Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

Madeleine Rebérioux (née à Chambéry (Savoie) le 8 septembre 1920, morte à Paris le 7 février 2005), fille d’un inspecteur des impôts et d’une enseignante, suit l’enseignement de sa mère  durant sa scolarité en primaire.

Professeur d'université

Exclue en 1969

En 1934, elle entre au lycée de jeunes filles Jeanne d’Arc à Clermont-Ferrand, et obtient en 1937, le premier prix d'histoire au concours général.

Elle est reçue 4eme à l’École normale supérieure de jeunes filles en 1941 et en 1945 elle est reçue 1ere à l’agrégation d’histoire-géographie.

De 1945 à 1961, elle enseigne dans le secondaire à Mulhouse, puis Montgeron et Saint-Maur-des-Fossés. De 1962 à 1969, elle est assistante, puis maître-assistante à la Sorbonne, et devient professeur à l'université de Vincennes, qu'elle a contribué à créer.

À partir de 1978, elle enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales. En 1979, elle présente une thèse d’Etat sur «Jaurès, la SFIO et la société française au tournant du siècle» et devient professeur d’université, à 60 ans.

En 1943, son frère, François Amoudruz, et son beau-frère, Serge Fischer, sont déportés pour actes de Résistance.

Madeleine Rebérioux adhère au Parti communiste en 1946.

Elle est élue conseillère municipale de Mulhouse de 1948 à 1950

En 1957, elle anime le Comité de défense des libertés contre la guerre d'Algérie. En 1958, elle rejoint le Comité Maurice Audin. Elle signe en 1960 le Manifeste des 121 (Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie). De 1965 à 1969, elle est responsable du collectif universitaire intersyndical contre la guerre du Viêt Nam.

En 1956, elle devient « passionnément khrouchtchévienne » et approuve, la dénonciation des crimes de Staline. Au moment des événements en Hongrie, dans sa cellule, avec Guy Serbat, ancien commandant militaire en second des FTP de la zone sud et professeur dans son lycée, elle exprime son désaccord. Elle est alors obligée de présenter un rapport justifiant l’intervention et le fait en pleurant. Mais ses critiques redoublent après l’exécution d’Imre Nagy, en 1958. Toujours avec Serbat, elle fait adopter une motion désapprouvant les conditions du jugement et de l’exécution. Au sein de la cellule le tandem Rebérioux-Serbat passe ensuite à la critique de la ligne du Parti sur la guerre d’Algérie.

Madeleine Rebérioux est fortement critiquée par la direction du Parti pour avoir cité Trotski dans son volume d’œuvres choisies de Jaurès. Le secrétariat du Parti s’alarme de ses multiples activités jugées fractionnelles et demande une enquête. Le 3 août 1960, les conclusions de l’enquête menée par Guy Ducoloné sont approuvées : cesser la collaboration de Madeleine Rebérioux aux commissions et revues du Parti, demander aux journaux du PCF de ne pas solliciter sa collaboration, charger la direction de la Fédération Seine-Sud d’avoir une discussion avec elle sur son comportement,

En mai 68, le 3 mai la cellule de la Sorbonne adopte sur sa proposition une motion soutenant le mouvement étudiant et dénonçant la répression policière. Le 26 mai Le Monde publie une lettre de 36 intellectuels communistes à la direction du Parti. Une réunion est organisée les 1er et 3 juin entre la direction du PCF et trois représentants des signataires : Madeleine Rebérioux, Jacques Durand, Léo Matarasso.

L’invasion de la Tchécoslovaquie accroît ses divergences. « J’étais en désaccord sur de nombreux points mais je ne serais pas partie, parce qu’il y avait trop de travail à faire ».

Sa participation au lancement de Politique Aujourd’hui conduit la direction du PCF à demander son exclusion. Elle est prononcée au cours d’une réunion très restreinte de sa cellule, le 27 février 1969. Après son exclusion, elle se déclare « ancienne communiste non repentie ».

Elle est la première femme à présider la Ligue des droits de l'homme de 1991 à 1995.

En décembre 2001, elle est à l'initiative du collectif « Trop, c'est trop ! » pour intervenir sur le conflit israélo-palestinien

En février 1979, elle fait partie des 34 signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour démonter la rhétorique négationniste de Robert Faurisson.

En 1981, elle est nommée vice-présidente de l’établissement public de préfiguration d’Orsay et le restera jusqu’en 1987.

En 1990, elle écrit une tribune dénonçant l'inutilité, selon elle, de la loi Gayssot. Elle s'appuie sur le fait qu'avant la loi Gayssot, le négationniste Robert Faurisson avait déjà été condamné par la justice française. Pour elle, le parlement ne doit pas officialiser l'histoire pour permettre aux juges de faire la part de la vérité et du mensonge et de dire le droit.

Elle préside la Société d'études jaurésienne de 1982 à sa mort et dirige de très nombreuses publications concernant Jaurès et la période 1870-1914.

Le 10 août 1946, elle épouse Jean Rebérioux avec lequel elle a quatre enfants, dont Vincent Rebérioux, né le 1er juillet 1954, vice-président de la Ligue des droits de l'homme.

 

Sources

Madeleine Rébérioux – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Patrick Fridenson

Madeleine Rébérioux  - Wikipédia

Mandats électifs

Conseillère municipale de Mulhouse : 1948 - 1950

Responsabilités au PCF

Membre du Comité fédéral et du Bureau fédéral du Haut-Rhin,

Honneurs

Officier de la Légion d'honneur.

Une rue de Paris porte son nom, 2014.

La maison des associations du 3ème arrondissement de Paris porte également son nom.

Publications

Jaurès : contre la guerre et la politique coloniale, Éditions Sociales, collection Les classiques du peuple, 1959,

La Deuxième Internationale et l'Orient, (en collaboration avec Georges Haupt), Éditions Cujas, 1967,

Jaurès et la Classe ouvrière, Maspero, 1975,

La République radicale ? 1898-1914, Nouvelle histoire de la France contemporaine, tome 11, Éditions du Seuil,

Les Ouvriers du livre et leur Fédération, Temps Actuel, 1981,

Ils ont pensé les droits de l'homme, EDI-Ligue des droits de l'homme, 1989.

Jaurès : la parole et l'acte, Gallimard, 1994,