Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Fils d’un employé de chemin de fer, aîné d’une famille de sept enfants, Jean Garchery (né à Nolay (Côte-D’or) le 1er janvier 1872, mort à Nice (Alpes-Maritimes) le 12 février 1957) adhère très jeune au Groupe d’études sociales de Dijon.

Député de Paris

Exclu en 1929

Arrive à Paris en 1903, et travaille comme employé de commerce. Il milite au sein de son syndicat et siége au conseil d’administration de la Fédération des employés. Il est administrateur de la coopérative de Bercy-Picpus vers 1909-1910.

Son rôle est également important dans le conseil d’administration du syndicat des voyageurs et représentants de commerce affilié à la Fédération CGT des employés.

Il adhère en 1905 au Parti socialiste (SFIO).

Garchery est mobilisé de 1914 à janvier 1919.

En novembre 1919, il est élu conseiller municipal de Paris. Il succède à Pierre Dormoy élu député. Garchery siége à l’Hôtel-de-Ville de Paris jusqu’en 1933.

Durand la préparation du Congrès de Tours en 1920, il est l’un des 204 signataires de la motion du Comité de la reconstruction de l’Internationale, publiée dans l’Humanité du 6 novembre 1920, sous le titre « Motion d’adhésion avec réserves à la IIIe Internationale ».

Il signe également la déclaration du Comité de la reconstruction (102 signataires) parue dans l’Humanité et Le Populaire du 16 décembre 1920. Il fait partie de la minorité au Congrès de Tours mais « par discipline », il suit la majorité du Parti et adhère au Parti communiste (SFIC). Garchery figure comme représentant du «Centre» sur la liste établie par le IVe congrès de l’Internationale communiste en décembre 1922.

Secrétaire adjoint puis secrétaire du groupe communiste à l’Hôtel-de-Ville de Paris, il entre au Comité directeur du Parti communiste au congrès de Marseille de décembre 1921. Il est réélu au congrès de Paris d’octobre 1922. Le 21 janvier 1923, la conférence nationale de Boulogne-sur-Seine le confirme au Comité directeur.

Au Congrès de Lyon (janvier 1924), il présente un rapport sur «le programme municipal». Il devient secrétaire de la commission électorale et siége plus tard au Bureau politique. Humbert-Droz, représentant de l’Internationale en France, envisage même de le faire entrer au secrétariat en affirmant à Zinoviev que «mieux vaudrait au secrétariat à la place de la double direction (Treint-Louis Sellier) du parti, un bon organisateur sans grande envergure politique, comme Garchery par exemple».

Aux élections législatives de mai 1924, il est élu député de Paris.

En 1924, le Bureau politique le nomme délégué du groupe parlementaire auprès du Comité directeur.

Aux élections municipales de mai 1925, il est réélu. Son adversaire socialiste SFIO, Pierre Dormoy, mène une vive campagne contre lui, l’accusant en particulier de cumul des mandats, pratique jusqu’alors combattue par les organisations ouvrières.

Son action et ses discours le font apparaître comme « un apôtre du communisme petits commerçants » et défenseur des locataires. Un rapport de police du 25 mars 1929 permet de comprendre son influence : Garchery dispose dans le quartier de Picpus d’une « forte situation électorale qu’il doit plus à lui-même qu’au PC. Très intelligent, très travailleur, il remplit entièrement ses fonctions de conseiller, et, comme il ne se montre point sectaire dans son quartier, il est devenu le conseil de beaucoup d’électeurs étrangers au PC.» Au conseil municipal, ses interventions portent  sur les loyers, les transports, le travail, le gaz, l’électricité.

Aux élections législatives d’avril 1928, il n’est pas réélu.

En 1929, aux élections municipales, Garchery est réélu dès le premier tour.

Quelques mois après ce succès, un conflit oppose la direction du PC à ses élus parisiens. Le 5 novembre 1929, sous le titre « La discipline du Parti et les élus », l’Humanité publie une déclaration du Bureau politique donnant comme tâche à la Conférence nationale de janvier, l’épuration de tous les éléments «opportunistes», «sociaux-démocrates», «confusionnistes» et le renforcement de la discipline à l’égard des élus. Jean Garchery proteste avec cinq des huit conseillers municipaux communistes de Paris (Louis Sellier, Charles Joly, Louis Castellaz, Camille Renault, Louis Gélis), par une lettre datée du 6 novembre 1929. Ils refusent de se rendre à la conférence des élus municipaux de la région parisienne convoquée le 10 novembre.

