Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Charles Fiterman est né le 28 décembre 1933 à Saint-Étienne dans la Loire.

Secrétaire du BP

Départ en 1998

Ses parents sont des Juifs polonais qui exercent le métier de marchands forains. Son père,  s’est engagé volontaire en 1939 et a tout tenté pour faire échapper sa famille à la répression antisémite. Il est déporté en 1945 à Auschwitz et meurt dans ce camp de concentration. Pendant l'Occupation, le jeune Charles est placé dans une famille de paysans du Velay, à Marlhes (haute Loire). C’est dans ce lieu et auprès de ses hébergeurs qu’il apprend, en écoutant Radio Londres, la victoire de l’armée rouge à Stalingrad. Il comprend ainsi que les nazis ne sont pas invincibles et que la guerre peut être gagnée par les forces de libération.

Au cours de son parcours scolaire, pendant lequel il est un très bon élève, il suit une formation d’électricien qui se conclut par un CAP. Il aurait bien voulu suivre ses études dans un lycée, pour ensuite s’orienter vers des études de physique, mais sa mère a encore besoin de son aide, travaillant sur les marchés.

Après la guerre, il fréquente un cout moment le milieu juif religieux. Il trouve ensuite sa voie dans l’amicale laïque et dans les cercles ouvriers. C’est dans cette péode qu’il lit les écrits de Marx et d’Engels.

Ses premiers pas dans le monde du travail l’amènent à découvrir la solidarité ouvrière et la combinaison du savoir théorique et du savoir-faire pratique. Il occupe divers petits emplois, jusqu’à son départ pour le service militaire qui durera trente mois, du fait de la guerre d’Algérie, dont il sera exempté de s’y rendre, car il est soutien de famille. En mai 1953, il épouse à Saint-Etienne, Jeannine Poinas, une militante communiste, qui entre au bureau national de l’Union des Jeunes Filles de France en 1957.

Charles Fiterman participe à l’école centrale de la jeunesse en octobre 1953. Il se fait remarquer par son esprit vif, par son expérience du travail de masse dans la jeunesse, par son dynamisme, par son intelligence et son dévouement, bref, par ses capacités de développement qu’il développe. En décembre 1953, il est élu membre du comité fédéral du PCF de la Loire. Deux évènements majeurs le marquent en 1956 : le XXème congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique, et le vote des députés communistes en faveur des pleins pouvoirs donnés au gouvernement de Guy Mollet. Sa fédération, voyant en ce camarade un futur cadre du parti, l’envoie suivre un stage d’éducateur national en 1957.

Après avoir milité dans le syndicat CGT de son entreprise, Schneider, dont il occupe les fonctions d’ouvrier électricien P2, il est appelé par son parti pour prendre la direction adjointe de son école centrale en 1962. C’est la reconnaissance de ses qualités intellectuelles et politiques qui lui permettent d’entrer dans l’appareil du PCF.

En 1964, il quitte sa région pour s’installer dans la banlieue sud de Paris. Il s’intègre dans la direction fédérale de Seine-Sud et fait la connaissance de Georges Marchais. En 1965, Gaston Plissonnier lui propose de devenir le secrétaire de Waldeck Rochet, secrétaire général du Parti, qu’il accepte. C’est un poste important qu’il occupe avec passion, plaisir et énergie. Il se trouve aux premières loges pour suivre l’évolution de la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de décembre 1965. Sa tâche s’avère difficile et éprouvante en 1968. Waldeck Rochet est déjà fatigué, malade et miné par les menaces qui pèsent sur le printemps de Prague et les évènements de mai-juin, qu’il traverse « sans en avoir une compréhension rapide et exacte ».

Le secrétaire général du PCF sombre dans la maladie après l’intervention des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie. Il charge en octobre 1969, Charles Fiterman de rédiger et de lire, « avec une infinie tristesse »,  devant le comité central, une intervention dans laquelle il annonce son retrait  et son renoncement à la fonction de secrétaire général.

Lorsque Georges Marchais succède à Waldeck Rochet, il demande à Charles Fiterman d’occuper le même poste auprès de lui, dans la négociation du Programme commun de la gauche. C’est aussi la période où il aide le secrétaire général dans la rédaction de son livre « le défi démocratique ».

