Les ex-PCF

Le plus grand parti de France

le 11 janvier 1979, les dirigeants de la Fédération de Paris sont convoqués devant le Bureau politique au grand complet. La Fédération est l’objet d’une critique en règle de ses «déviations opportunistes» et de «son abandon du contenu de classe».

Fiszbin se rebelle contre les accusations portées contre lui et les huit autres secrétaires fédéraux parisiens (Jean-Marie Argelès, Bernard Gibaud, Georges Heckli, Jean Gager, Eddy Kenig, François Hincker, Jean Massoni et Louis Régulier) se solidarisent avec lui. La discussion est sévère.

Fiszbin démissionne de son poste de premier secrétaire de la Fédération parisienne puis de la présidence du groupe communiste à la mairie de Paris.

Embarrassée par cette démission, la direction du PCF indique que l’action de Fiszbin n’a jamais été condamnée, et que seul son état de santé explique sa démission.

Son remplaçant désigné, Henri Malberg (par ailleurs son cousin germain), assure l’intérim et prend la tête d’une direction fédérale remaniée à l’issue de la Conférence du printemps 1979.

Quatre dirigeants fédéraux démissionnent, suivis, au fil de l’année 1979, par une série de départs au niveau des organismes fédéraux et des directions de section.

Niant la crise, le Bureau politique reconduit Fiszbin au Comité central à l’issue du XXIIIe Congrès de 1979, mais sans tâches ni responsabilités effectives. Lorsqu’en septembre 1979, Georges Marchais lui propose finalement de travailler au secteur « entreprise » du CC, il décline et signifie son refus de reprendre toute activité, en l’absence d’explication politique claire.

Fin octobre 1979, les divergences sont finalement portées à la connaissance du Bureau fédéral, déclenchant cette fois une crise ouverte et de nouvelles séries de démissions. Fiszbin tente une dernière fois de défendre son point de vue lors du Comité central des 7 et 8 novembre 1979. Il démissionnera du Comité central, juste après, le 15 novembre 1979.

En mars 1980, Fiszbin tente de porter le débat hors du cadre du parti, par la publication, en mars 1980, de l’ouvrage Les bouches s’ouvrent, rédigé en collaboration avec Maurice Goldring et Jean-Jacques Rosat.

Le 18 juin 1980, le Comité fédéral est saisi d'une proposition de Henri Malberg tendant à réduire les effectifs, jugés trop nombreux, du Bureau fédéral. Quatre sièges sont supprimés et Jean Gager, conseillé de Paris, André Réau et Bernard Gibaud sont démis de leur fonction. Ils protestent contre une mesure qui leur parait avoir le caractère d'une sanction politique. Finalement la proposition est votée par 60 voix, 15 voix contre et 1 abstention.

29 octobre 1980, Fiszbin, Kenig et Régulier sont démis de leur fonction au Bureau Fédéral. Il y a eu 12 voix contre, sur 86 présents.

En fin d’année 1980, Fiszbin s’oppose publiquement, avec quatre conseillers municipaux de Paris, à la désignation de Georges Marchais, comme candidat aux élections présidentielles.

Le 15 mai 1981, Fiszbin entouré d’anciens dirigeants parisiens et d’intellectuels communistes issus de France nouvelle et de la Nouvelle critique (Roger Fajnzylberg, Henri Bertholet, François Hincker, Maurice Goldring, Yvonne Quilès) lance l’hebdomadaire Rencontres communistes hebdo (RCH) édité par Rencontres communistes (Centre d’initiative pour la réflexion et la recherche et le débat). Cette publication comptera jusqu’à 3 500 abonnés

Le 29 juin 1981, Fiszbin et dix autres dirigeants critiques sont exclus du Comité fédéral pour leur appartenance à Rencontres communistes.

Le 6 juillet 1981, les exclus demandent au Comité central du P.C.F. l'annulation de l'exclusion.

En octobre 1981, dénonçant un «travail fractionnel», la direction considère que ces militants «se sont placés d’eux-mêmes en dehors du parti», et sont donc exclus.

 

Sources

PCF, crises et dissidences : De 1920 à nos jours, Michel Dreyfus,