Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Fils d’un cheminot, Charles Auffray (né à Marly-le-Roi (Yvelines) le 20 décembre 1887, mort à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) le 11 septembre 1957) est apprenti puis ouvrier dans l’industrie privée, avant d’entrer, en 1911, à la Compagnie des chemins de fer de l’Etat, en qualité d’ajusteur mécanicien.

Député 

Exclu en 1929

Il adhère immédiatement à la CGT et entre au Parti socialiste en 1912 (ou 1918).

Au moment des grandes grèves de 1920, il siége à la commission exécutive du syndicat des cheminots et assure le secrétariat de la section des mécaniciens et chauffeurs du dépôt des Batignolles. Révoqué, il continue cependant son activité de syndicaliste cheminot, pendant plusieurs années. Il siége au conseil du syndicat unitaire des cheminots de Paris-Etat rive droite et représente le dépôt des Batignolles au congrès de la Grande-aux-Belles, en juillet 1925. Auffray travaille aussi dans des usines métallurgiques de Clichy et de Saint-Ouen (Il aurait aussi tenu un commerce de vins, entre 1923 et 1927, dans le XVIIe arrondissement de Paris).

Au Congrès de Tours (décembre 1920), Auffray suit la majorité et rallie le Parti communiste (SFIC).

Auffray est candidat sans succès, aux élections municipales partielles de 1921.

Pour les élections législatives du 11 mai 1924, le Parti communiste décide de présenter essentiellement des militants ouvriers et de donner les listes de candidats par ordre alphabétique, à l’exception des députés sortants placés en tête. Auffray se trouve ainsi second de la liste communiste de la première circonscription de la Seine, derrière Marcel Cachin. Il est l’un des trois élus de sa liste, aux côtés de Marcel Cachin et Raymond Baranton.

A l’Assemblée, il est membre de la commission du travail et s’intéresse particulièrement à la législation concernant les cheminots.

Auffray suit les cours de l’École de Bobigny, en 1924.

Auffray est élu conseiller municipal de Clichy le 10 mai 1925. Les communistes obtiennent la totalité des trente-deux sièges.

Le conseil municipal l’élit maire, le 17 mai 1925.

La préfecture considérant qu’il n’a pas de domicile légal dans la localité (il a seulement sous-loué, chez un camarade, une chambre qu’il n’habite pas régulièrement) annule son élection, le 29 mars 1926. Cette sanction semble avoir contribué à sa popularité. Les électeurs de Clichy confirment son élection, le 30 mai 1926.

Aux élections législatives de 1928, marquées par le retour au scrutin uninominal d’arrondissement, Auffray se présente dans les cantons de Clichy et Levallois-Perret. Il est en tête au premier tour avec 31% mais il est battu au second tour par le candidat socialiste Louis Rouquier.

Aux élections municipales de 1929, il est réélu dès le premier tour.

Le 26 mai 1929, au premier tour, il est élu conseiller général. Il appartient à la première commission des Immeubles départementaux.

À la fin de l’année 1929, Auffray entre en conflit, avec le Parti communiste. Pour éclairer cette crise il faut revenir quelques années en arrière. Le 25 octobre 1925, il avait été un des 250 signataires de la « Lettre au Comité exécutif de l’Internationale communiste » appelée lettre des 250 qui critiquait la direction du PCF. Les rédacteurs constatent : « nous sommes en pleine régression (...) après une année de « bolchevisation », et dénoncent « les mégalomanes du BP et du CC ». Après cette violente critique, Auffray accepte la politique de son parti et conserve des fonctions, d’ailleurs modestes en dehors de ses mandats électoraux. Ainsi, en août 1927, il est élu au Comité central de l’ARAC et, en 1928, il occupe la responsabilité de trésorier administrateur du journal l’Aube sociale.

Lors des élections municipales de mai 1929, la direction de la région parisienne lui impose Paul Négrin, employé à la Banque ouvrière et paysanne, comme adjoint. Celui-ci, partisan résolu de l’ultra-gauche, demande l’épuration complète de la municipalité et se heurte vivement au premier adjoint, Maurice Naile. Auffray prend prétexte du renvoi de Négrin de la Banque ouvrière et paysanne pour l’expulser de la mairie, avec l’approbation de la majorité du conseil municipal. En réaction, le 1er octobre 1929, le PCF prononce l’exclusion de Auffray et des membres de la municipalité. Le lendemain, Auffray prend acte de la rupture. Le Comité central attribue, cinq ans plus tard, la responsabilité de cette exclusion au « groupe Barbé-Celor » : «Ils précipitèrent l’exclusion d’Auffray, maire de Clichy et des six conseillers municipaux de Paris, sans tenir compte des intérêts du Parti et de la classe ouvrière».

