Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Fils d’un cheminot et d’une ouvrière raffineuse, Anicet Le Pors (né le 28 avril 1931 à Paris) entre par concours, à l’école de météorologie. Après son service militaire dans la Marine comme officier, il devient ingénieur météorologiste, métier qu’il exerce pendant une douzaine d’années.

Membre Comité central

Sénateur, Ministre

Démission en 1994

L’administration le nomme à Casablanca (Maroc) où il adhère à la CFTC puis à la CGT, en 1955.

Au début des années 1950, imprégné de culture chrétienne, il se tourne, vers Témoignage chrétien.

Revenu en France en 1957, il est affecté au service de l’aérologie, quai Branly à Paris, et ses amis du syndicat en font un compagnon de route des communistes. Au lendemain du référendum du 28 septembre 1958, reconnaissant au Parti communiste d’avoir mené une grande campagne pour le « Non », il adhère au PCF. «J’adhère au parti communiste, sans joie, mais parce qu’il le faut» déclare-t-il au secrétaire de la cellule de la Météorologie.

Il prépare une licence de sciences économiques et devient docteur d'État en sciences économiques (1975) et diplômé du Centre d’étude des programmes économiques

Il bénéficie de plusieurs promotions dans les organismes du ministère de l’Économie : chef de la division de l’Industrie, en 1965, directeur de la mission interministérielle de l’Immigration, en 1976. Il travaille sur la politique industrielle et les transferts financiers entre État et industrie, répondant au besoin du pouvoir sur «l’impératif industriel»

Il collabore à la section économique du PCF. Et c’est sous le pseudonyme d’Alexis Cousin, qu’il participe au comité de rédaction de la revue Économie et politique, clandestinité qu’il ne peut maintenir pendant et après le mouvement de mai 1968.

Dans les années 1970, il dirige le département «Nationalisations et politique industrielle» de la section économique du PCF.

Proposé par sa direction pour passer un an au Centre des hautes études de l’armement (CHEAR) en 1974, il est finalement écarté, le ministère de tutelle lui refusant l’agrément «secret défense».

Il est candidat à Saint-Cloud, contre Jean-Pierre Fourcade aux municipales de 1971 et aux cantonales de 1973.

En 1977, il est élu sénateur des Hauts-de-Seine. Il est membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation ; il prend part activement au travail de la commission d'enquête sur le naufrage de l’Amoco Cadiz, en 1978.

Suite à son élection au Sénat, il quitte le ministère de l’Économie mais enseigne en parallèle de son activité parlementaire, à Paris XIII et à l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC).

Il entre au Comité central du PCF, lors du XXIIIe congrès (mai 1979). Il fait parti du secrétariat de Georges Marchais, pour qui il a une sympathie personnelle. Il influe sur les choix économiques, contribuant aux discours et livres de Marchais. Il participe à la commission «Nationalisations et politique industrielle» du Comité central.

En 1981, après la victoire de François Mitterrand aux élections présidentielles, le Parti communiste lui demande d’accepter la fonction de ministre délégué de la Fonction publique et des réformes administratives, dans le gouvernement de Pierre Mauroy. Anicet Le Pors aurait souhaité le ministère des PTT (qui revient au socialiste Louis Mexandeau).

Il est un des quatre ministres communistes avec Charles Fiterman, Jack Ralite et Marcel Rigout. On lui doit l’élargissement de la Fonction publique aux collectivités territoriales, aux établissements hospitaliers et aux établissements publics de recherche. Avec le nouveau statut, le nombre de fonctionnaires passe de deux millions à cinq millions.

Réputé habile et talentueux, il rencontre des obstacles, notamment du côté de Jacques Delors, ministre de l’Économie.

«J'étais le seul des quatre ministres communistes que Mitterrand ne connaissait pas, racontera Anicet Le Pors. Il me l'a dit dès le premier conseil des ministres et par la suite, mes trois autres camarades (Fiterman, Ralite et Rigoud) me chargeaient de faire, en conseil des ministres, les interventions qui marquaient nos différences et pouvaient déplaire. À plusieurs reprises, j'ai eu des échanges tendus avec le président. C'était un homme politique impressionnant mais qui pouvait être de conversation agréable».