Déjà membre du comité central depuis le XXe congrès (février 1972), Charles Fiterman voit son rôle officiel reconnu par son entrée au bureau politique lors du XXIIe congrès, en février 1976. Il est responsable, avec Pierre Juquin, du secteur propagande et communication, ainsi que de la section économique, des élus locaux et de la liaison avec les autres partis de gauche. De plus, il intègre le secrétariat, passant du rôle de conseiller et d’exécutant à celui de dirigeant à part entière.

A partir de cette période, parallèlement à ses responsabilités nationales au sein du PCF, il se porte candidat à diverses élections. Il est ainsi élu conseiller général de Villejuif en 1973, puis député de la deuxième circonscription de Choisy-le-Roi en 1981.

C’est à partir de 1978 que s’ouvre chez Charles Fiterman une forte tension personnelle, qui se poursuit jusqu’en 1994, date à laquelle il quitte la direction du PCF. Il perçoit, avec le départ d’une vague successive de contestataires, Henri Fiszbin Pierre Juquin, Claude Poperen,…l’effondrement d’un système.

A l’élection présidentielle de 1981, alors que Georges Marchais, candidat du PCF recueille 15% des voix, François Mitterrand est élu Président de la République. Charles Fiterman est nommé dans le gouvernement de Pierre Mauroy, ministre d’Etat, ministre des transports, avec ses amis Jack Ralite, ministre de la santé, Marcel Rigout, ministre de la formation professionnelle et Anicet Le Pors, ministre de la fonction publique.

Son  passage au pouvoir le transforme sans doute. Il en tire un bilan positif mais n’est pas mécontent de cesser de faire le grand écart entre le parti et le gouvernement lorsque Georges Marchais et Laurent Fabius mettent fin à la participation du PCF à celui-ci en juillet 1984. Un mauvais climat l’attend au parti. L’échec aux élections européennes montre clairement que le PCF entre dans une phase de déclin, ce que la direction refuse d’admettre. Une opposition se manifeste au comité central (premier rapport de Claude Poperen*) et dans plusieurs fédérations.

Au fil des années qui vont suivre, il vit une forme d’exil intérieur. Il ne manque pas d’alerter, dans une note qui restera lettre morte, ses camarades sur le déclin du Parti, et sur sa vision de son positionnement futur, dans le cadre d’une vaste rénovation. En 1989, il rédige un texte refondateur qu’il ne peut porter lui-même,  car un grave accident de voiture l’en empêche. Au 27ème congrès du PCF, le 19 décembre 1990, à Saint-Ouen, il déclare, en référence aux changements dans les pays de l’Est : « Le monde change. Cette période nouvelle qui s’est ouverte est porteuse à la fois de chances lumineuses pour l’humanité et de dangers mortels. »

En 1993, il appelle à la convocation d’Assises du communisme pour créer un nouveau parti de transformation sociale. Au XXVIIIe congrès (janvier 1994) il annonçe son intention de ne pas être reconduit dans les organismes de direction et fait une dernière intervention, « la plus pénible de ma vie », dira-t-il.

À l’extérieur du parti, il crée un Forum des alternatives européennes (FAE) puis rallie le Parti socialiste en 1998.

Il soutient le « oui » au référendum de 2005, et la motion Ségolène Royal en 2008.

En Décembre 2017, il quitte le Parti socialiste car il ne voit plus dans "ce parti de forces capables de l’arracher à son effondrement idéologique, à sa sclérose organisationnelle."

Devenu maire de Tavernes, le village provençal qui l’a « adopté », il produit un travail autobiographique et de réflexion qui parait en 2005[1].

[1]  Profession de foi. Pour l’honneur de la politique ; Editions le Seuil (2005)

 

Sources

Charles Fiterman - Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Claude Pennetier

Charles Fiterman - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Membre du Comité central : 1972 - 1994

Membre et Secrétaire du Bureau politique

Mandats électifs

Conseiller général : 1973 à 1979

Député : 1978 - 1981 (Val-de-Marne) ; 1986 à 1988 (Rhône)

Conseiller régional Rhône-Alpes : 1986 à 1993

Maire de Tavernes (Var) : 1989 à 2001

Publications

Profession de foi. Pour l’honneur de la politique, Le Seuil, 2005.