Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Ida Pozner (née à Feodossia (Crimée - Ukraine) le 4 juin 1908, décédée en 1995), d’une mère russe et d’un père allemand, grandit dans la misère, à Düsseldorf (Allemagne).

Exclue du PCA en 1937

Réintégrée au PCF en 1946

Quitte le PCF en 1968.

Très jeune, elle fréquente les peintres, écrivains, gens de théâtre, photographes, musiciens. Sa mère réussit à lui faire suivre gratuitement des études de piano. A la veille de son premier concert, à 17 ans, Ida Pozner abandonne la musique.

Elle se tourne vers le théâtre, jouant de petits rôles chez Gustav Gründgens (directeur du théâtre de Hambourg), puis chez Max Reinhardt à Berlin.

C’est là qu’elle adhère au Parti communiste allemand (PCA), en 1928.

Après l’incendie du Reichstag, en 1933, Ida Liebmann, juive et communiste, doit fuir l’Allemagne. Elle parvient à obtenir un passeport et, avec l’aide d’amis, notamment Gustav Gründgens, se réfugie en France. Elle retrouve à Paris, la colonie des Allemands émigrés. Elle fait des petits métiers, notamment celui de bonne d’enfants chez la fille de Picabia.

Elle rencontre Vladimir Pozner qui, à l’époque, s’occupe de l’aide aux réfugiés antifascistes. Ils se marient  en 1937 et ont une fille (Catherine) et un fils (André).

En 1937, ils tous les deux exclus de leur parti, Vladimir du PCF (sans explications) et Ida du PCA.

En 1940, Ida et Vladimir immigrent aux Etats-Unis et vivent à Hollywood. Vladimir Pozner réalise plusieurs scénarios de film (Les Conspirateurs de Jean Negulesco ; The Dark Mirror de Robert Siodmak).

Le couple retourne à Paris, en 1945, à la Libération. Ida travaille comme traductrice et dans le cinéma.

En 1946, Vladimir et Ida sont réintégrés au PCF (toujours sans explications pour Vladimir).

A partir de 1947, avec son mari, elle accueille des cinéastes américains victimes du maccarthisme.

La chronique dans la presse contre la guerre d’Algérie de Vladimir Pozner (six nouvelles intitulées Lieu du supplice), lui vaut un plasticage de l’OAS à son domicile, le 7 février 1962. Vladimir est gravement blessé à la tête (et reste aphasique mais réapprend à écrire avec acharnement). Ida n’est pas blessée.

Vladimir Pozner collabore au numéro de Démocratie nouvelle consacré aux événements de Tchécoslovaquie de 1968, préparé sous la direction de Paul Noirot, rédacteur en chef de l’hebdomadaire. Ce numéro ne voit pas le jour, refusé par Jacques Duclos, le directeur de la publication (quelques semaines après, la direction du PCF décide de suspendre Démocratie nouvelle pour des «raisons économiques»).

Après cette affaire, Ida Pozner quitte le PCF, en 1968.

 

Sources

Ida Pozner – Site de Vladimir Pozner

Vladimir Pozner – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Nicole Racine