Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Eddy Kenig (né à Varsovie (Pologne) le 24 avril 1926, mort à Columbia (Etats-Unis) le 15 mai 1998), quitte la Pologne en 1930, avec sa famille qui s’installe à Anvers (Belgique).

Son père, ouvrier dans le textile, est membre du Bund, un mouvement laïc socialiste de la jeunesse ouvrière juive opposé au sionisme et au retour en Palestine. Sa mère est couturière.

En mai 1940, lorsque la Belgique est envahie par l’armée allemande, ses parents fuient vers Paris. Assignés à résidence, puis obligés de partir dans le Sud, ils s’installent à Toulouse.

En 1941, ils sont à nouveau assignés à résidence à Lacaune, un petit village dans le sud du Massif Central. Dans ce village, sans lycée, Kenig suit des cours par correspondance.

En mars 1942, prévenus d’une rafle par les habitants de Lacaune, ses parents, par l’intermédiaire de militants communistes, partent pour Lyon où la famille Kenig vivra cachée, jusqu’à la fin de la guerre. Eddy Kenig, lui, via le mouvement des Eclaireurs israélites, se retrouve en Suisse, dans un camp de jeunes à Davesco, près de Lugano. Emprisonné, il réussit à s’évader.

Il obtient son baccalauréat par correspondance et s’inscrit à la faculté de droit de Paris.

Naturalisé en mai 1949, il fait son service militaire, passe les EOR et devient officier de réserve.

Après avoir obtenu sa licence de droit et son CAPA, il prête serment à la cour d’appel de Paris, en 1952. Très rapidement, il travaille dans le cabinet de l’avocat communiste Jules Borker où il plaide de nombreuses affaires pour la Fédération des locataires, avant de devenir en 1955 l’avocat du syndicat des ouvriers du bâtiment.

Anticolonialiste, défenseur des militants indépendantistes algériens, son engagement lui vaut d’être menacé par l’OAS.

Kenig devient l’avocat de l’Association des anciens combattants et engagés volontaires juifs et plaide pour obtenir l’indemnisation des familles juives spoliées sous l’Occupation. Il s’y consacre pendant plusieurs années.

Dès 1972, Eddy Kenig est à l’initiative de la création d’un syndicat des avocats qui voit le jour lors de son premier congrès, à Grenoble, en 1974.

En 1973, il se présente aux législatives, à Paris, sans succès.

Au milieu des années 1970, il soutient des dissidents des pays de l’Est réprimés comme le soviétique Natan Chtcharanski, arrêté à Moscou en 1973 et condamnés cinq ans plus tard à 13 ans de travaux forcés pour « trahison », ou le tchécoslovaque Vaclav Havel, emprisonné à plusieurs reprises dès 1977 par le régime de Gustav Husak. Proche du Comité pour les libertés en Tchécoslovaquie et d’Arthur London, il défend un socialisme démocratique, « à visage humain » et entame une série de dénonciations des dérives totalitaires.

A partir de 1978, Kenig se retrouve au cœur de « l’affaire Fiszbin ». Membre du bureau de la fédération de Paris dirigé par Henri Fiszbin, il est chargé de la direction de l’hebdomadaire, Paris-Hebdo, créé en 1976, pour préparer les élections municipales de l’année suivante. Or, après la rupture de l’union de la gauche, l’échec au municipales de Paris de 1977, et la défaite de la gauche aux législatives de mars 1978, la politique de la direction fédérale de Paris est dénoncée par Georges Marchais. C’est lors du Comité central du 12-13 décembre 1978 que les membres du Bureau fédéral sont accusés « d’opportunisme » et de « manque de fermeté idéologique ». Le 11 janvier 1979, la direction fédérale de Paris est convoquée devant le Bureau politique, et affronte une critique en règle de ses « déviations opportunistes » et de « son abandon du contenu de classe ».

Après la défaite aux élections présidentielles de 1981, Kenig devient le responsable de la publication dissidente, Rencontres communistes hebdo (RCH), créé le 15 mai 1981 par Henri Fiszbin. RCH devient ainsi l’organe de Rencontres communistes, « un centre d’initiative pour la réflexion et le débat » dans lequel on retrouve des anciens membres du Bureau fédéral de Paris, des journalistes de France Nouvelle ou de La Nouvelle Critique, comme François Hincker, Jean Marie Argelès, Yvonne Quilès, Maurice Goldring, Jean Henri Rony, …

En juin 1981, Kenig est exclu du PCF, s’étant « mis lui-même en dehors du parti ».

En 1989, Kenig, comme vingt-neuf autres membres de RCH, adhère au Parti Socialiste.

Il continue à exercer sa profession d’avocat.

Il se marie en avril 1957, avec Brigitte Thomas, elle aussi avocate. Ils ont quatre enfants.

 

 

Sources

Eddy Kenig – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Vanessa Codaccioni

Responsabilités au PCF

Membre du Bureau fédéral de Paris : jusqu’en juin 1981

Directeur de Paris-Hebdo : 1976 - 1980