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Fils d’un épicier, Louis Sellier (né à Dornes (Nièvre) le 6 novembre 1885, mort à Remoulins (Gard)  le 27 janvier 1978) réussit l’examen d’entrée aux PTT, en 1904.

Secrétaire général du PCF

Exclu en 1929

Il est nommé commis aux services ambulants de la Gare du Nord, à Paris. Il devient secrétaire-adjoint de l'Association générale des agents des PTT de la gare du Nord.

Il adhère au parti socialiste SFIO en 1909 (ou 1910).

En mai 1914, Sellier est candidat aux élections municipales dans le quartier de la Goutte-d’Or, à Paris, sans succès. Mais en juin 1914, à l’élection partielle, suite à la démission de Marcel Cachin qui vient d'être élu député, Sellier est élu au Conseil municipal de Paris. Il reste conseiller municipal du quartier de la Goutte d'Or, jusqu'en 1944.

Dans le sillage de Marcel Cachin, Sellier est favorable à l’Union sacrée. A la fin de la guerre il se situe dans les rangs de la tendance centriste, distincte d’une gauche qui revendique une paix immédiate et d’une droite toujours favorable à l’Union sacrée.

Durant la Première Guerre mondiale, Sellier part comme simple soldat au 287e régiment d’artillerie puis est transféré au 8e escadron du train des équipages. Il est démobilisé comme sous-officier au début de 1919. De tous les conseillers municipaux de Paris, il est le seul avec Jean Morin, à refuser la Légion d’honneur et la Croix de guerre.

En 1920, il se range parmi les partisans de l'adhésion à l'Internationale communiste. Signataire de la motion Cachin-Frossard, Sellier est délégué de la Seine au congrès de Tours à l’issue duquel, il est élu au premier Comité directeur du Parti communiste (SFIC), ainsi qu’au conseil d'administration de L'Humanité.

Du 21 février au 4 mars 1922, Sellier participe au premier plénum élargi du Comité exécutif de l’Internationale communiste. Il y intervient contre Lénine, en défendant les positions de la majorité du Comité directeur qui s’est prononcée le 17 janvier 1922 contre la tactique du Front unique, «contre l’accord avec les états-majors dissidents et majoritaires confédérés». De plus la majorité du Comité directeur s’est prononcée pour une nouvelle orientation «centriste» demandant d’adapter les décisions de l’IC aux conditions françaises. Désigné comme membre du Présidium représentant du «centre» alors que Boris Souvarine y représentait la «gauche», Sellier n’accepte cette fonction que pour quelques semaines, en remplacement de Lucie Leiciague.

Du 7 au 11 juin 1922, il participe au 2e plénum du Comité Exécutif élargi de l’IC consacré au programme de l’Internationale au cours duquel est votée à l’unanimité, moins les voix de L-O Frossard, Lucie Leiciague et la sienne, la résolution concernant les structures du PCF (SFIC) : professionnalisation totale et ouvriérisation du Comité directeur, création d’un Bureau politique, condamnation des principes du fédéralisme et d’autonomie adoptés par la Fédération de la Seine, le front unique, etc.

En octobre 1922, lors du IIe congrès du parti, Sellier est à nouveau élu au Comité directeur, tout en continuant à exercer ses fonctions d’administrateur à l’Humanité. Il se situe alors dans la tendance du «centre-gauche» du parti, avec L.-O. Frossard, Jean Garchery, Antoine Ker, Georges Marrane, Edmond Soutif et Marius Paquereaux.

Lors du IVe Congrès de l’IC (4 novembre - 5 décembre 1922), la  répartition de la direction du PCF entre les «fractions», est décidé. De même est entérinée la désignation nominative des membres de la direction, au travers de la Résolution sur la question française [1] Ainsi, le secrétariat général serait «assuré sur la base paritaire par un camarade du centre et de la gauche » ; les deux titulaires désignés sont L.-O. Frossard et Albert Treint. Sellier est suppléant de Frossard.

Dès le 21 décembre, Frossard doit temporairement représenter le PCF au Comité exécutif de l’IC et le Comité directeur désigne Sellier pour assurer le secrétariat général par intérim. Mais dès le 1er janvier 1923, Frossard démissionne de toutes ses fonctions et quitte le parti. Sellier devient secrétaire général par intérim du Parti communiste, avec Albert Treint. En janvier 1924, lors du 4e Congrès du PCF, Sellier est confirmé comme secrétaire général, à part entière. Il est également désigné membre du Comité exécutif du Komintern.

Au 1er juillet 1924, il est démis de sa fonction de secrétaire général pour être remplacé par Pierre Sémard.

De 1925 à 1928, Sellier demeure membre du Bureau politique du Parti communiste, mais conteste la ligne de plus en plus rigide imposée par l'Internationale Communiste.

Il est aussi administrateur de la Banque ouvrière et paysanne depuis sa création, en mai 1924. En 1927 il est membre du comité central et administrateur du Secours ouvrier international (SOI). Il participe également à la Société anonyme cinématographique « Spartacus ».

