Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Fils d’un notaire de Reims qui fut conseiller municipal radical (1884-1896), Morizet (né à Reims (Marne) le 23 juillet 1878, décédé à Paris le 30 mars 1942) suit des cours de droit à Paris et adhère au groupe socialiste du Quartier Latin. En 1900, il devient le secrétaire du groupe des étudiants collectivistes.

Maire Boulogne Billancourt

Sénateur

Départ en 1923

Il obtient son doctorat de droit avec la perspective de reprendre l’étude de son père mais il doit y renoncer en raison de la faillite de l’affaire familiale (son père finit sa vie comme directeur de l’établissement pénitentiaire de Poulo-Condore). Morizet devient bibliothécaire (grade de rédacteur) au ministère de la Justice.

En 1898, il fonde à Reims l’Union socialiste de la Marne.

En 1901, il rejoint le groupe d’Unité socialiste révolutionnaire.

En 1906, il entre à la rédaction de l’Humanité tout en poursuivant son activité au ministère.

Il écrit plusieurs brochures aux éditions de l'Humanité et notamment, en 1916, une étude intitulée Le plan 17 qui est un véritable réquisitoire contre les généraux de la grande guerre de 14-18.

Dans l’Humanité, il mène une campagne contre les «requins capitalistes», ce qui lui vaut d'être révoqué du ministère de la Justice par Clemenceau, le 22 juillet 1907, au motif d’injures au président du Conseil et au corps de la police (à la suite d'un article qu'il avait écrit sur les grèves des vignerons du Midi).

Mobilisé pendant la guerre, il combat sur le front et il est gravement blessé. Il est alors appelé au ministère de l’Armement, chargé des archives.

Aux élections municipales de 1919, il est élu maire de Boulogne Billancourt. Il se présente aussi aux élections législatives de novembre 1919 mais il est battu par le Bloc national.

Au Congrès de Tours, délégué, André Morizet défendit devant la section de Boulogne la motion du Comité pour la reconstruction de l’Internationale. Bien que battu au Congrès, Morizet suit la majorité au Parti Communiste (SFIC), avec toute la section de Boulogne-Billancourt.

En 1921, il se rend en Union Soviétique, où y séjournera deux mois, au temps de la famine. Il en rapporte un livre (Chez Lénine et Trotski. Moscou 1921) préfacé par Trotski.

A son retour, il renvoie les invitations reçues pour participer à la revue du 14 juillet 1922, et il est révoqué par le gouvernement de Millerand. C’est son premier adjoint Eugène Lagriffoul, qui devient maire de Boulogne-Billancourt. En 1923, il reprend son poste de maire.

En janvier 1923, il quitte le Parti Communiste avec la grande majorité du groupe de Boulogne-Billancourt ; il refuse d’obtempérer à l’ordre de l’Internationale de quitter des organisations bourgeoises comme la Franc-maçonnerie, la Ligue des Droits de l’Homme.

Il adhère avec ses amis au Parti socialiste communiste que fonde Paul Louis. C’est comme socialiste-communiste qu’il est élu conseiller général du canton de Boulogne-Billancourt, mandat qu’il cède à Lagriffoul, lorsqu’il élu sénateur, en 1927.

En 1928, il adhère à la SFIO. Il est réélu en 1935 avec l’étiquette socialiste. Il assure le secrétariat du groupe socialiste au Sénat.

Administrateur très actif, il acquiert une compétence dans le domaine de l'urbanisme. C'est lui qui fait bâtir une nouvelle mairie à Boulogne-Billancourt. Il élu président de l'union des maires de banlieue. Au Conseil général, il appartint à la commission des beaux-arts car il s'intéressait tout particulièrement à la protection des monuments historiques.

Pour l’action municipale, son programme est : « la guerre aux taudis, pour la lumière, pour l’aération, la guerre pour la santé, l’hygiène, le mieux être de la classe ouvrière ; la professionnalisation des fonctions municipales.

Dans sa ville, il développe une politique audacieuse de logement et d’amélioration générale du cadre de vie (hygiène, assainissement, colonies de vacances). La ville s’associe avec les plus notoires représentants de l’architecture moderne : Tony Garnier, Debat-Ponsan (beau-frère de Morizet), Augustin Perret, Le Corbusier...

Au moment du Front Populaire, il est déçu par Léon Blum qui ne le prend pas dans son gouvernement. Morizet est tout de même nommé, en 1936, président comité supérieur d'aménagement et d'organisation générale de la région parisienne.

En octobre 1935, il est réélu sénateur.

En 1940, Morizet analyse la situation avec une grande lucidité. Il ne croit pas en la victoire finale des Allemands et n’apprécie pas du tout Vichy qu’il assimile à Ubu. Le 10 juillet 1940, André Morizet ne prit pas part au vote sur le projet accordant les pleins pouvoirs constitutionnels au maréchal Pétain. Pendant les premières années de la guerre, il accueille chez lui l’essentiel de la résistance socialiste en devenir. Mais en même temps, il maintient de bonnes relations avec des cadres de ce régime méprisé,

Comme socialiste, Morizet croyait à la nécessité de la conquête de l’Etat et à la fatalité de la dictature du prolétariat pour la réalisation du socialisme. Il le dit dans son livre « Chez Lénine et Trosky ». Il rejette l’idée qu’une majorité parlementaire puisse être le moyen de déposséder la bourgeoisie. Mais en attendant cette rupture, le militant et l’élu peuvent travailler à l’avenir du socialisme, en hâter l’heure.

Il est terrassé par la maladie en décembre 1941.

Sources

André Morizt - Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Justinien Raymond.

André Morizet  Wikipedia

André Morizet -Sénat

Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, Gilles Candar, « Pascal Guillot, André Morizet. Un maire constructeur dans le Grand Paris »

Mandats électifs

Sénateur :

1927 – 1928 : Parti communiste

1928 -1942 : Parti socialiste SFIO

Maire de Boulogne-Billancourt :

1919  1923 : Parti communiste

1923 –  1942 : Parti socialiste communiste ; Parti socialiste SFIO

Conseiller général :

1925 – 1927 : Parti socialiste communiste

Publications

Les Secrétaires ouvriers en Allemagne.Thèse de doctorat de droit. Paris, 1903.

Le Plan XVII, étude sur l’incapacité de l’état-major avant et pendant la guerre. Paris, 1916.

Chez Lénine et Trotski. Moscou 1921. Préface de Léon Trotski. La Renaissance du livre, Paris, 1922.

Du vieux Paris au Paris moderne, Haussmann et ses prédécesseurs. Hachette, 1932.

Bibliographie

André Morizet. Un maire constructeur dans le Grand Paris. Pascal Guillot, Créaphis, 2012