Les Ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Robert Louzon (né à Paris le 30 juin 1882, mort le 8 septembre 1976), issu d’une famille bourgeoise, suit un cursus d’ingénieur à l’École des Mines. Il obtient aussi un doctorat de droit.

Journaliste à L'Humanité

Quitte le PCF en 1924

Il entre à la Société du Gaz de Paris comme ingénieur.

En 1899, il adhère au groupe des étudiants collectivistes (un groupe dreyfusards), et en 1900, au groupe central du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il fréquente en même temps l’université populaire du XVe à Paris, l’Émancipation.

En 1905, il adhère au Parti socialiste SFIO. Il collabore à l’Avant-Garde (avril 1905 - mars 1906), puis au Mouvement socialiste.

En 1906, il prête 90 000 f à la CGT, pour l’achat de son immeuble de la rue de la Grange-aux-Belles. Ce fait est connu de la direction de la Société du Gaz de Paris et il est immédiatement révoqué.

Peu après l'arrêt de la cour de cassation qui réhabilite Alfred Dreyfus, Louzon publie en juillet dans Mouvement socialiste un article antidreyfusard aux relents antisémites.

En 1909, dès la fondation par Pierre Monatte de la Vie ouvrière, il publie un premier article sur le “Trust du matériel des usines à gaz”. Il y publie régulièrement des  études (“L’ouvriérisme et les mathématiques” ; “Les deux grandes révolutions de la technique du XIXe siècle”), des comptes rendus d’ouvrages, de notes et de documents.

En 1913, il quitte la France pour la Tunisie où il s’occupe d’une exploitation agricole.

Après avoir fait la guerre comme capitaine de zouaves, il rejoint la Tunisie où il adhère en 1919 à la Section de Tunis du Parti socialiste. La majorité de cette section vote, après le Congrès de Tours, l’adhésion à l’Internationale communiste.

Louzon devient le secrétaire de la Fédération communiste tunisienne, du PCF. Il assure aussi la direction de l’Avenir social, organe de la Fédération communiste tunisienne. En 1921, il est poursuivi en conseil de guerre pour “diffamation envers les officiers de l’armée française” en raison d’un article de l’Avenir social, et condamné à 1 f d’amende avec sursis.

À la fin de 1921, la Fédération lance un quotidien en langue arabe qui est interdit au bout de huit jours. Pendant une dizaine de jours, de nouveaux quotidiens en arabe sont lancés chaque jour sous un titre différent et aussitôt interdit. À la suite de ces publications, un décret est pris qui soumet toute parution d’un journal en arabe à une autorisation préalable.

Au sujet de son activité en Tunisie, il écrit à son ami du PCF, Amédée Dunois : «II existe ici un vaste mouvement indigène de revendications nationales. Ce mouvement embrasse toutes les classes de la population, et il est dans son ensemble extrêmement favorable au Parti communiste qu’il regarde comme le seul parti pleinement sympathique à l’émancipation politique des indigènes. Mais c’est là un mouvement national, confus par conséquent, et qui comprend, à côté d’éléments féodaux caractérisés, des éléments prolétariens également caractérisés, et surtout une grande masse paysanne composée de métayers au cinquième, véritables serfs attachés à la terre et crevant de faim. Il s’agit donc de profiter à la fois de l’état général d’excitation produit dans la population indigène par cette propagande nationale et de la sympathie dont jouit le Parti communiste pour créer, à l’intérieur du mouvement indigène, un mouvement de classe nettement ouvrier et paysan».

En 1922, la parution, sous sa responsabilité, d’une brochure et d’un poème en arabe, vaut à Louzon de nouvelles poursuites pour “attaque contre les droits et pouvoirs de la République française en Tunisie” et exhortation à la haine des races. Il est condamné à huit mois de prison, condamnation réduite à six mois en appel à Alger.

Dans un article de 1922, intitulé Une Honte, Louzon écrit qu’« il n’y a pas d’équivalence entre le nationalisme d’un peuple oppresseur dont le nationalisme consiste à opprimer un autre peuple, et le nationalisme d’un peuple opprimé dont le nationalisme ne tend qu’à se débarrasser du peuple oppresseur ». Il ajoute que le communiste européen « ne doit pas se croire supérieur à l’indigène parce qu’il porte un chapeau au lieu d’un fez ».

À sa sortie de prison en août 1922, il est expulsé de Tunisie et revient en France où il rejoint Monatte et le groupe de la Vie ouvrière. En 1923, il commence à collaborer à l’Humanité, donnant essentiellement des articles économiques. Au sein du Parti communiste il se situe dans la tendance de Monatte et de Rosmer.

En décembre 1924, après l’exclusion de Monatte et Rosmer, il démissionne du PCF.

En 1925, Louzon fait partie des fondateurs de la revue Révolution prolétarienne, avec Monatte, et il y collabore de façon très régulière. Il y publie de très nombreux articles de fond et assura une rubrique : “Notes économiques”. Il est pendant plusieurs années, le secrétaire de la rédaction, la revue étant imprimée un moment à Cannes où il résidait.

En août 1936, d’accord avec la CNT d’Espagne, il alla au Maroc contacter les Marocains des comités d’action pour qu’ils tentent d’empêcher Franco de recruter des Arabes dans le Riff. En février 1937, il s’engage auprès des Républicains mais ne peut, en raison de son âge et de son état de santé, rester plus de quelques mois sur le front espagnol.

Il publie dans la Révolution prolétarienne de nombreux articles sur la guerre d’Espagne et collabore à SIA (Solidarité internationale antifasciste). En juillet 1939, il est poursuivi pour un article paru dans cet hebdomadaire “La Tunisie aux Tunisiens” et est condamné par défaut à quinze mois de prison.

Résolument pacifiste, Louzon signe en octobre 1939 le tract “Paix immédiate” et est de ce fait poursuivi devant le conseil de guerre, mais il obtint un non-lieu.

Il est arrêté en mai 1940 et envoyé dans un camp de détention, en France d’abord, puis dans le Sud algérien. Libéré en août 1941, il revient à Cannes où il vit les années d’occupation à l’écart de toute activité militante.

Après-guerre, il dénonce avec constance et virulence le sionisme

En 1947, quand la Révolution prolétarienne reparaît, il fait à nouveau partie de la rédaction et y entame dès le premier numéro, une collaboration régulière. Il y publie régulièrement des “Notes d’économie et de politique”.

En septembre 1960, au côté de Jean Paul Sartre, Pierre Boulez, André Breton, … il signe le Manifeste des 121 : « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français. La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres. »

Il épouse Marie Élisa Coquus, dite Eliksa ou Élisa Brugnières, militante anarchiste, en octobre 1908.

 

Sources

Rober Louzon – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Colette Chambelland

Robert Louzon - Wikipédia

Responsabilités au PCF

Secrétaire de la Fédération communiste tunisienne, du PCF (SFIC)

Publications

Le Régime légal de la propriété des mines en Prusse, Belgique et Hollande (thèse de doctorat), Giard et Brière, 1907.

La Déchéance du capitalisme, Impr. spéciale de la Libr. du travail, 1923

L'Économie capitaliste, principes d'économie politique, Librairie du travail, 1925.

Impérialisme et nationalisme, Librairie du travail, 1926

L'Ère de l'impérialisme, Spartacus, 1948.

La Chine. Ses trois millénaires d'histoire, ses cinquante ans de révolution, Collection de la Révolution Prolétarienne - III, 1954

La Dialectique scientifique , celle des choses et celle de l'esprit, Les éditions syndicalistes, 1970.

Cent ans de capitalisme en Algérie, Acratie, 1998.