Les ex-PCF

Le plus grand parti de France


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Bernard Gibaud (né à Versailles (Yvelines) le 19 juillet 1935), fils d’un ouvrier carrossier chez Renault à Boulogne-Billancourt, fréquente l’école primaire de Viroflay (Yvelines), puis, boursier, le lycée Hoche à Versailles (Yvelines).

Secrétaire Fédération Paris

Exclu en 1980

Doué pour l’athlétisme, il pratique les courses de demi-fond, devenant champion du 800 m junior de Seine-et-Oise.

En 1953, il entre aux  PTT, comme auxiliaire des PTT. Il est titularisé trois ans plus tard comme agent d’exploitation. De 1953 à 1959, il travaille au service de nuit au tri du Centre des chèques postaux (CCP) de Paris. Il adhère à la CGT en 1954.

Gibaud adhère au PCF fin 1955. De 1957 à 1959, il siége au comité de la section XVe et, en 1957, suit une école de correspondant à l’Humanité.

Durand son service militaire en Algérie, Gibaud est l’un des rares appelés à prendre clandestinement des photos montrant les exactions de l’armée française.  Il propose ses clichés, en 1960, à l’Humanité qui refuse de les prendre. Ces documents ne sont publiés que trente-deux ans plus tard, en 1992, à l’occasion de l’exposition « La France en guerre d’Algérie » organisée par le Musée d’histoire contemporaine, à l’Hôtel des Invalides, puis en 2004 lors de l’exposition « Photographier la guerre d’Algérie », à l’Hôtel de Sully.

Revenu à la vie civile, Gibaud est élu à la commission exécutive du Syndicat des services financiers des PTT, de 1965 à 1972,

Par ailleurs, il est secrétaire de la section du PCF des CCP de 1964 à 1970 et, à ce titre, est élu au Comité fédéral au printemps 1968. Il suit en 1964, une école centrale d’un mois. Responsable des problèmes de la culture au sein du Comité fédéral, il est élu au Bureau fédéral de Paris, en 1974. Mis en disponibilité de l’administration des PTT en juin 1974, il devient secrétaire fédéral avec la responsabilité de l’ensemble du secteur «intellectuels», fonction qu’il conserve jusqu’en janvier 1979.

Gibaud est, lors de ces années 1974-1978, au cœur de l’action fédérale parisienne conduite par Henri Fiszbin, caractérisée par une ouverture tentant de prendre en compte les bouleversements sociologiques survenus dans la population parisienne. Cette démarche, perçue par la direction nationale comme une autonomisation grandissante, est à l’origine de la crise que devait connaître la fédération de Paris en 1979-1980 (voir Affaire Fiszbin).

Le 11 janvier 1979, les dirigeants de la Fédération de Paris (dont Gibaud) sont convoqués devant le Bureau politique au grand complet. La direction fédérale est l’objet d’une critique en règle de ses «déviations opportunistes» et de «son abandon du contenu de classe».

Dans les semaines qui suivirent cette réunion, plusieurs secrétaires fédéraux démissionnent. Gibaud choisit de demeurer au Comité fédéral, en plein accord avec Henri Fiszbin. Jusque là en effet, rien n’a filtré des désaccords entre le BP et la direction fédérale parisienne. A l’automne 1979, Gibaud donne sa démission et fait connaître les vraies raisons au Bureau fédéral du 23 octobre, puis au Comité fédéral du 29 octobre. Ses révélations ont pour conséquence de rendre publique la crise qui a éclaté neuf mois plus tôt et provoquent une onde de choc au sein de la fédération. Dès lors, la rupture de Gibaud avec le parti n’est qu’une question de timing. Il n’est pas officiellement exclu par le PCF, mais il ne reçoit pas sa nouvelle carte, le PCF estimant « qu’il s‘est mis lui-même hors du parti ».

Après avoir quitté sa fonction de permanent au Bureau fédéral, Gibaud retrouve du travail à la Fédération nationale des mutuelles de travailleurs (FNMT), devenue en 1986 Fédération des mutuelles de France, FMF). Il y assure la direction de la communication de la FNMT, de 1979 à 1986.

Conjointement à cette activité professionnelle, Gibaud entreprend une reconversion universitaire. Il s’inscrit en économie sociale à l’Université du Maine, au Mans, bénéficiant des facilités de sa hiérarchie pour pouvoir suivre cet enseignement. Il obtient un DESS, puis prépare une thèse d’économie sociale sur les relations entre Sécurité sociale et mutualité, soutenue en 1983 devant un jury présidé par Madeleine Rebérioux.

Il devient chargé d‘enseignement à l’Université du Maine-Le Mans (1985-1998).

Gibaud devient l’assistant parlementaire de Fiszbin quand celui-ci est élu député, apparenté PS, en 1986. Il assume cette fonction à mi-temps de février 1987 jusqu’en janvier 1988.

En mars 1988, il est recruté par René Teulade comme chargé de recherche au sein de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF). Il développe la connaissance de l’historique du mouvement mutualiste, notamment à travers la collection « Racines mutualistes » (onze titres publiés entre 1988 et 1997) et l’organisation de colloques.

Bernard Gibaud se marie à Butry-sur-Oise (Val-d’Oise) en juin 1959, avec Andrée Choutt, institutrice, issue d’une famille de militants communistes et syndicalistes. Le couple a deux enfants.

 

Sources

Bernard Gibaud – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Éric Belouet

Responsabilités au PCF

Membre du Comité et du Bureau fédéral de Paris : 1968 – 1979 (1974-1980)

Publications

Mutualité/Sécurité sociale : le rendez-vous manqué de 1945, thèse d’économie sociale, Université du Mans, 1984,

De la mutualité à la Sécurité sociale : conflits et convergences, Les Éditions ouvrières, 1986,

Aux sources de la mutualité moderne, 1789-1989, Mutualité française, 1989,

Au conflit de deux libertés : Révolution et droit d’association, Mutualité française, 1989, Concurrences, Solidarités : la protection sociale complémentaire depuis 1945, Institut régional du travail social de Haute-Normandie, 1989,

Mutualité, assurances, 1850-1914, Économica, 1998,

La Mutualité dans le siècle, 1900-2000, avec Michel Dreyfus, Mutualité française, 2000,  Fédérer autrement : histoire de la Fédération nationale de la Mutualité française, FNMF, 1902-2002, Mutualité française, 2003.