Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Jean Baby (né à Toulouse (Haute Garonne) le 4 août 1897, mort à Paris le 9 janvier 1969), d’un père négociant aisé, obtient sa licence d’histoire et de géographie, à Paris en 1920 puis son agrégation en 1923.

Professeur agrégé

Exclu en 1960

Baby est professeur d’abord à l’Institut français de Prague (1921-1923), puis à Lorient (1923-1925) et à Toulouse (1925-1928), puis au Concordet (1929).

Il adhère au Parti communiste, en 1925, à Lorient, ainsi qu'à la Fédération unitaire de l'enseignement et à la CGTU.

Membre du bureau régional de Haute Garonne, Baby est l’auteur de nombreuses attaques contre les socialistes toulousains dans La Voix des Travailleurs. Pour se venger de «la bande à Baby» les socialistes l’accusent d’être un provocateur payé par l’État bourgeois pour attaquer le Parti socialiste. Baby porte plainte, et le tribunal correctionnel de Toulouse condamne en janvier 1928, Le Midi Socialiste, à cinquante francs d’amende, deux cent cinquante francs de dommages et à l’insertion d’une réponse du calomnié

Il est candidat contre le socialiste sortant, Vincent Auriol, au Muret (Haute Garonne), lors des élections législatives de 1928 ; il obtient 1,98%.

Il devient secrétaire départemental du PCF de la Haute Garonne, et dirige la liste communiste aux élections municipales de 1929, à Toulouse.

Très actif, antimilitariste, il est inculpé lors de la manifestation contre la guerre, le 1er août 1929 [ 1 ] et une suspension provisoire (sans traitement) de son poste d’enseignant.

Il est exclu du PCF en novembre 1929, sans que les raisons soient bien éclaircies. Une raison invoquée parmi d’autres : un peu avant son exclusion, en septembre 1929, le bureau régional accuse Baby d’avoir rendu visite au substitut, à la veille de son procès pour son action antimilitariste. La sanction n’est pas comprise par tous, et le bureau départemental de Haute

Garonne démissionne pour se solidariser avec Baby.

C’est en octobre 1931 que la Commission centrale de contrôle politique, sur proposition du bureau politique, le réintègre. Cette décision n’est pas rendue publique et son nom ne réapparaît dans La Voix des Travailleurs qu’à l’occasion de sa prise de parole dans un meeting à Toulouse, le 1er août 1936.

En 1933, il est affecté dans le XVe arrondissement de Paris et chargé de la réorganisation de la cellule communiste des Établissements Citroën.

Baby s’intéresse au marxisme sur le plan théorique. Il fait partie du « Cercle de la Russie neuve » qui, dans les années 1930, regroupe des intellectuels soucieux d’approfondir le marxisme, et de mieux connaître la Russie soviétique. Il participe à la rédaction du recueil À la lumière du marxisme, paru en 1935. Il est également l’un des auteurs du Cours de marxisme publié en 1936 et 1937

En mai 1934, Baby est élu au premier bureau du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). Lorsque les premières divergences sur l’attitude à adopter en face des États fascistes apparaissent, Baby se montre partisan d’une politique de fermeté vis-à-vis de l’Allemagne hitlérienne. Après la remilitarisation de la Rhénanie, Baby écrit que le fascisme ne peut atténuer son caractère belliqueux, et qu’il est vain de chercher à lui faire des concessions. Lorsque les membres communistes et communisants du CVIA sont mis en minorité au congrès de juin 1936, Jean Baby quitte avec P. Langevin les organismes dirigeants. Après son départ du CVIA, Baby participe avec d’autres intellectuels à la fondation de Paix et Démocratie, en avril 1937.

Rappelé sous les drapeaux en août 1939 en qualité de lieutenant d’artillerie, il est démobilisé en juillet 1940 et nommé, le 3 octobre 1942, au lycée de Saint-Étienne mais le ministère refuse sa nomination. Baby n’est réintégré dans l’enseignement qu’en septembre 1944, au lycée Jacques-Decour, à Paris. L’Institut d’études politiques le nomme comme chargé de cours sur le marxisme (1946-1947, 1948-1949, 1956-1957, 1958-1959).

Il écrit Principes fondamentaux d’économie politique (1949).

Il devient rédacteur en chef de la revue Économie politique (dirigée par Jean Pronteau et créé en 1954), écrit dans les Cahiers du communisme et dans Démocratie nouvelle.

Ayant assisté au procès Rajk, il en sort convaincu de la culpabilité de l’ancien dirigeant communiste hongrois.

À la veille du XVe congrès du PCF, il écrit Critique de base, publié aux éditions Maspero, au début de l’année 1960. Baby réclame la restauration et la rénovation de la démocratie dans le Parti. Il reproche aux dirigeants du PCF de n’avoir pas tenu compte des enseignements du XXe congrès du PCUS, et affirme que la volonté délibérée de ne pas montrer les travaux du XXe congrès est à l’origine du malaise dans le Parti. Il critique aussi l’attitude de la direction dans l’affaire algérienne, sa politique au moment de l’avènement du gaullisme, ainsi que les thèses économiques (paupérisation) et les positions du Parti sur le problème de la limitation des naissances.

Le Parti communiste prononce son exclusion le 30 avril 1960.

Après son exclusion, Baby se tourne vers la Chine et le maoïsme.

Le 6 septembre 1960, elle signe le Manifeste des 121, titré «Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie», publié dans le magazine Vérité-LibertéLors du procès du réseau Jeanson, le 20 septembre 1960, à la demande des avocats de la défense, il témoigne pour défendre la cause des « porteurs de valises ».

Il publie Un monde meilleur (1964) et La Grande Controverse sino-soviétique (1966), dans lequel il dénonce la politique post-stalinienne, critique la position du PCF dans la querelle sino-soviétique et son évolution vers le révisionnisme.

Dans les dernières années de sa vie, Baby poursuit au sein de petits groupes qui se réunissent à l’École normale supérieure, sa recherche marxiste.

Il épouse Marthe Bienes dont il a un fils Jacques, qui, entré dans la Résistance, est fusillé en juin 1944. Il se remarie avec Ruta Assia, née en Pologne, et dont il a une fille, Yvonne Baby, journaliste au Monde et écrivain. Il se remarie avec Denise Champomier, puis vit pendant les dernières années de sa vie avec Renée Bourdon.

Sources

Jean Baby - Dictionnaire du mouvement ouvrier -  Jean Maitron, Claude Pennetier, Nicole Racine

Jean Baby - Wikipédia 

Responsabilités au PCF

Secrétaire de la fédération de Haute Garonne : 1929

Rédacteur en chef de Economie et Politique : 1954 - 1959

Publications

Le Rôle social de l’Église, Bureau d’éditions, 1931

À la lumière du marxisme, Éditions sociales internationales, 1936 (ouvrage collectif)

Les Classes sociales, Hanoï, Éditions C.G.P., 19457

Le Marxisme, Les Cours de Droit, 1947

Principes fondamentaux d'économie politique, Éditions sociales, 1949

Critique de base. Le Parti communiste français entre le passé et l’avenir, François Maspero, 1960

Un monde meilleur. Recherche marxiste, François Maspero, 1964

La Grande Controverse sino-soviétique, 1956-1966, Grasset, 1966