Exclus, le 24 novembre 1929, «les Six» réagissent avec force, en faisant placarder une affiche intitulée : «Les élus communistes de Paris au Prolétariat» : « Derrière le triple écran de la Révolution russe, de l’Humanité et de la répression, une équipe de gamins, d’ambitieux et de résignés, manœuvrent des ouvriers sincères, poussent à l’abîme le Parti qui devait porter historiquement l’espoir de libération révolutionnaire du prolétariat».

Garchery est cité (aux côtés de Léon Blum, Boncour, Frossard et Déat) par Louis Aragon (1897-1982) dans son poème, Front rouge, écrit après le retour d'URSS du poète en 1931 : «Feu sur les ours savants de la social-démocratie/ Feu feu j'entends passer/ la mort qui se jette sur Garchery Feu vous dis-je/».

Garchery et ses cinq camarades créent le Parti ouvrier paysan (POP) qui se situe entre «la SFIO glissant sur les positions politiques de la bourgeoisie radicale et la secte anarcho-communiste». Un septième conseiller municipal parisien, François Salom, les rallie bientôt et il ne reste plus que André Marty pour représenter le Parti communiste à l’Hôtel de ville. Fin décembre 1929, Garchery devient président du Parti ouvrier paysan (POP) dont Louis Sellier assure le secrétariat général.

L’année suivante, le POP fusionne avec le Parti socialiste communiste de Paul Louis pour former le Parti d’unité prolétarienne (PUP) qui regroupe un nombre important d’élus.

Après son exclusion du Parti communiste, Jean Garchery donne sa démission d’administrateur de la Banque ouvrière et paysanne dont il a entrepris la réorganisation. Ces problèmes précipitèrent la crise de la Banque qui ferme le 31 janvier 1930. Il quitte également la présidence de la Fédération sportive du travail.

Aux élections législatives de mai 1932, sous l’étiquette Parti d’unité prolétarienne (PUP), Garchery emporte le siège de député de Paris. À la Chambre, il préside le Groupe d’unité ouvrière.

Un an plus tard, il démissionne de son siège de conseiller municipal qui est gagné par son collaborateur Julien Taillard.

Aux élections législatives de mai 1936, Garchery, toujours candidat du PUP, est réélu.

A la chambre, il est très actif. Il a successivement appartenu à la commission d'assurance et de prévoyance sociales, à celle des finances, du suffrage universel, de législation civile et criminelle. Mais il se préoccupe tout particulièrement des droits des locataires, proposant des mesures contre leur expulsion, contre les hausses des loyers et contre les taudis. D'autre part, il dépose des propositions de loi pour accroître l'autonomie des communes, améliorer le statut des domestiques, permettre la réquisition des locaux inoccupés. Il demande un impôt pour combattre les plus-values foncières et un effort accru de l'Etat en faveur des vieillards. Rapporteur du budget de la Santé publique, il exige davantage de crédits pour la lutte contre la tuberculose.

À la fin de l’année 1936, avec la majorité du PUP, Garchery rejoint le Parti socialiste (SFIO).

À Vichy, le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En raison de ce vote, il est exclu du Parti socialiste, en novembre 1944.

Garchery écrit dans L'œuvre, quotidien du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, autre ancien député du PUP, qui paraît de septembre 1940 à août 1944.

Il participe aussi avec des personnalités comme René Château, le caricaturiste Moisan, Georges Lefranc, ou Georges Albertini à la publication Le Rouge et le Bleu qui s’intitule «Revue de la pensée socialiste française». Le Rouge et le Bleu publie 42 numéros entre novembre 1941 et août 1942. Garchery y signe des articles sur la démographie.

Garchery est l’un des fondateurs de l’éphémère «Vieux Parti socialiste SFIO». Avec plusieurs responsables socialistes engagés dans la collaboration, et notamment Paul Faure, Jean Garchery fait partie des dirigeants de la fédération de la Seine du Parti socialiste SFIO qui créent le Parti socialiste démocratique, en 1945. Le Parti socialiste démocratique sera une des composantes du Rassemblement des gauches républicaines (RGR).

Il se marie avec Lucie Grospierre. Après le décès de celle-ci, il se remarie le 27 mai 1919 à Paris avec Marthe Champougny, une couturière originaire de Meurthe-et-Moselle.

Sources

Jean Garchery – Dictionnaire biographie du mouvement ouvrier - Jean Maitron, Claude Pennetier, Justinien Raymond

Jean Garchery – Assemblée Nationale

Jean Garchery – Wikipedia

Mandats électifs

Conseiller municipal de Paris :

1919 – 1929 : Parti communiste

1929 – 1933 : Parti ouvrier paysan – Parti d’unité prolétarienne

Député de Paris

1924 – 1928 : Parti communiste

1932 – 1936 : Parti d’unité prolétarienne

1936 – 1937 : Parti d’unité prolétarienne

1937 -  1942 : Parti Socialiste SFIO