Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Fils d’un employé de chemins de fer, militant socialiste guesdiste, et d’une ouvrière horticole, Charles Bourneton (né à Marguerittes (Gard) le 10 avril 1897, décédé à Lubilhac (Haute Loire) le 13 août 1944) suit l’école primaire jusqu’à treize ans.

Il travaille comme aide horticole à 14 ans. Après la guerre, en septembre 1919, il entre à la compagnie des chemins de fer comme manœuvre puis aide ouvrier.

Bourneton adhère au Parti socialiste en 1914, à 17 ans. Il vote pour l’adhésion à la IIIe Internationale au congrès de Tours, en 1920. Il est élu membre du Comité fédéral du Gard.

Il adhère à la CGT en septembre 1919 et devient secrétaire de l’Union régionale CGTU du Languedoc.

Il est délégué au congrès de Marseille (1921) et au congrès de Paris (octobre 1922). En 1926, il est élu membre du Comité central du PC au congrès de Lille. Il fait partie de la délégation du Parti communiste au VIIe plénum de l’Internationale communiste, à Moscou, en décembre 1926.

Les chemins de fer PLM le congédie des ateliers de Cambessac, en juin 1926.

Bourneton est appelé à Paris à la fin de l’année 1929 en compagnie de Marcel Gitton pour prendre les fonctions de propagandiste du PC et de la CGTU à l’échelon national. C’est à ce titre qu’il effectue un premier séjour dans le Nord pour y relancer l’action revendicative à l’occasion des grèves des mineurs et du textile d’août 1930. Fréquemment appelé en province pour y exercer ses talents d’agitateur, Bourneton fait cependant l’objet d’une série d’observations pour ses «erreurs de critiques», en 1931. Le Comité confédéral lui confie de coordonner les services d’«Agit-Prop». En septembre 1931, il est désigné pour occuper le secrétariat international de la CGTU.

Bourneton accède au Bureau confédéral à l’occasion du congrès national de novembre 1931. Mais, au début de l’année 1933, il est brusquement envoyé à Lille pour remplacer Gilbert Declercq comme secrétaire de la 1re Union régionale de la CGTU. Cette mise à l’écart de fait correspond vraisemblablement à un courant de suspicion qui est apparu au sein du Comité confédéral où certains accusent Bourneton de détournement de fonds.

Bourneton s’implante solidement dans le Nord où il acquiert  rapidement une grande popularité auprès des militants et des cadres. Il parvient notamment à asseoir son autorité lors du processus de réunification syndicale dont il fut l’un des promoteurs sur le plan régional à partir de 1934. Lors du congrès de réunification des syndicats du Nord qui a lieu à la Bourse du Travail de Lille le 16 février 1936, Bourneton est élu à la CE et comme secrétaire administratif de l’Union départementale. Bourneton conserve ce poste jusqu’à fin 1938, puis est appelé à la direction de l’Union des Métaux de Valenciennes, poste qu’il occupe encore lors de l’annonce de la conclusion du Pacte germano-soviétique.

Bourneton est arrêté le 24 octobre 1939 à Valenciennes, en compagnie de sept autres responsables communistes, alors qu’il sortait d’une réunion. Après cette arrestation, on ne trouve aucune prise de position de Bourneton et il ne peut être établi avec certitude qu’il ait rompu officiellement avec le PCF clandestin pendant cette période, comme le firent de nombreuses personnalités communistes de la région : Brachelet, Dewez, Delvallée, Raux, Wantelet, Nézé, Douchement. Il n’est pas cité au nombre des «renégats» dans les publications clandestines du parti.

Bourneton est interné dès juin 1940 au camp de surveillance d’Eyjeaux dans la Haute-Vienne. Libéré en 1942 par une commission de révision des internements, il est envoyé en résidence surveillée dans la Haute-Loire.

Bourneton rejoint les rangs du Parti ouvrier et paysan français (POPF) dirigé par Marcel Gitton. Il est signataire de la Lettre ouverte aux ouvriers communistes parue dans la presse, le 6 septembre 1941. Le lendemain, Le Grand Echo du Nord titrait : « Trois ex-députés de notre région, ainsi que Bourneton de l’Union des Syndicats du Nord, ont quitté le PCF. »... Les démarches entreprises par Marcel Gitton et le POPF afin d’obtenir sa libération, permettent peut-être d’expliquer son ralliement.

Bourneton dirige l’activité du POPF en zone sud. Il participe les 10 et 11 avril 1943 aux journées d’études du Mont-Dore consacrées à "l’Ordre communautaire », organisées par le cabinet du maréchal Pétain. Il fait partie de la délégation d’une trentaine de personnes, chargée d’en porter les conclusions à Pierre Laval le 17 mai 1943. Celui-ci se dit «très intéressé» par les déclaration de Bourneton au sujet du danger communiste.
Aux côtés de ces activités, Bourneton aurait également rejoint la Résistance, sans qu’aucune preuve ne soit disponible (Selon son camarade et dissident comme lui, Sulpice Dewez, Bourneton «était en liaison avec Bodier, chef du mouvement de résistance de Clermont-Ferrand».)

Le 11 février 1944, parut dans le Petit Parisien une interview de Bourneton où il préconisait la création d’une nouvelle CGT.

Durand la période de la Libération, avant la fin de la guerre, il est mis sur une liste noire du PCF ; il est exécuté par des militants communistes, en août 1944, devant son domicile.

Sources

Charles Bourneton – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Yves Le Maner

Charles Bourneton – Wikipédia

Responsabilités au PCF

Membre du Comité central : 1926 – 1932

Publications

La région du Nord et la contre-offensive prolétarienne mars 1934