscou. Les deux délégués doivent se renseigner et envisager les moyens de rétablir l’unité socialiste internationale. Frossard appartient à la «droite de la Reconstruction», selon ses propres déclarations lors du Congrès de Tours. À Moscou, Cachin et Froissard reçoivent un accueil réservé alors qu’on y fête avec chaleur, une autre délégation du mouvement ouvrier français, le Comité de la IIIe Internationale conduit par Alfred Rosmer. Cependant, après avoir baigné dans l’atmosphère révolutionnaire qui secouent le pays, ils assistent, en observateurs et avec l’aval du Parti socialiste, au IIe congrès de l’Internationale communiste. Ils découvrent quelques-unes seulement des vingt et une conditions édictées pour l’adhésion à la IIIe Internationale [ 1 ]. Ils les admettent sans en évaluer tout le poids. Plus tard, dans son livre De Jaurès à Lénine, Frossard affirme avoir hésité et s’être laissé entraîner par Cachin. À son retour, il n’en plaide pas moins, avec ce dernier, pour l’adhésion à la IIIe Internationale. Position déterminante quand on sait que l’un était secrétaire général du Parti et l’autre, depuis octobre 1918, directeur de l’Humanité.

Au Congrès de Tours (25-29 décembre 1920), le mardi 28 décembre, dans l’après-midi, Frossard prononce, devant le Congrès, son grand discours. Discours habile et efficace. Sur le problème crucial des conditions mises à l’adhésion à la IIIe Internationnale, Frossard tourne la difficulté en présentant leur « examen » comme « une chose aisée » si on les considère non « comme autant d’obstacles dressés à plaisir sur la route de Moscou » mais comme « des moyens que nous propose l’Internationale communiste pour adapter notre parti aux conditions de la lutte révolutionnaire ». Et il ne craint pas de faire des réserves en refusant de «domestiquer le mouvement syndical» et en déniant à des «comités occultes» le droit de diriger le Parti.

Frossard est élu comme secrétaire général du nouveau Parti communiste (SFIC), le 4 janvier 1921, par la majorité issue du Congrès de Tours. Il est réélu secrétaire général lors du premier Congrès du Parti communiste (SFIC) à Marseille (décembre 1921).

Frossard, à plusieurs reprises, est invité à Moscou, en compagnie de Cachin. Il assiste à l’Exécutif élargi de l’Internationale, en juin 1922. Il se soumet à ses décisions malgré l’opposition du PCF (SDIC) à la tactique du «front unique». Mais, au second Congrès du PCF tenu à Paris (15-19 octobre 1922), Frossard refuse d’obtempérer aux ordres de l’Internationale communiste de s’unir à la gauche du parti (Doriot, Souvarine) contre la droite, et de donner à la gauche sa place dans la direction du Parti. Il l’emporte mais le conflit s’envenime avec Moscou qui demande au Parti français de rejeter les éléments non révolutionnaires. Il en fait partie, à l’évidence pour l’IC, qui l’accuse de molesse.

Le 1er janvier 1923, Frossard donne sa démission du secrétariat général du Parti. La raison première est  le refus de voir l’IC intervenir de façon croissante et autoritaire dans la vie du Parti communiste français. Et le corollaire, c’est le mode fonctionnement, de moins en moins collectif du parti, et de plus en plus subordonné aux décisions de l’IC. Et autre raison, non négligeable, c’est l’obligation pour les francs-maçons (c’est le cas de Frossard) de démissionner de la franc-maçonnerie [ 2 ].

Frossard rejoint les démissionnaires et les exclus du Parti communiste déjà regroupés dans le Parti social-communiste.

Au printemps de 1924, Frossard se présente aux élections législatives. Il est présent, sous l’étiquette « communiste », sur la liste du « Cartel des Gauches et des intérêts de la banlieue » menée, dans la 4e circonscription de la Seine, par Pierre Laval. Sur une moyenne de liste de 92 918 voix, il en rassemble 91 382 et n’est pas élu.

Il se rapproche du Parti socialiste -  SFIO, sans y adhérer, et le 5 décembre 1925, avec quelques-uns des chefs de file du Parti socialiste, il lance La Nouvelle Revue socialiste (qu’il codirige, avec Jean Longuet, jusqu’à la fin de 1930).