En octobre 1928, il quitte à sa demande le Bureau politique.

En 1929, le choix de la «tactique classe contre classe» (décidée lors du VIe Congrès de l’IC de septembre 1928) provoque l’exclusion de militants de la tendance «municipaliste électoraliste droitière» dont Sellier est considéré comme le plus important représentant. Son élimination est engagée au VIe congrès du PC (Saint-Denis, 31 mars - 7 avril 1929).

Le 5 novembre 1929, une déclaration du Bureau politique, «La discipline du Parti et les élus», attaque dans l’Humanité les «éléments sceptiques, opportunistes, sociaux-démocrates», visant les six conseillers municipaux de Paris, Sellier, Jean Garchery, Louis Castellaz, Charles Joly, Louis Gelis, Camille Renault. Ceux-ci décident de protester officiellement contre ce communiqué à l’occasion de la conférence des élus communistes qui doit se tenir le 10 novembre suivant. Mais le lendemain un article de Cachin reprend dans les mêmes termes l’argument développé par le BP. Les «Six» décident alors de ne pas participer à la conférence des élus et adressent au PCF une lettre constituant de facto une rupture. Le 20 novembre ils publient sur les murs de Paris une affiche annonçant leur rupture avec le PC, appelant au soutien de la population parisienne.

Le 24 novembre 1929, les «Six» sont exclus, Sellier comme les autres.

Dès le début décembre les «Six» appellent à la constitution du Parti ouvrier paysan (POP) et annoncent la publication d’un nouveau journal, Ça ira, dont le premier numéro paraît le 15 février 1930. Le POP est ainsi créé officiellement le 6 décembre 1930 à la mairie de Clichy, en présence de 200 personnes. Sellier est élu secrétaire général ainsi que le gérant de Ça ira.

Le programme politique du POP : la reconstruction l’unité ouvrière rompue dix ans auparavant, à Tours.

Un rapprochement est rapidement opéré avec le Partis socialiste communiste (PSC) de L.-O. Frossard et Paul Louis, et les deux partis fusionnent à Clichy le 21 décembre 1930, en créant le Parti d’unité prolétarienne (PUP). Sellier est nommé au Bureau politique avec Jean Garchery et Paul Louis. À l’échelle internationale, le PUP est adhérent du Bureau international des partis socialistes révolutionnaires. Ça ira est remplacé par l’Unité ouvrière.

Lors des élections législatives de 1932, le PUP présente 5 candidats à Paris et Sellier est élu au second contre Marcel Cachin, son premier mentor politique (il devance Cachin au second tour, 6.232 voix contre 5.022, alors qu'au premier tour celui-ci avait près de 800 voix d’avance). Le PUP a dix députés élus (et apparentés) au sein du groupe de l’Unité ouvrière.

Sellier se spécialise dans les questions financières et produit plusieurs études sur les modifications à apporter au système fiscal des communes, sur le retour à la collectivité des plus-values immobilières du sol et des immeubles parisiens, sur l’amortissement de la dette de la Ville de Paris, sur la suppression de l’octroi à Paris, sur le remplacement par des impôts sur la fortune des taxes supprimées ; il émet des propositions sur la taxation des loyers, etc.

En 1936, le PUP fait partie de la coalition du Front populaire et Sellier est réélu lors des élections législatives.

En 1937, la majorité du PUP décide de rejoindre le Parti socialiste (SFIO). Au sein de la SFIO les anciens militants du PUP, y compris Sellier, n’animent aucune tendance et font preuve de la plus grande discrétion ; ils disparaissent de la vie politique comme groupement autonome.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, Sellier vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

Par décision du 16 décembre 1941 il est nommé conseiller municipal de Paris et membre de la commission administrative du département de la Seine. En mai 1943, il est désigné vice-président du conseil municipal de Paris.

Son attitude sous l'Occupation lui vaut d'être exclu du Parti socialiste (SFIO), lors du congrès extraordinaire de novembre 1944. Sellier rejoint d'autres exclus du parti socialiste, au sein du Parti socialiste démocratique (PSD), dirigé par Paul Faure.

A la fin des années quarante, il se retire totalement de la vie politique.

Il travaille comme contrôleur principal des PTT, jusqu’à sa retraite.

 

Sources

Louis Sellier – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Michel Dreyfus

Louis Sellier - Wikipédia

Mandats électifs

Député : Union Ouvrière (1932-1936) ; PUP (1936-1937) ; SFIO (1937-1940) 42 ?

Conseiller de Paris : 1914 – 1944

Responsabilités au PCF

Secrétaire général : 23 janvier – 1er juillet 1924

Membre du Bureau politique : 1924 – 1928

Publications

Les Finances de la bourgeoisie à l’Hôtel de Ville de Paris, 1925.

La question de l’électricité à Paris. Préface de C. Joly, 1929.

Le Réquisitoire des "Six", Paris, 1929.

34 mois de représentation ouvrière à l’Hôtel de Ville de Paris, Éd. du PUP, février 1931.

 

 

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