Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Fils d’un monteur en bronze militant syndicaliste et d’une corsetière, Charles Rigaud (né à Paris le 11 novembre 1897, mort à Foix (Ariège) le 31 octobre 1972) travaille en usine, dès l’âge de treize ans.

Maire Vitry / Seine

Départ en 1939

Il adhère en 1912, aux Jeunesses socialistes.

Mobilisé en 1916, il fait la guerre comme soldat de 2e classe, blessé à deux reprises. En 1917, il est condamné à une peine de trois mois de prison infligée par un conseil de guerre, pour refus d’obéissance.

Après sa démobilisation, en novembre 1919, il rejoint sa famille qui s’est fixée à Vitry-sur-Seine (Val de Marne). Dans cette ville, il milite au Parti socialiste (SFIO) et, favorable à la IIIe Internationale, rallie le Parti communiste (SFIC), après le Congrès de Tours, en décembre 1920.

Charles Rigaud est l’un des principaux dirigeants de la section Ivry et Vitry. Il milite également à l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie dont il est le délégué au congrès qui se tient en juillet 1925.

Le 10 mai 1925, il est élu au conseil municipal de Vitry-sur-Seine, sur la liste communiste conduite par Pierre Périé.

Réélu lors des élections municipales du 12 mai 1929, il devient quelques jours plus tard, premier adjoint. Et en octobre, il remplace le maire, Pierre Périé, démissionnaire, que la direction du PC écarte à cause de sa profession de pharmacien, jugée peu propice à la direction d’une municipalité ouvrière. Rigaud ne peut exercer sa fonction à plein temps qu’à partir de 1930, lorsque son employeur, l’hospice de l’Assistance publique d’Issy-les-Moulineaux, lui octroie un congé illimité.

En 1934, Rigaud est élu au conseil général de la Seine. Il siège dans les commissions de l’assistance aux malades-protection, de l’enfance-hygiène sociale et du contrôle technique des travaux.

Après les élections municipales de mai 1935, il conserve son fauteuil de maire. Il est de même élu conseiller général.

Rigaud participe activement, en tant que membre de l’Union amicale des maires, aux campagnes de Maurice Thorez pour les élections législatives de 1932 et 1936.

Après la signature du Pacte germano-soviétique, Rigaud rompt avec le PCF. Il adresse deux lettres, le 6 décembre 1939, au président du conseil général de la Seine et le 9 janvier 1940, au préfet de la Seine pour annoncer qu’il se désolidarise «entièrement de la politique suivie par l’ex-parti communiste (...) Je pense que la politique suivie par les dirigeants de l’Union soviétique depuis le mois d’août 1939, ne correspond, ni à l’intérêt de notre pays, ni à celui de la classe ouvrière internationale».

Le 12 juin 1940, Rigaud est interné administrativement en zone libre, au camp de Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne), d’où il est libéré le 1er mai 1941 puis astreint à résider à Châteauroux (Indre). Autorisé à revenir en région parisienne, il prend contact avec Marcel Capron, secrétaire général du Parti ouvrier et paysan français (POPF). Rigaud a probablement signé la seconde « Lettre ouverte adressée aux ouvriers communistes ». Il est membre du Comité central du POPF.

Après son retour à Vitry, en janvier 1942, les communistes le dénoncent comme traître.

À la Libération, le 7 avril 1948, la Chambre civique de la Seine le condamne à cinq ans d’indignité nationale.

Il épouse Maria Plaignard, une infirmière syndiquée à la CGTU, membre de l’Union fraternelle des femmes contre la guerre et du Secours rouge international.

Sources

Charles Rigaud – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

Mandats électifs

Maire de Vittry-sur-Seine : 1929 - 1939

Conseiller général de la Seine : 1934 - 1939