Son action ministérielle prit fin en juillet 1984.

L’année suivante il est nommé conseiller d’État, membre de la section du contentieux et de la section des travaux publics.

Il est élu conseiller général des Hauts-de-Seine en 1985.

Le Pors entre dans une hostilité frontale à la direction de Georges Marchais, lors du Comité central du 22 décembre 1990. Il refuse de voter le rapport introductif du secrétaire général le jugeant «personnel» et non « collégial». Il se prononce pour un «parti de droit», et propose la non-réélection de Georges Marchais. Le rapport est voté à l’unanimité moins une voix, la sienne. Marchais déclare qu’Anicet Le Pors a raison d’exprimer son avis et d’émettre un vote conforme à cet avis.

Le Pors démissionne du Comité central du PCF le 4 juin 1993 et du Parti communiste en 1994.

Il est menacé d’être éliminé des instances dirigeantes de France-URSS sur lesquelles Roland Leroy exerce une influence déterminante, mais sur une intervention ferme du professeur de droit constitutionnel François Luchaire, membre de la direction de l’association, menaçant de démissionner si la proposition de Roland Leroy est maintenue, ce dernier la retire. Dans les Hauts-de-Seine, malgré quelques tensions, il est représenté en 1992 et garde son mandat de conseiller général, jusqu’en 1998.

Sa participation au courant des «rénovateurs» ne dure guère.

Pour les élections européennes de 1994, il se présenta sur une liste intitulée L’Autre Europe, avec Jean-Pierre Chevènement et Gisèle Halimi, liste opposée au traité de Maastricht et qui n’obtient que 2,5 % des voix.

Il se consacre ensuite à l’écriture avec une série de livres consacrés à la vie sociale et politique.

Il se préoccupe d’identité et de citoyenneté. De 2000 à 2013, il est président de section à la Cour nationale du droit d'asile, où selon l'hebdomadaire Télérama il est surnommé «Annulator» car il annule fréquemment les refus de droit d’asile de l'OFPRA.

Le Pors pense que sa dimension «d’expert» lui donne une place à part dans le système communiste, respecté, écouté, mais en dehors de la concurrence pour les postes de pouvoir. «J’ai vécu ma dissidence sans souffrance majeure » affirme t-il.

Il se marie en 1959 avec Claudine Carteret, infirmière diplômée d’État.

 

Sources

Anicet Le Pors – Dictionnaire biographique du monde ouvrier - Claude Pennetier

Anicet Le Pors - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Membre du Comité central : 1979 – 1993

Mandats électifs

Sénateur : 1977 – 1981

Conseiller général : 1985 à 1998

Postes ministériels

Ministre délégué de la Fonction publique et des réformes administratives : 1981 - 1983

Secrétaire d’Etat, chargé de la Fonction publique et des réformes administratives : 1983 -1984

Honneurs

Commandeur de la Légion d'honneur.

Officier de l'ordre national du Mérite.

Grand Cordon d'argent de la République d'Autriche.

Publications

Les entreprises publiques (en collaboration), Éditions sociales, 1975.

Les Transferts État-industrie en France et dans les pays occidentaux, La Documentation française, 1976.

Les Béquilles du capital, Éditions du Seuil, 1977.

Changer l’économie, trois clés et un calendrier (en collaboration), Éditions sociales, 1977.

Marianne à l’encan, Éditions sociales, 1980.

Contradictions (entretiens avec Jean-Marie Colombani), Messidor, 1984.

L’État efficace, Robert Laffont, 1985.

Pendant la mue le serpent est aveugle, chronique d’une différence, Albin Michel, 1993.

Le Nouvel Âge de la citoyenneté, Éditions de l’Atelier, 1997.

Éloge de l’échec, Le Temps des cerises, 2001.

L’Appropriation sociale (en collaboration), Éditions Syllepse et Fondation Copernic, 202.

La Citoyenneté, PUF, coll. « Que sais-je », 1999.

Le Droit d’Asile, PUF ; coll. « Que sais-je », 2005.

Juge de l’asile, Michel Houdiard, 2010.

Les Racines et les Rêves, Éditions Le Télégramme, 2010.