Il se présente aux élections législatives de 1928, sous l’étiquette du Parti Socialiste, dans la 2e circonscription de la Martinique. Il est élu député, au 1er tour de scrutin.

Servi par son éloquence, il se taille tout de suite une place en vue au sein du groupe parlementaire socialiste et à la tribune du parlement. Aux élections législatives de 1932, Frossard abandonne sa circonscription des Antilles pour la 1re circonscription de Lure (Haute-Saône), vacante en raison de la mauvaise santé du député socialiste sortant, Charles Cotin. Frossard enlève le siège. Cette même année 1932, il devient maire de la petite cité ouvrière de Ronchamp. Il devait le rester jusqu’en 1944.

Il est aussi élu au conseil général, en 1937.

Malgré ce qu'il appelle lui-même, ses « désaccords flagrants et publics » avec la majorité du parti, il en respecte la discipline et refuse d'entrer dans le second ministère Daladier, puis dans le ministère Doumergue et le ministère Flandin. Cependant, le 1er juin 1935, il accepte de faire partie du cabinet présidé par Fernand Bouisson, président de la Chambre, et doit alors quitter son parti, mais, comme il tient à le préciser, « sans chercher à entraîner personne ».

Il conserve son portefeuille sous la direction de Pierre Laval, jusqu’au 4 juin 1936.

C’est comme «socialiste indépendant» qu’il est réélu aux législatives de 1936, à Lure, au premier tour de scrutin.

Il retrouve des fonctions ministérielles dès janvier 1938 : ministre d'État, chargé des services de la Présidence du Conseil, du 4e cabinet Chautemps, puis ministre de l’Information du 2e cabinet Blum (mars-avril 1938) et enfin ministre des Travaux publics du 3e cabinet Daladier (avril - août 1938). Il démissionne alors pour protester contre le « virage à droite » du gouvernement sur les quarante heures

Frossard revendique à son actif, au ministère du Travail, les réformes des Assurances sociales et de la loi de 1898 sur les sociétés de secours mutuels, les décrets qui ont donné un statut à l’artisanat et l’abaissement de 55 à 50 ans de l’âge de la retraite pour les ouvriers mineurs.

Le 21 mars 1940, il reprend le ministère des travaux publics, dans le cabinet Paul Reynaud, et est maintenu en fonctions dans le gouvernement que forme Pétain en juin 1940, pour signer l'armistice. Frossard est également brièvement chargé des Transmissions, jusqu'au 27 juin 1940.

Le 10 juillet 1940, à l’Assemblée nationale qui se tient à Vichy, Frossard vote les pleins pouvoirs à Pétain.
Il est appelé à siéger au Conseil national de l’État français mais refuse le poste.

Il poursuit des activités de journaliste sous l'Occupation. Il écrit dans La Tribune de Saint-Étienne, et surtout crée Le Mot d'ordre, quotidien publié à Marseille, en zone libre, dans lequel il vante les bienfaits de la Révolution nationale, seule à même de réformer l'injustice de la société. À la fin de 1942, ses collaborateurs le dissuadent de saborder ce journal qui leur sert de couverture. Fidèle à ses amis, il intervient à plusieurs reprises auprès de Pierre Laval, en faveur d'Édouard Herriot et de Léon Blum

A la Libération, ses activités vichystes lui vaudront d'être inquiété, mais il sera acquitté. Toutefois, le jury d'honneur maintient, par une décision du 31 décembre 1945, l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de révision constitutionnelle.

Frossard est franc-maçon, membre de la loge "L'Internationale" du Grand-Orient de France.

Il est le père d'André Frossard, résistant, journaliste.

 

Sources

L-O Frossard – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier -  Justinien Raymond

L-O Frossard - Wikipédia

L-O Frossard - Assemblée Nationale

Responsabilités au PCF

Premier secrétaire : 4 janvier 1921 – 1er janvier 1923

Publications

De Jaurès à Lénine, Notes et Souvenirs d'un militant, 1930

Tâches nouvelles du socialisme, Les Presses modernes, 1935

Le désert au village, Gallimard, 1938

1939, année cruciale. Édition de "La Concorde", 1939

Du syndicat à la corporation, 1942.

 

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