Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Jacques  Scheibling (né à Kuttolsheim (Bas-Rhin) le 20 octobre 1936), dernier né d’une fratrie de treize enfants, fréquente l’école élémentaire de Senozan (Saône-et-Loire), avant de faire toutes ses études secondaires au lycée Lamartine de Mâcon.

Membre BF Isère

Quitte le PCF en 86-89

Son père, d’une famille alsacienne, employé civil du Génie militaire, se marie en Suisse, avec Elvire Saucy, très catholique.

Après l’obtention de son bac en 1954, Jacques Scheibling suit des études de lettres à la Faculté de Lyon, tout en étant surveillant à Nantua (Ain).

Par opposition à son milieu familial, il abandonne progressivement la religion et se tourne vers le marxisme. En 1955, il adhère au Syndicat national de l’enseignement secondaire et au Parti communiste français.

Il participe aux mobilisations du Mouvement de la Paix et à la lutte contre la CED (Communauté européenne de défense) et surtout aux manifestations contre le départ du contingent en Algérie en 1956.

Scheibling épouse, en août 1957, Colette Groizellier, étudiante, fille d’instituteurs socialistes. Le couple se retrouve dans l’académie d’Amiens à la rentrée 1957, comme instituteurs remplaçants. En 1958, il réussit le concours de l’IPES (Institut préparatoire aux enseignements de second degré), ce qui lui permet d’avoir une bourse et de poursuivre ses études à la Faculté des Lettres de Lille. Inscrit en lettres modernes, puis en histoire, il termine sa licence d’Histoire-Géographie, option Géographie. Il est reçu au CAPES d’Histoire-Géographie et en 1963, il réussit l’agrégation de Géographie.

Au cours de cette période, il est secrétaire de l’Union des étudiants communistes de Lille.

Sursitaire, Scheibling effectue son service militaire en 1963-1964, à Lille, au 43e Régiment d’infanterie. Il refuse de préparer l’école des officiers de réserve et, après avoir subi les bataillons disciplinaires en tant que « présumé révolutionnaire », il est néanmoins promu caporal-chef.

Il est nommé professeur au lycée Champollion à Grenoble (Isère). Militant « Unité et Action » du SNES, il devient rapidement secrétaire du S1, puis secrétaire de la section départementale (S2) de l’Isère et un des animateurs de la commission pédagogique au bureau de la section académique (S3).

Il était proche de Jean-Jacques Kirkyacharian et de Jean-Marie Pousseur, tous deux sortant du moule chrétien, l’un protestant au départ et communiste, l’autre catholique pratiquant et socialiste.

En 1968, il entre au Comité fédéral de l’Isère et travaille dans la commission enseignement dont il devint le responsable. En 1971, il intègre le bureau fédéral et en demeure membre jusqu’en 1976.

Il dénonce l’utopie de « l’urbanisme du coude-à-coude » de la Villeneuve de Grenoble, alors en construction, lancé par le maire Hubert Dubedout (Groupes d’action municipale).

En 1976, Scheibling est nommé professeur en classes préparatoires littéraires au lycée Fénelon à Paris. Il y demeure jusqu’à sa prise de retraite en 1998, promu dans le corps des professeurs de chaire supérieure, à partir de 1985.

Collaborateur du Comité central, il est responsable du suivi des régions et membre de la section économique.

Dans la décennie 1970, le débat politique à gauche se cristallise sur le concept d’ « autogestion ». Alors que le PCF et la CGT ont été très critiques vis-à-vis de l’autogestion, celle du modèle yougoslave, et diverses formes cultivées après 1968 par la gauche non-communiste et la CFDT, le PCF se réapproprie la voie autogestionnaire de la construction du socialisme en France.

Avec son ami et camarade Félix Damette, membre du Comité central et géographe, et Jean Giard qu’il a connu en Isère, Scheibling contribue à l’élaboration d’une vision autogestionnaire, qui suit l’abandon de la dictature du prolétariat par le XXIIe Congrès de 1976.

En décembre 1979, dans L’École et la Nation, il précise ce que signifierait la transposition de la voie autogestionnaire dans le domaine de l’École. Il souligne qu’il n’y aura pas de doctrine officielle dans l’Éducation nationale, qu’il faut développer au contraire « une école laïque libre avec des enseignants libres ».

À partir du milieu des années 1980, Scheibling milite pour la reconstruction du PCF. Il prend part, en mai 1986, à la fondation de la revue M mensuel, marxisme, avec Gilbert Wassermann et Henri Lefebvre. Il s’engage ensuite dans le mouvement des Rénovateurs jusqu’aux élections européennes de 1989, puis cesse de militer politiquement.

Il devint co-directeur de la collection Carré de Géographie aux éditions Hachette, avec Dominique Borne, collection dans laquelle il écrit plusieurs ouvrages. Il participe aussi à la rédaction et à la direction de manuels scolaires aux éditions Nathan, à la fin des années 1990.

Il est membre des jurys de l’agrégation.

Dans Qu’est-ce que la géographie ? dont la première édition paraît en 1994, il propose une synthèse de sa réflexion sur l’«objet» Géographie. Ce livre lui vaut le prix Ptolémée au Festival international de géographie de Saint-Dié.

Avec sa première femme, il a deux enfants, nés en 1959 et en 1961.

Divorcé, il se remarie Rosette Spire, professeur certifiée d’anglais, ancienne secrétaire nationale du SNES (1979-1987), en août 1990

 

Sources

Jacques  Scheibling – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Alain Dalançon

Jacques Scheibling - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Membre du Comité et du Bureau fédéral de l’Isère : 1968 - 1976

Collaborateur du Comité central

Publications

Débats et combats sur la "crise" de la géographie, La Pensée, n° 194, août 1977.

Pour une stratégie autogestionnaire, Avec Félix Damette, entretien avec Gilbert Wassermann, Ed. sociales, 1979.

L’enjeu régional : une démarche autogestionnaire, Avec Jean Giard, Ed. sociales, 1981.

Le Bassin parisien : système productif et organisation urbaine, codirigé avec Félix Damette, pour le compte de la DATAR, Université de Paris I, Laboratoire Strates, la Documentation française, 1992.

Qu’est-ce que la géographie, Hachette, 1994, rééd. 2011.

Le territoire français, permanences et mutations, Avec Félix Damette, Hachette, coll. Carré Géographie, 1995, rééd. 1999, 2003.

Une industrie française ?, La Documentation française, 1999.

La Méditerranée, Avec Dominique Borne, Hachette Carré, 2002.

Honneurs

Prix Ptolémée au Festival international de géographie de Saint-Dié, en 1994