Les ex-PCF

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 Fils d’un OS dans la métallurgie, sans engagement politique, André Sainjon (né le 23 juillet 1943) passe son enfance et sa jeunesse à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où il effectue sa scolarité chez les Frères des écoles chrétiennes. Après l’obtention du certificat d’études primaires, il entre immédiatement dans la vie professionnelle, comme télégraphiste aux PTT.

Membre du Comité central

Départ en 1989

À dix-sept ans, il se réoriente vers le secteur de la métallurgie. Il obtint un CAP de tourneur dans le cadre de la formation professionnelle pour adultes et entre comme OP1 chez Hotchkiss, à Saint-Denis.

À son retour du service miltaire, la direction de l’usine refuse son passage au statut d’OP2 qui lui avait été promis lors de son embauche. Il obtient finalement gain de cause grâce à l’intervention du délégué CGT de son atelier. André Sainjon adhère alors à la CGT (en novembre 1964). À peine quelques mois plus tard, dès le début de l’année 1965, il est désigné comme responsable des jeunes syndiqués. Au cours de l’été 1965, il se rend en RDA, dans le cadre de vacances organisées par la CGT et, à son retour, il adhère au Parti communiste, en septembre 1965.

André Sainjon accède très rapidement à de nouvelles responsabilités. Dès 1966, il devient secrétaire du syndicat CGT chez Hotchkiss, intégrant également le bureau du syndicat des Métaux de Saint-Denis et la commission exécutive de la Fédération des travailleurs de la Métallurgie (FTM-CGT). Il suit les stages élémentaire (1965) et moyen (1966) de la CGT. Dans le même temps, il est élu au comité de la section PCF Saint-Denis-Pleyel et suit une école de section (1965) et une école fédérale (janvier 1967) du PCF.

Dès septembre 1967, à l’âge de vingt-quatre ans, André Sainjon devient permanent de la Fédération de la Métallurgie, en charge des jeunes. Après le mouvement de mai-juin 1968, la confédération CGT, sous l’impulsion de Georges Séguy, souhaite renforcer son action en direction des jeunes, avec la création du Centre confédéral de la jeunesse (CCJ-CGT). André Sainjon est nommé responsable, aux côtés de Jean-Luc Destrem. Il intègre à ce titre la commission exécutive confédérale de la CGT, en novembre 1969. Au cours de cette période, il suit les cours de l’école centrale d’un mois du PCF, en février 1969, et de l’école de quatre mois, de septembre 1971 à janvier 1972

André Sainjon quitte le CCJ-CGT en 1974, date à laquelle son activité se concentre à nouveau sur la Fédération de la Métallurgie, cette fois comme membre du bureau fédéral. La perspective était alors celle du remplacement de Jean Breteau, secrétaire général depuis 1951. Âgé de trente-trois ans, André Sainjon est élu secrétaire général de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie à l’occasion de son XXIXe congrès, en novembre 1976.

En 1979, il intègre le Comité central du PCF. Cette promotion rétablit une situation de double appartenance aux organes dirigeants de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie et du PCF, qui avait déjà été la position de Jean Breteau jusqu’au milieu des années 1960, mais qui n’était plus en vigueur depuis le début des années 1970.

André Sainjon est reconduit au poste de secrétaire général de la FTM-CGT lors des trois congrès suivants. La période fut à la fois marquée par la victoire de la gauche en 1981, source de contradictions croissantes pour la CGT et le PCF, et par l’approfondissement de la crise sociale et économique, qui affectait tout particulièrement le secteur de la métallurgie. André Sainjon participe aux critiques énoncées par la CGT, surtout après la constitution du gouvernement Fabius, lorsque d’importants mouvements se développent à Renault-Le Mans, à Citroën-Aulnay et à Creusot-Loire, à l’automne 1984. Il se démarque progressivement de mobilisations jugées minoritaires, émaillées par des affrontements violents, comme à la SKF à Ivry, en juin 1985. De fortes tensions travaillent alors les différents secteurs de la CGT et du Parti communiste, particulièrement dans le secteur de l’automobile, autour de l’affaire des « dix de Billancourt » en 1986, ou lors des grèves chez Peugeot, qui mettent en lumière les divergences d’analyse entre la fédération communiste du Doubs et la direction du PCF. De plus, en quelques années, la Fédération de la Métallurgie a connu une véritable hémorragie de ses adhérents, passés de 250 000 à 150 000 entre 1981 et 1985.

Lors du XXXIIe congrès de la FTM-CGT (Marseille, novembre 1986), André Sainjon conserve le poste de secrétaire général, avec le soutien d’Henri Krasucki, qui vient défendre le bilan de la direction sortante devant les délégués. Toutefois, sa position est désormais fragilisée voire marginalisée par l’intégration de nouveaux dirigeants, notamment Jean-Louis Fournier, responsable du syndicat Renault, et Jean Desmaison. En septembre 1988, alors que s’amorce une restructuration de l’appareil permanent de la fédération, André Sainjon démissionne de son poste de secrétaire général. Au sein du Parti communiste, il ne souhaite pas prendre part aux courants qui émergeaient alors, bien qu’il compte des amis parmi les «reconstructeurs». En janvier 1989, il démissionne du comité central et ne reprend pas sa carte du PCF («décision mûrement réfléchie » après plusieurs années de tensions).

André Sainjon entame alors une reconversion politique et professionnelle qui, par sa rapidité, lui attire les critiques parfois virulentes de ses anciens camarades. Ayant quitté ses responsabilités syndicales, il fait partie, avec d’autres anciens cadres de la CGT, des fondateurs de l’Institut de recherches et d’initiatives sociales européennes (IRISE), dont il devient président du conseil scientifique.

En avril 1989, il intègre la liste du Parti socialiste aux élections européennes, conduite par Laurent Fabius et devient député européen en juin suivant. Cinq ans plus tard, il se présente à nouveau, cette fois sur la liste conduite par Bernard Tapie au nom du Mouvement des radicaux de gauche (MRG) et est réélu. Pour ce second mandat, il intègre la commission des Relations économiques extérieures. En 1995, il se lance dans la campagne des élections municipales à Clichy-sous-Bois, au nom du MRG, mais il est éliminé au premier tour, avec moins de 8 % des voix. Lorsque le MRG se transforme en Parti des radicaux de gauche (PRG), il en devient l’un des vice-présidents, fonction qu’il conserve jusqu’en 2000, puis qu’il occupe à nouveau de 2005 à 2013, avant de siéger au bureau national du parti. En 1999, au terme de son second mandat au Parlement européen, il ne se représente pas.

En 2000, sur proposition de Laurent Fabius, ministre des Finances, André Sainjon est désigné PDG de la Société nationale d’électricité et de thermique (SNET), entreprise publique, filiale des Charbonnages de France. L’objectif explicitement assigné par le gouvernement est de mener à bien l’ouverture du capital et ainsi d’opérer la première privatisation consécutive à l’adoption, en 1999, de la directive européenne sur la libéralisation du secteur de l’énergie. Au cours de l’année 2003, la SNET est rachetée par l’opérateur électrique espagnol ENDESA. Déchargé de son poste de PDG, André Sainjon reste président du conseil de surveillance (2003-2005) puis du conseil d’administration d’ENDESA-France jusqu’en 2009. Il est également délégué général auprès de Charbonnages de France, chargé de l’électricité et des questions internationales.

Sources

André Sainjon - Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier. Paul Boulland

André Sainjon - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Membre du comité central : 1976-1988