Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Paul Loubradou (né à Cahors (Lot) le 8 octobre 1883, mort à Toulon (Alpes-Maritimes) le 7 mars 1961), fils d’un employé des chemins de fer de l’État, fait ses études en théologie au séminaire Saint-Vincent-de-Paul, près de Dax. Une vocation religieuse qui est toutefois interrompue après un désaccord avec le directeur du séminaire.

DéputéDépart en 1939

En 1903, il décide de s'engager en tant que volontaire dans l'armée coloniale. Après plusieurs séjours en Afrique, sa carrière militaire s'interrompt : il est atteint du paludisme.

Loubradou est un peintre autodidacte de talent. Il peint depuis toujours des tableaux, peintures murales, décorations d’intérieur. Il excelle dans les compositions à la manière de Boucher, Hubert-Robert, Rembrandt, Poussin, Watteau. Il produit et vend beaucoup, à travers ses réseaux : marchands à la grosse clientèle, en Hollande et aux Etats-Unis. Après quelques années passées dans la région toulonnaise et sur la Côte d’Azur, le couple part à l'aventure pour l'Amérique du Sud. Une époque heureuse où l'artiste gagne aisément sa vie en faisant des toiles pour les riches propriétaires chiliens. A Buenos-Aires en 1911 et connaît du succès avec un style "Renaissance italienne".

Mais en septembre 1914, la guerre l'oblige à regagner l'Europe. Caporal au 308e de ligne, il est gazé et son paludisme le fait atrocement souffrir. Démobilisé, son état de santé est très préoccupant.

Il est affecté à la Poudrerie de Bergerac (Dordogne) qui compte 12 000 salariés. Syndicaliste et antimilitariste, il y organise la CGT et entretient une certaine agitation aux côtés d’Henri Barthe. Membre du Parti socialiste avant la guerre, il est le secrétaire de la section de Bergerac en 1918. Licencié pour ses activités, il lance un journal, Justice, qui devient plus tard l'organe officiel du parti communiste de la Dordogne.

Il suit la majorité au Congrès de Tours (1920) et adhère au Parti communiste (SFIC). Secrétaire du syndicat des Wagons-lits en 1920, il est alors révoqué pour avoir transmis l’ordre de grève du syndicat. Poursuivi, il se réfugie un temps en Espagne et pour subsister, il reprend son travail d'artiste, avec succès. Candidat à un projet de décoration du casino de Saint-Sébastien, son projet est retenu. Un travail que le roi Alphonse XIII de Bourbon appréciera particulièrement.

Il est de retour en France, en 1923. Pacifiste convaincu, il prend position contre la guerre du Rif en 1925.

Loubradou fonde une société coopérative qui aide les nécessiteux. Un engagement qui n’est pas du goût de la direction du PCF durant la période de bolchevisation du Parti communiste où la ligne politique dite "classe contre classe", n'est guère en phase avec l'idéal de Loubradou. Élu conseiller municipal de Bergerac, en 1928, il en démissionne quelques semaines après. Son journal Justice disparaît en 1933,

Las des querelles idéologiques, l'artiste reprend le large en voyageant en Allemagne, au Danemark et en Suède. Il s'installe finalement à nouveau sur la Côte d'Azur où son engagement politique semble définitivement derrière lui.

Avec le changement de ligne au sein du PCF, avec le Front populaire, il revient en politique. Le PCF, en Dordogne, a besoin d'une personnalité capable d'emporter les élections et le sollicite. Loubradou accepte et devient candidat aux législatives de Bergerac. Il est élu.

A l’Assemblée, il intervient notamment sur les conditions d'embauchage des ouvriers de la poudrerie nationale de Bergerac. Sans oublier son activité artistique : il soutient, au cours du débat sur les Beaux-arts, un amendement sur les musées de province.

Paul Loubradou n’accepte pas la signature du Pacte germano-soviétique et rompt avec le PCF, le 26 août 1939. Et il expose les motifs de ce départ dans une lettre publiée dans le journal La France du 30 août 1939 : « Staline se réfugie dans le dédale souterrain des finasseries diplomatiques, provoquant ainsi, parmi les masses, le plus inimaginable et le plus dangereux désarroi que le monde ait connu. … pour l'immédiat, deux constations s'imposent :

1 - le pacte germano-soviétique constitue un terrible encouragement à l'agression;

2 - il a fallu à Hitler cinq années d'efforts et de sauvagerie pour écraser le communisme - et la liberté - en Allemagne, en Autriche... en Tchécoslovaquie; il n'aura fallu que cinq jours à Staline pour l'écraser en France … J'ai pris la grave détermination de démissionner du parti communiste français parce que les dirigeants de ce parti ont spontanément approuvé, avec une incroyable légèreté de lien et de fond, un acte que je réprouve de toute mes forces ! J'ai pensé aux millions d'êtres humains qui ont roulé dans le malheur, la servitude ou la mort, souvent héroïquement, pour avoir voulu résister à la barbarie fasciste !»

Le 8 décembre, il crée le groupe de l’Union populaire française (UPF), avec quatre députés communistes : René Nicod, président du groupe, Marcel Capron, secrétaire du groupe, Marcel Brout et Jules Fourrier.

Il ne participe pas au scrutin qui approuve la résolution constatant la déchéance des députés communistes et ne prend pas part au vote qui accorde le 10 juillet 1940, à Vichy, les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

En septembre 1941, son nom figure au bas de la lettre « Aux ouvriers communistes » publiée à l’instigation de Marcel Gitton qui le revendique, à son insu, comme membre du Parti ouvrier et paysan français (POPF). Marcel Capron fait de même pour la deuxième « Lettre ouverte » aux ouvriers communistes éditée au printemps 1942.

Paul Loubradou se retire de la vie politique et passe la guerre à Antibes. Il écrit en août 1944 : « Si en 1939 le PCF avait affiché sur les murs de France un manifeste inspiré de l’esprit qui a dicté celui que nous lisons aujourd’hui, je n’aurais jamais quitté le parti. Et pour cause !

Sources

Paul Loubradou – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Jean Maitron

Paul Loubradou - Wikipedia

Paul Loubradou – Assemblée Nationale

Mandats électifs

Député :

1936 - 1942 : Parti communiste

1940 - 1942 : Union populaire française

Publications

Le Cahier de Jean Lascar 1914-1918, Éd. Victor Thomas, 1934.