Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Léo Matarasso (né à Salonique (Grèce) le 2 juillet 1910, mort à Paris le 14 février 1998), grandit à Salonique sous souveraineté turque puis en 1912, sous la souveraineté  grecque, avant de rejoindre la France en 1925-1926.

Avocat anticolonialiste

Exclu en 1969

Son père Albert Matarasso est banquier et propriétaire de L’Indépendant, journal francophone de la communauté juive.

Léon Matarasso est naturalisé français en 1932.

Il poursuit alors des études de droit à Toulouse, passe un doctorat et s’inscrit au barreau de Paris, en 1934.

Il entre en 1933 à la Loge Fraternité des peuples à Paris, affiliée au Grand Orient de France et devient maître en 1938.

Il évolue alors dans les milieux surréalistes et artistiques.

Matarasso est mobilisé au début de la guerre et se réfugie en juillet 1940 à Aurillac dans le Cantal, département d’origine de sa femme, Blanche Poirier. Il rejoint le mouvement de résistance Libération-Sud en juillet 1942 dont il prend la direction dans le Cantal en mars 1943, sous le pseudonyme de Sorel. Il participe au directoire départemental des MUR et adhère au PCF en septembre 1943. Il fait partie du Comité départemental de Libération.

Après la guerre, en 1946, Il fait venir ses parents qui font partie des rares survivants de la communauté juive de Salonique.

An 1946, il entre au cabinet de Joe Nordmann et avec lui, il participe aux grands procès de la guerre froide. En 1952, il participe à la défense collective des inculpés du « complot des pigeons ». Il défend notamment Jacques Duclos alors inculpé d’atteinte à la sûreté de l’Etat. En 1955, il est élu au bureau national du Secours populaire.

De 1952 à 1955, il est rédacteur en chef de la Revue progressiste de Droit français.

Pendant la guerre d’Algérie, Matarasso devient l’un des principaux avocats anticolonialistes. Il est notamment le défenseur d’Henri Alleg. Profitant de ses visites à la prison Barberousse, à Alger, il suggère à Henri Alleg, guère convaincu au départ, de rédiger un récit détaillé de son incarcération et des tortures subies. Henri Alleg s’exécute et Matarasso sort le document feuille par feuille, illégalement. Ce sera La Question, témoignage essentiel sur la torture en Algérie. Matarasso cherche à le faire publier en dehors des maisons d’édition du PCF et trouve en Jérôme Lindon (à la tête des Editions de Minuit) un éditeur enthousiaste.

En 1960, il intègre dans son cabinet Georges Kiejman alors jeune avocat. Ils partagent plus de trente ans le même cabinet.

Matarasso est aussi un spécialiste des affaires de presse et en 1963, il fait condamner Maurice Papon pour saisie illégale de Libération.

Après la période algérienne, il défend Ben Barka, Henri Curiel…

Il participe en 1966 au Tribunal Russell contre la guerre du Viet-Nam.

Il entre en conflit avec la direction du PCF à propos de mai 1968. Le 26 mai Le Monde publie une lettre de 36 intellectuels communistes adressée à la direction du Parti. Une réunion est organisée les 1er et 3 juin entre la direction du PCF et trois représentants des signataires : Léo Matarasso, Madeleine Rebérioux, Jacques Durand.

À partir de 1969, il participe à la revue contestatrice Politique Aujourd’hui. Cette participation et ses nombreuses critiques politiques conduisent à son exclusion du PCF, en octobre 1969.

En 1976, avec le socialiste italien, Leilo Basso, il crée la Ligue Internationale pour les Droits et la Libération des Peuples, dans le but de prolonger l'œuvre  accomplie par le Tribunal Russel contre les crimes de guerre au Vietnam, Il est le premier président de cet organisme.

Il intervient aussi pour la Palestine, le Nicaragua.

 

Sources

Léon Matarasso – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Frédérick Genevée

Publications

La Nationalité française, commentaire du Code de la nationalité française, Paris Editions techniques, 1948.