Auffray riposte en créant un journal, Le Prolétaire de Clichy. Mais surtout, les exclus du Parti communiste fondent, le 22 décembre 1929 à Clichy, le Parti ouvrier-paysan (POP). Auffray signe la déclaration initiale avec vingt-six autres militants : Jean Garchery, Louis Sellier, Altmayer, Arrighi, Bourlois, Capel, Castellaz, Chasseigne, Crespin, Delhomme, Dousset, Dunois, Dupire, Duteil, Faure, Gehin, Gélis, Gourdon, Guerbois, Joly, Legay, Naile, Camille-Renault, Robert, Jay et Vaquette. Le POP fusionne avec l’Union socialiste communiste (USC) le 21 décembre 1930, pour donner naissance au Parti d’unité prolétarienne (PUP) qui élit Auffray à son Comité central.

En juin 1930, les sections clichoises du SRI et de l’ARAC excluent Auffray de leurs rangs.

Le maire de Clichy reconquiert le siège de député aux élections des 1932. Il participe aux commissions des Travaux publics (1932), des comptes définitifs et des économies (1934), de l’Armée (1935), dépose plusieurs propositions de loi tendant à améliorer le régime des assurances sociales des malades et des chômeurs (1933).

Ne voulant pas cumuler les mandats, il ne se représente pas aux élections du conseil général en mai 1935, mais soutient la candidature de son adjoint, Maurice Naile.

Aux élections municipales du 5 mai 1935, la liste de Auffray, sous l’étiquette PUP, se place en tête devant la droite, le Parti communiste et la SFIO. Les socialistes et les communistes se désistent en faveur de l’équipe de Auffray qui est élue.

Aux élections législatives du 26 avril 1936, Auffray, sous l’étiquette PUP, est devancé par le candidat communiste, Maurice Honel. Le maire de Clichy respecte la discipline du Front populaire dont il a bénéficié aux municipales, et se désiste en faveur de Honel qui est élu.

A noter que le Parti communiste aurait suggéré que si Auffray entrait au Parti, il n’aurait pas de concurrent communiste à la députation (Maurice Thorez avait même salué le «travail prolétarien en socialiste» d’Auffray).

Après les élections législatives, Auffray rallie le Parti socialiste SFIO, avec la majorité des membre du PUP, 30 octobre 1936. En même temps, son premier adjoint Maurice Naile rejoint le Parti communiste.

Son mandat de maire est perturbé par les incidents meurtriers de Clichy, le 16 mars 1937 (la police ouvre le feu contre les manifestants ; le bilan est de six morts et de 300 blessés du côté des manifestants).

Il reste maire de Clichy jusqu’à sa destitution en 1941.

À la Libération, il demande sa réintégration dans la municipalité provisoire mais le Comité local de libération l’évince pour avoir accepté un poste au Secours national et pour avoir fait placarder dans la ville une affiche dénonçant la diffusion de tracts clandestins.

Employé au Centre d’entraide française de Clichy après la Libération, il fait reparaître le Prolétaire de Clichy comme journal d’informations locales et municipales du Parti socialiste SFIO.

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1949.

Il se marie, en 1911, à Marly-le-Roi, avec Jeanne Mehaute, repasseuse. Leur fils, René, est maire adjoint de la Clichy dans les années cinquante.

Sources

Charles Auffray – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Jean Maitron, Claude Pennetier

Charles Auffray - Wikipédia

Mandats électifs

Député :

1924 – 1928 : Parti communiste

1932 – 1936 : Parti d’unité prolétarienne

Maire de Clichy :

1925 – 1935 : Parti communiste

1935 - 1941 : Parti d’unité prolétarienne

Conseiller général :

1929 – 1935 : Parti communiste

Honneurs

Chevalier de la Légion d’honneur. 1949.