Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Gérard Spitzer (né à Paris le 6 mars 1927, mort à Paris le 26 février 1996), entre très jeune en contact avec le Front patriotique de la jeunesse, organisation communiste, devient membre des FTP et prend part aux combats de la Libération de Paris.

Résistant

Exclu en 1956

Ses parents sont des Juifs originaires de Hongrie, réfugiés à Paris après l’écrasement de la révolution communiste de 1919.  En 1941, son père est déporté et sa mère se cache à Paris.

Gérard Spitzer et sa sœur se sont réfugiés en « zone sud ».

Il adhère au PCF en 1944.

Débutant en journalisme, le PCF lui confie en 1945, la direction du périodique du Secours populaire, La Défense (et reste à ce poste jusqu’en 1957).

Il suit des études d’histoire, entre 1950 et 1953, avec une option consacrée au colonialisme.

Spitzer mène une campagne de secours aux victimes de la répression de mai 1945, en Algérie, en désaccord avec la direction du PCF qui parle alors de provocation et de complot nationaliste.

Il travaille au bureau de presse hongrois, traduit et diffuse les écrits d'opposants contestataires dont ceux de Georg Lukacs.

En 1956, il est exclu du PCF pour avoir critiqué l'intervention soviétique en Hongrie et la ligne politique du PCF sur la question algérienne.

Il rejoint, à l'automne 1956, les militants communistes en rupture avec le parti qui se sont regroupés autour du bulletin clandestin L'Etincelle et parmi lesquels on trouve des intellectuels connus comme Jean-Pierre Vernant, Victor Leduc. Ce groupe soutient totalement la révolution algérienne. Spitzer comme les militant de L’Etincelle, fait partie de ceux qui apportent une aide directe au FLN opérant en France, principalement en collectant et en transportant fonds et faux papiers.

L’Etincelle fusionne en avril 1957 avec la Tribune de Discussion regroupant d'autres opposants au PCF. Après le départ de Victor Leduc, qui découvre l’influence des trotskistes dans cette association, un petit groupe se reforme autour de Spitzer pour continuer la critique du PCF et soutenir le FNL, au travers de La Voie communiste (dont Spitzer en sera le directeur).

A la fin septembre 1959, la police qui traque une réunion FLN, trouve « le trésor du FLN », l’argent collecté auprès de l’immigration algérienne, dans l’appartement de Gérard Lorne qui prétend que ces sommes (quarante quatre millions de francs) sont les ressources des souscriptions à La Voie communiste. Spitzer est aussitôt arrêté (c’est «l’affaire de la rue Oberkampf»). À la prison de la Santé à Paris, Spitzer commence le 27 février 1960, une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique. Un Comité Spitzer animée Elie Bloncourt,  socialiste dissident. Bloncourt organise une conférence presse à La Mutualité, le 18 décembre 1958, avec la présence de membres du Comité Audin, comme le doyen Chatelet, Laurent Schwartz. Un meeting est organisé par Gilles Martinet le 17 mars 1960. Jean Paul Sartre, Daniel Meyer, Claude Bourdet, envoient un télégramme au général De Gaulle. Sptizer est finalement transféré, le 20 mars,  à la prison de Fresnes (où il rencontrera plusieurs dirigeants algériens, dont Mohamed Boudiaf).

Lors du procès, son premier défenseur Claude Faux, communiste, se récuse suite à la demande de son parti (il démissionnera du PCF quelques jours plus tard). Le relais est pris par l’un des avocats du collectif FLN, Jacques Vergès. Le PCF apporte toutefois son soutien indirect à Spitzer, en demandant au Secours Populaire de faire une protestation auprès du président du tribunal.

Le tribunal militaire condamne Spitzer qui refuse de répondre aux questions, à 18 mois de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Il quitte la prison le 28 mars 1961.

Après sa sortie, il continue à aider le FLN en liaison avec Georges Mattéi qui assure la reprise du réseau Jeanson dans le cadre du réseau de Henri Curiel, Solidarité.

 

Sources

Gérard Spitzer – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - René Gallissot

Gérard Spitzer – Wikipédia

Punir les opposants - PCF et procès politique (1947-1962), Vanessa Codaccioni, C.n.r.s. Eds, 2013.