Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Fils d’un tisseur et d’une fileuse, Henri Jacob (né à Troyes (Aube) le 19 mars 1896, mort à Vincelles (Yonne) le 19 juillet 1976) entre à l’âge de douze ans, comme ouvrier bonnetier dans une usine de Troyes.

Membre Comité central

Départ en 1932

Il adhère aux Jeunesses socialistes alors qu’il n’a pas encore quatorze ans et, à la veille de la Grande Guerre, devient secrétaire des JS de l’Aube.

Pendant la guerre, il est blessé, mutilé à 65 % et pensionné.

En mai 1920, il est élu secrétaire du syndicat du Textile de Troyes.

Il est signataire de la motion du Comité pour la reconstruction de l’Internationale.

Jacob a un rôle dirigeant dans la grève du textile de février 1921. Il participe, avec Charles Alfred, à la formation des comités syndicalistes révolutionnaires de la région troyenne.

En 1921, il est trésorier du comité troyen d’assistance au peuple russe et il accompagne à Berlin un convoi de vivres pour les victimes de la famine en Russie. En septembre, les délégués russes, empêchés de se rendre au congrès international des ouvriers de l’industrie du Textile, le désignent comme leur représentant (mais la validité de son mandat n’est pas reconnue et il ne peut participer aux travaux du congrès).

Le 23 septembre 1921, il présente, avec Drifford, la motion appelant à la grève générale du Textile de Troyes qui durera du 26 septembre au 7 novembre. Il est inculpé le 18 décembre de séquestration et de violation de domicile par le patron textile Henri Recoing ; défendu par René Plard, il est condamné à six mois de prison avec sursis et 200 francs d’amende.

Après la scission syndicale, il est désigné le 16 février 1922, comme secrétaire de la Fédération nationale unitaire du Textile. Le 23 mai 1922, il est élu membre de la CE du Comité confédéral de la CGTU. Il est l’un des délégués au congrès de l’Internationale des syndicats rouge (ISR), à Moscou.

Il intervient au congrès national du PCF (SFIC) en octobre 1922, sur la question syndicale et critique la motion présentée par le Comité directeur : « Le Parti ne doit pas gêner l’action des syndicats... Le Parti a le droit de s’intéresser aux questions économiques mais non de lancer des mots d’ordre comme le veut Manouilski [représentant de l’IC]... C’est l’affaire des syndicats de prendre la défense des 8 heures et des salaires. »

Jacob est élu au Comité directeur du Parti communiste, au titre de la tendance du «Centre».

De retour avec Pierre Semard de la Conférence internationale d’Essen (6-9 janvier), il est arrêté en gare de Saint-Quentin et écroué à la Santé. Il est défendu par René Plard et mis en liberté provisoire le 8 mai. Il bénéficie d’un non-lieu en juin.

Jacob est permanent syndical et secrétaire de la Fédération du Textile, réélu à la CE de la CGTU.

En janvier 1924, il est élu membre du Comité directeur du PCF.

Durant la période 1924-1926, il est candidat communiste à différentes élections : cantonales du 2e secteur de Pantin en juin 1924 ; municipales complémentaires au Pré-Saint-Gervais, en octobre 1924 ; législatives complémentaires dans les Vosges, en novembre 1926.

Il séjourne en URSS pendant les années 1925-1926 comme représentant du PCF auprès de l’Internationale communiste. Il est promu membre du secrétariat du Présidium du Komintern, en février-mars 1926. Il assiste au congrès du PC autrichien en 1925. Il revient en France le 2 août 1926.

Le 29 octobre, devant le Bureau politique, il déclare : « Je continue à penser que la politique de la majorité du CC du PC de l’URSS est fausse. » Le Bureau politique prend acte de cette position. Au cours du Comité central du 1er au 3 septembre 1926, durant lequel est débattu de la question russe, Jacob s’oppose à une résolution de Jacques Doriot condamnant l’opposition et Zinoviev.

Dans un article intitulé «Le Bloc oppositionnel et ses partisans en France», le 15 janvier 1927, Pierre Semard, secrétaire du Parti, attaque Jacob, lui reprochant d’avoir soutenu l’opposition russe lors du VIe Exécutif en mars 1926 et d’avoir été à Lille au congrès du PCF «le porte-parole du bloc oppositionnel dans les coulisses du congrès». Jacob répond à Semard, en lui reprochant de colporter des « ragots » mais conclue toutefois : «L’Internationale a jugé au VIIe Exécutif. C’est bien. Pour mon compte, je m’incline.»

