Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Fils d’un ouvrier métallurgiste de haut-fourneau, Louis Gélis (né à Saint-Juéry (Tarn) le 16 août 1886, mort à Saint-Juéry (Tarn) le 18 janvier 1940) entre très jeune, comme apprenti aux usines du «Saut du Tarn».

Député de Paris

Exclu en 1929

Il contribue à l'organisation du premier syndicat métallurgiste de Saint-Juéry puis se lance rapidement dans le journalisme : il devient rédacteur à La France d’Albi.

Jeune encore, il adhère au Parti socialiste SFIO ; il est secrétaire de la section de Saint-Juéry et directeur du journal L’Action tarnaise, jusqu’à la guerre de 1914.

Il est mobilisé pendant plus de quatre années. Parti le 2 août 1914, comme simple fantassin, trois fois blessé, il revient avec le grade de sous-officier.

À son retour, ses activités syndicales lui ferment les portes des entreprises métallurgiques du Tarn. A Aurillac (Cantal), il est embauché en qualité de rédacteur de l’Union républicaine.

Il est élu conseiller municipal de Saint-Juéry, le 30 novembre 1919. Il est élu conseiller général du Tarn, dans le canton de Villefranche-d’Albigeois, en décembre 1919.

Il participe au congrès de Tours (décembre 1920) porteur de cinq mandats (deux pour l’adhésion sans réserve, deux pour l’adhésion avec réserve, un pour l’amendement Blum). Il devient secrétaire de la Fédération communiste du Cantal.

Il dote la Fédération d’un journal, L’Égalité, dont le premier numéro parut le 16 décembre 1922. Et L’Égalité du 23 décembre 1922 annonce : «Le comité fédéral est certain que tous les camarades du Parti (...) suivront l’exemple du camarade Gélis et démissionneront des loges maçonniques et de la Ligue des droits de l’Homme.»

À la conférence des secrétaires fédéraux du 22 janvier 1922, Gélis propose l’ajournement de la discussion sur le front unique.

Il devient rédacteur à l’Humanité chargé des comptes rendus des débats de l’Hôtel de Ville. La rubrique politique du journal lui est ensuite confiée. Le Bureau politique le désigne provisoirement comme secrétaire de rédaction du journal le 9 avril 1924 et définitivement après le départ de Maurice Chambelland le 5 mai.

Aux élections municipales de mai 1925, candidat dans le XIIIe arrondissement de Paris, il est battu.

Pour les élections partielles des 21 et 28 février 1926, il est élu au second tour. Il appartint à la 6e commission du conseil municipal (Eaux, égouts, hygiène). Gélis, en tant qu’élu parisien, «ne se montre pas sectaire et ne pratique guère la lutte de classe dans son quartier». Cette action locale «au ras du sol» lui est très vite reprochée par des militants communistes.

Bon orateur, Gélis est souvent sollicité pour parler en région parisienne et en province. Spécialisé dans la question des lotissements et des zoniers, il est très écouté des publics de la banlieue et des arrondissements périphériques de Paris.

Gélis conserve son siège aux élections municipales de mai 1929, dès  le premier tour. Sa politique de présence, de relations personnelles, de menus services et de réalisations pratiques le rend imbattable sur le plan électoral.

Peu après sa réélection de 1929, il se trouve, avec cinq autres élus municipaux, Jean Garchery, Louis Sellier, Charles Joly, Louis Castellaz et Camille Renault, en conflit avec la direction du PC qui voit en eux des politiciens opportunistes. Ils refusent de faire amende honorable, protestent par une affiche adressée « au prolétariat » et par une brochure, Le Réquisitoire des six. Les 24  novembre 1929, ils son exclus du Parti. Et le 22 décembre, ils constituent le  le Parti ouvrier-paysan (POP).

En  décembre 1930, le POP et le Parti socialiste-communiste de Paul Louis fusionnent pour constituer le Parti d’unité prolétarienne (PUP).

C’est donc comme candidat du PUP, qu’en 1932, il se présente aux élections législatives dans le XIIIe arrondissement de Paris, avec comme adversaires, Semard, candidat communiste. Gélis se pose en «champion d’une politique d’édification et non de bavardages et de destruction». En tête au premier tour, il est élu.

Il s’inscrit au groupe d’Unité ouvrière, entre aux commissions de l’Enseignement, des Beaux-Arts, de l'Algérie, des colonies et des pays de protectorat. Il s’intéresse aux questions sociales dans le prolongement de son action municipale, aux problèmes du logement, aux questions posées par les fonds de commerce, le chômage.

Gélis est réélu conseiller municipal en 1935 (au premier tour).

Aux élections de 1936, Gélis déclare : «Nous sommes à une charnière de notre histoire : entre la guerre et la paix, entre l'essor économique et social et l'effondrement, entre la rénovation du système politique par le peuple et pour le peuple et le garde-à-vous devant la dictature.» Il est réélu député, battant le communiste Monjauvis qui avait abandonné la 2e circonscription pour venir le déloger. Il siége aux commissions de la Santé et du Suffrage universel.

Un de ses derniers actes politiques est l’approbation donnée aux accords de Munich, avec son groupe de «l’union ouvrière et républicaine».

Malade, Gélis obtient des congés successifs du 29 décembre 1938 à son décès dans son bourg natal.

Sources

Louis Gélis – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Claude Pennetier, Justinien Raymond

Louis Gélis – Assemblée Nationale

Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République, Arlette Schweitz, Publications de la Sorbonne, 2001

Responsabilités au PCF

Secrétaire de la Fédération du Cantal (1920)

Secrétaire de rédaction à l’Humanité

Mandats électifs

Conseiller général du Tarn : 1919 -1923

Conseiller de Paris : 1926 – 1929 (PCF) ; 1929 – 1939 (PUP)

Député : 1932 – 1940 (PUP)

Honneurs

Croix de guerre

Médaille militaire