Les désaccords cependant persistent. Et une importante discussion se déroule dans l’Internationale à propos de la nouvelle ligne dite «classe contre classe» à partir de l’été 1927, cette ligne entraînant de grands changements tactiques à l’occasion des élections. En janvier 1928, une délégation française se rend à Berlin pour y rencontrer Manouilski, Kuusinen et Humbert-Droz représentant l’Internationale. Jacob fait partie de la délégation française, et à cette occasion, défend toujours le principe des désistements au second tour des élections.

Brusquement, Jacob rejoint l’aile « droitière » de Jacques Doriot et parvient à entraîner derrière lui, la quasi-totalité des délégués au congrès régional de 1928. Son éviction du Comité central, intervient quelques mois plus tard, et provoque la réprobation ouverte d’une partie de la salle du Congrès de Saint-Denis (avril 1929). Devenu «dangereux» pour certains dirigeants du CC, Jacob fait alors l’objet d’une exclusion «en douceur» du PC qui s’achève par une «démission forcée» de ses fonctions de secrétaire régional du Nord et par son remplacement par Florimond Bonte. Cette démission, en mai 1929, est acquise après de longues tractations qui ont lieu entre Jacob et Cyprien Quinet, représentant la direction du Parti. En échange d’un retrait «sans tapage», c’est-à-dire, sans entraîner des dirigeants du Nord, il obtient dans un premier temps une «situation avantageuse» au Havre. Puis viennent des attaques personnelles dont la plus grave, selon les critères du CC, celle d’homosexualité. En quittant son poste, Jacob entraîne dans sa chute tous les doriotistes de la région du Nord dont Devernay, Sairaison et, temporairement, J. Hentgès. Il tente alors, sans grand succès, de lancer une campagne à la base, destinée à lui permettre de reprendre en main la Région du Nord. En vain.

En avril 1930, le PCF demande à Jacob de prendre la direction du Territoire de Belfort. Lors de la préparation des élections législatives de mai 1932 à Belfort, les candidatures de Jacob  et Schmitt sont ratifiées le 30 janvier, en présence de Maurice Thorez. Mais elles sont rejetées par le BP, avec pour justification que Jacob et Schmitt ont pratiqué une politique d’alliance avec des ennemis politiques en participant à Belfort à un comité de libération Lucien Carré, avec le Parti socialiste et la Ligue des droits de l’Homme. Les deux militants s’opposent à cette décision et obtiennent l’appui du comité régional (unanimité moins deux voix). Leur exclusion est tout de même prononcée.

Jacob se présente ensuite aux élections en s’opposant au candidat du PCF. Il est battu.

Les deux exclus constituent en mai 1932 le Parti communiste indépendant dont Paul Rassinier est le secrétaire et Jacob le secrétaire adjoint. Ils font reparaître Le Travailleur le 18 juin. Ce parti aurait compté 125 adhérents, en novembre 1932.

En octobre 1933, il gagne son procès devant les prud’hommes contre ses anciens «employeurs» communistes qui lui doivent encore une partie de son salaire. Il devient alors directeur politique du journal Le Semeur que les communistes accusent d’être soutenu financièrement par René Plard (député de Belfort depuis 1932, communiste dissident).

Au début de 1936, Plard, devenu maire de Belfort, obtient à Jacob un poste de gardien à la mairie (1937-1942).

Il assure le secrétariat général des Amis du Rappel ainsi que la rédaction en chef du journal Le Rappel de l’Est. Pressenti en 1936 pour se présenter aux législatives, il se récuse car ne veut  pas «que l’on puisse supposer qu’il est de retour à Troyes pour décrocher un siège de député». Il est cependant candidat «plardiste» aux cantonales d’octobre 1937 et il est devancé par le communiste Navoizat pour lequel il se désiste. En 1938, il est secrétaire du comité de Front populaire de Troyes.

En 1941, Jacob adhère au Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat puis au Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot dont il est secrétaire adjoint fédéral. En 1943 à Paris, il est journaliste au Cri du Peuple (dans lequel il signe Henri Renaut). Il tient la rubrique «Le travail et les hommes», d’octobre 1942 à août 1944. Il assure aussi le secrétariat de l’Action sociale.

En décembre 1945, il est condamné par la Cour de justice aux travaux forcés à vie et à la dégradation nationale.

En décembre 1953, il est secrétaire administratif du syndicat français du cinéma, de la radio et de la télévision puis vice-président de 1957 à 1958.

Jacob est marié et père de trois enfants.

 

Sources

Henri Jacob – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - René Lemarquis, Jean Maitron, Claude Pennetier

Responsabilités au PCF

Membre du Comité central : 1824 - 1928